L'artiste montréalaise Myriam Jacob-Allard, originaire d'Abitibi-Témiscamingue, expose à la galerie d'art Le Lobe jusqu'au 2 juin au terme de sa résidence d'un mois. Son exposition Ne pas mourir est inspirée du succès pop-country de Renée Martel Un amour qui ne veut pas mourir.

L'artiste Myriam Jacob-Allard expose au Lobe

«J'ai un amour qui ne veut pas mourir/ Et c'est ma raison d'aimer la vie/ Depuis le jour où tu m'as souri/ J'ai un amour qui ne veut pas mourir...» Qui ne connaît pas les paroles de ce succès pop-country des années 1970 de Renée Martel? L'artiste Myriam Jacob-Allard a décidé d'en faire le centre de son monde et de son art, le temps d'un mois, à l'occasion de sa résidence à la galerie d'art Le Lobe de Chicoutimi.
Le vidéoclip qui constitue le centre de l'exposition de Myriam Jacob-Allard s'inspire de celui d'<i>Un amour qui ne veut pas mourir</i>.
Le résultat de son travail y est présenté jusqu'au 2 juin. L'exposition Ne pas mourir est centrée autour d'un vidéoclip d'environ quatre minutes, accompagné de la chanson déconstruite par l'artiste en arts visuels.
Le visiteur se trouve plongé dans une ambiance feutrée, dans la pénombre de la salle d'exposition, bercé par les paroles d'Un amour qui ne veut pas mourir, chantées doucement, comme une berceuse, sur fond de guitare acoustique.
Le vidéoclip montre l'artiste de dos, vêtue d'une robe ocre semblable à celle portée par Renée Martel, dans le vidéoclip de la populaire chanson, et portant une perruque blonde, se mouvant doucement au rythme des notes. L'image laisse ensuite place à une silhouette vêtue d'une robe rouge vif, qui porte une perruque blonde, de face, sur laquelle apparaissent des lèvres qui suivent les paroles.
L'ensemble est accompagné d'une projection de huit lèvres qui chuchotent chacune un mot de «J'ai un amour qui ne veut pas mourir», entre les diffusions en boucle du vidéoclip. Des paroles sont aussi projetées sur le mur, accompagnées d'un téléviseur à écran cathodique où apparaît un ensemble de perruques blondes animées d'un mouvement, comme si elles respiraient.
Le blond omniprésent
«J'ai voulu rendre le blond omniprésent, car dans le clip de Renée Martel et dans les clips des années 1970 des chanteuses country, elles avaient toutes ce même blond immaculé, comme Dolly Parton, comme si elles étaient interchangeables et que c'était un prérequis pour chanter», expose l'artiste montréalaise, rencontrée jeudi par Le Progrès, à la veille de son vernissage, au terme de sa résidence sous la supervision de la commissaire Stéfanie Requin Tremblay. Depuis les débuts de sa carrière, elle aime exploiter la vidéo comme médium, manier les images, les sons et travailler avec les projections.
Et il faut dire que l'artiste a elle aussi, en quelque sorte, un amour qui ne veut pas mourir à l'endroit du succès de Renée Martel, qui est une traduction française de Never Ending Song of Love, du groupe américain Delaney and Bonnie. La jeune femme l'a réinterprété dans ses projets à plusieurs reprises.
«Autant il y a ce rapport intime avec l'amour, que cet amour inconditionnel, aussi intime, et collectif, qui ne meurt jamais, entre les fans du country, a-t-elle exposé. [...] C'est un titre qui a beaucoup d'ambiguïté. Il y a une volonté d'exister que j'aime exploiter.»
Une histoire de famille
Myriam Jacob-Allard a baigné dans le country dans sa jeunesse. La musique, la danse en ligne et le monde de vie de la culture country l'ont imprégnée et reviennent constamment dans sa pratique artistique. Elle a envers le country un attachement familial, émotif à ses heures, selon les souvenirs ravivés par les chansons.
C'est sa grand-mère, une vraie fan de country, qui lui a transmis cette passion. Elle passait ses soirées à écouter la radio country et a consacré plusieurs de ses étés à parcourir la province au gré des festivals qui rassemblent les amoureux de cette culture encore bien vivante au Québec.