Bernard Duchaine, responsable de la programmation et président du conseil d’administration de l’Auberge Île du repos de Péribonka

L'Auberge Île du repos connaît une légère baisse d'achalandage

Si l’Auberge Île du repos de Péribonka a connu une saison culturelle un peu moins favorable cet été, elle est parvenue encore une fois à tirer son épingle du jeu en misant sur une programmation d’une cinquantaine d’événements bâtie de façon à proposer un équilibre entre découvertes et artistes connus.

Bernard Duchaine, responsable de la programmation culturelle de l’établissement, constate que plusieurs diffuseurs dans son entourage ont également connu une saison légèrement à la baisse en termes d’achalandage. La compétition des festivals gratuits, qui sont aujourd’hui nombreux, ainsi que des différents événements qui tentent de rejoindre les spectateurs par le biais des médias sociaux obligent les diffuseurs en salle en période estivale à revoir leurs stratégies.

« C’est une compétition qui est féroce et qui est difficile à contrer. Quand tu as un festival qui coûte 30 $ pour deux jours avec huit artistes et que tu essaies de vendre des billets en salle pour 30 $, ça prend un public convaincu », souligne M. Duchaine, en entrevue téléphonique avec Le Quotidien.

Cette nouvelle réalité, constatée il y a quelques années, n’a fait que prendre de l’ampleur depuis. L’Auberge Île du repos a ainsi dû consacrer des ressources à la promotion de ses événements culturels sur les réseaux sociaux. De 15 à 35 % des billets vendus par le diffuseur le sont aujourd’hui à la porte, le soir de l’événement.

Un investissement dans la culture

L’hébergement et la restauration offerts sur cette île de la rivière Péribonka permettent à l’auberge de demeurer rentable dans ses opérations. La rentabilité prend cependant un sens tout autre pour Bernard Duchaine, qui croit à l’importance du rôle culturel que s’est donné la petite salle de spectacles qui ouvre ses portes autant aux artistes en début de carrière qu’aux artistes ayant une longue feuille de route.

« Nous autres, on n’est pas dans le culturel pour faire des affaires. On est dans le culturel pour faire du développement de public et du développement de carrières d’artistes. On dit souvent que si on a une salle de 30 personnes, on investit dans la carrière de l’artiste. On ne fait jamais de déficit en culturel, on investit dans le futur », estime celui qui œuvre bénévolement pour l’auberge et qui est également président du conseil d’administration de l’organisation.

Certains spectateurs, gagnés à la formule découverte, assistent même à une dizaine de spectacles au courant de l’été. Les plus chanceux peuvent parfois profiter d’un « deuxième spectacle », alors que certains artistes se joignaient au feu de camp qui suit les représentations.

L’ambiance intimiste de la petite salle configurée pour recevoir 70 ou 130 spectateurs, selon les formules, est à l’image de l’île où le temps semble parfois s’arrêter.

Sara Dufour attire

La 36e saison culturelle estivale de l’auberge s’arrêtera, elle, cette fin de semaine avec un nom connu, Diane Tell. En milieu de semaine, il ne restait qu’une dizaine de billets disponibles pour le spectacle de samedi.

Vendredi, l’auberge accueille la Dolmissoise Sara Dufour. Les premiers billets se sont envolés rapidement et l’organisation a dû reconfigurer la salle, initialement prévue pour 70 personnes, afin d’augmenter sa capacité avec la seconde formule permettant d’en accueillir un peu moins du double.