Le nouvel album de Laurence Jalbert, Au pays de Nana Mouskouri, a été produit par son collègue Mario Pelchat.

Laurence Jalbert et ses fans, une affection mutuelle

Laurence Jalbert venait à peine de sortir de sa voiture, entre le Passion Café et le magasin Archambault de Chicoutimi, qu’une dame l’a abordée. Aussi émue qu’étonnée de voir apparaître sa chanteuse favorite, elle lui a demandé un autographe, prélude à une chaleureuse étreinte immortalisée par l’attachée de presse qui accompagnait l’artiste dans le cadre de sa tournée de promotion.

Survenu mardi avant-midi, ce bref contact donne la mesure de l’affection prodiguée à Laurence Jalbert. C’est comme ça partout où passe cette femme que les gens apprécient pour son humanité, autant que pour son talent d’interprète. Même si elle avait donné plein d’entrevues à la radio et que d’autres allaient suivre, son visage ne laissait filtrer nulle trace de lassitude.

Proche de son monde, comme en témoigne sa présence assidue sur les médias sociaux, la chanteuse a aussi des raisons de se montrer reconnaissante. En franchissant le cap de la soixantaine, elle a célébré ses 30 ans de carrière et la voici qui sort son 12e album, intitulé Au pays de Nana Mouskouri. Produit par Mario Pelchat, il a été créé dans des conditions idéales.

Croyez-le si on vous dit que Laurence Jalbert est plus grande que nature. Elle-même l’a constaté mardi, en voyant la pochette de son nouvel album déployée à l’entrée du magasin Archambault de Chicoutimi.

« Ça paraissait que Mario était derrière ce projet. Moi et mon band country, nous avons eu un mois pour travailler en studio, ce qui est rare de nos jours. Nous avons pris le temps de placer les chansons dans mon essence à moi et, comme j’étais constamment présente, j’ai été partie prenante de toutes les décisions », a révélé Laurence Jalbert au cours d’une entrevue accordée au Quotidien.

L’un de ces choix fut d’enregistrer La vague, la dernière plage figurant sur le disque. De toutes les pièces popularisées par Nana Mouskouri, c’est celle qui la touche le plus directement. « C’est une berceuse que j’ai chantée à ma fille et mon fils, ainsi que mes petits-enfants. La seule pièce que j’ai insisté pour faire auprès de Mario parce que c’est l’histoire de ma vie. On a fait une version piano-voix et dès la première prise, tout le monde a dit wow », rapporte l’interprète.

Le plus drôle est que juste avant d’apprendre que Mario Pelchat souhaitait produire un hommage à Nana Mouskouri, elle avait renoncé à créer un album. Les six spectacles que fait rouler l’artiste, simultanément, la tenaient suffisamment occupée. Ce qui a changé la donne, ce sont les souvenirs auxquels est maillée la voix de la Grecque la plus célèbre avec Melina Mercouri. Ils la ramènent en Gaspésie, auprès de sa mère qui était une fan indéfectible.

« Il y avait toujours de la musique à la maison et maman aimait beaucoup Nana. C’est pour cette raison qu’en studio, j’ai amené une photo d’elle », confie Laurence Jalbert. Quant aux accents country-folk qu’épousent les arrangements, ils coulaient de source. C’est d’ailleurs avec deux guitaristes que le spectacle découlant de cet enregistrement a été étrenné récemment, dans le cadre du Festival western de Saint-Tite. « On part à trois, une formule que j’adore parce qu’elle impose moins de contraintes », explique la chanteuse.

Déjà, plusieurs dates figurent à son agenda, mais aucune au Saguenay–Lac-Saint-Jean, du moins pour l’instant. « Je dis aux gens de contacter les diffuseurs s’ils veulent que ça bouge. C’est le même conseil que je donne à ceux qui désirent entendre mes pièces à la radio. Il faut écrire à ceux qui font les choix de programmation pour toute la province, à Montréal. Ils ne veulent plus prendre de risques », déplore Laurence Jalbert.