Parfois ricaneuse, souvent touchante, mais toujours gamine espiègle, Laurence Jalbert n’a pas déçu lors de sa prestation de vendredi à l’aréna Marcel-Claveau.

Laurence Jalbert comme une amie

L’aréna Marcel-Claveau, malgré les 600 personnes qui l’habitaient, avait des allures de cabaret tellement Laurence Jalbert a déployé une atmosphère de proximité, chaleur et confidences en prime. Le traditionnel souper spectacle de vendredi s’est déroulé dans une atmosphère quasi familiale, la chanteuse se livrant comme une convive habituée.

Celle qui n’a plus besoin de présentation n’a effectivement eu besoin que d’apparaître sur scène, entourée des guitaristes Christian Poliquin et Daniel Lacoste, pour que le public l’accueille comme il se doit. Dans une formule intimiste, aux éclairages sobres et à l’acoustique sans reproche, l’auteure-compositrice-interprète a affiché aplomb et énergie dès le départ, confiant être ravie qu’« enfin son horaire s’arrime avec celui de Saint-Ambroise ». Ricaneuse, elle s’est offert un long préambule sur l’aspect salvateur de la chanson dans nos vies, flèche bien décochée afin d’ensorceler les amateurs de musique devant elle avant d’entreprendre Ma route, chanson-titre de son dernier album.

La puissante voix de la rouquine a dès le deuxième titre dominé l’amphithéâtre ambroisien et fouillé chaque sentiment des spectateurs avec l’entraînante Qui est cet homme, dépoussiérée avec rythme dans un arrangement pour deux guitares. En sincère symbiose avec son public, comme elle avait conseillé aux participants de le faire la veille lors de son atelier de mentorat, Jalbert s’est confiée ouvertement et longuement à maintes reprises. « C’est à vous autres que j’ai toujours voulu m’adresser » a-t-elle clamé, alors que Poliquin pianotait sur son manche les premières harmonies de Encore et encore. En synchronicité aveuglante tellement on aurait cru n’en entendre qu’une seule, les guitares ont mené avec brio l’un des airs les plus connus de l’auteure-compositrice-interprète, jusqu’à un crescendo communicatif avec la foule, présente dès le refrain. Sans doute un moment fort de cette prestation de vendredi sous le signe de la simplicité, au grand plaisir des tympans.

Intarissable, la porte-parole du Festival a livré un poignant hommage à la vie avant d’entamer Au nom de la raison, qui n’a laissé personne impassible.

Contact privilégié
La diva gaspésienne se souviendra longtemps de cette soirée, à l’instar de ceux qui y étaient. Mario Vézina, président d’honneur de cette 27e édition du Festival de la chanson de Saint-Ambroise, est monté sur scène, invité à partager en duo avec la vedette Perce les nuages de Paul Daraîche. Il a profité de l’occasion pour souligner, musicalement bien entendu, l’anniversaire de Laurence Jalbert, qui se tiendra samedi. Un hymne que tous ont entonné spontanément, qui a grandement ému celle qui venait justement de remercier le festival et le village de Saint-Ambroise et avait promis de les « citer en exemple d’une communauté qui se tient ».