Pascal Tremblay, directeur de la recherche et du développement chez PCP Aluminium de La Baie, Louis Fournier, de COMP-XTR de Chicoutimi, Julien Boily, artiste, Richard Hébert, député de Lac-Saint-Jean, et Sabin Tremblay, inventeur-concepteur chez PCP Aluminium, ont échangé sur les façons de favoriser la collaboration entre artistes et PME.

L’art à la rencontre des entrepreneurs

Le député fédéral de Lac-Saint-Jean, Richard Hébert, a profité d’un passage dans la région il y a quelques jours pour rencontrer des représentants de PME régionales, ainsi que l’artiste Julien Boily. La rencontre avait pour objectif de trouver des moyens de rassembler les deux univers afin de créer.

Un article du journaliste Daniel Côté publié dans les pages du Quotidien en juin dernier a suscité l’intérêt du député. On y présentait Passage, une oeuvre installée devant le gymnase de l’école Sainte-Cécile de Kénogami, qui est issue d’une collaboration entre l’artiste Julien Boily et les entreprises COMP-XTR de Chicoutimi et PCP Aluminium de La Baie.

Richard Hébert s’est intéressé à la rencontre entre l’art et le développement technologique pour la valorisation de l’expertise locale. Il a initié une rencontre avec les personnes impliquées afin d’élaborer des pistes de solution pour que le mariage entre l’art et la technologie soit chose plus courante. Il a d’abord visité les locaux de l’artiste, situés aux ateliers TouTouT, de la rue Bossé, à Chicoutimi, puis un échange entre les différents intervenants a permis de dresser un portrait de la réalité.

Julien Boily a rencontré les gens de PCP Canada lorsqu’il y a loué un espace pour travailler. «Je me suis rendu compte que le département de recherche et développement chez PCP Canada, c’est des créateurs aussi, affirme Julien Boily. J’ai vu le potentiel. J’ai vu tout de suite qu’il y avait une connexion à faire avec ces gens-là. Le point de connexion, c’est la création. J’ai toujours dit que l’art, c’est le département de recherche et développement de la société.»

Julien Boily a senti cette même connexion avec Louis Fournier de COMP-XTR, entreprise spécialisée en usinage de plaques d’aluminium. «J’ai connu Louis Fournier, qui a sa petite entreprise depuis 2014. On cherche depuis des façons de travailler ensemble», souligne-t-il.

L’artiste fait appel aux entreprises comme PCP et COMP-XTR dans le cadre de différents projets. Il est aussi à la recherche d’un moyen de travailler avec eux plus facilement. «On a une expertise hallucinante dans divers domaines. Ce qu’on cherche depuis des années, c’est comment les artistes peuvent travailler avec ces gens-là. Mais ce n’est pas si évident que ça, parce qu’au final, la question d’argent revient toujours. C’est difficile, à part quand je suis appelé à faire une oeuvre d’art public et que j’ai de l’argent à ma disposition. J’aimerais qu’on réfléchisse à comment organiser une collaboration. Il y a des résidences dans des centres d’artistes, pourquoi il n’y en aurait pas aussi dans l’industrie», avance-t-il, en guise de piste de solution.

«C’est un maillage naturel de manière et de matière, estime Sabin Tremblay, directeur de projets chez PCP Canada. Il faut apprendre de l’art. Notre identité commence par l’art. Julien est un artiste accompli. Nous, on a un côté créatif qu’on n’exploite pas, parce qu’il faut répondre aux demandes de la grande industrie. Il y a plein de choses qu’on a apprises avec les usines. On a vu aller l’artiste dans son oeuvre. Parfois, il se complique la vie. Pourquoi on ne lui donnerait pas des trucs qui permettraient d’aller encore plus loin dans sa créativité?»

Les spécialistes techniques retirent également beaucoup des collaborations. «Quand on travaille pour Julien, ça nous procure une fierté. D’habitude, les choses qu’on crée restent en usine. On intellectualise beaucoup la démarche, mais on aime créer», explique Pascal Tremblay, directeur de la recherche et du développement chez PCP Aluminium.

Richard Hébert a quitté les ateliers convaincu plus que jamais que l’art et la technologie doivent s’allier plus régulièrement. «Il faut qu’il y ait des mélanges», estime celui qui est lui-même bachelier en Animation et recherche culturelle.

«L’artistique et le technique, ça fait un tout. Ça prend des techniciens pour certaines créations. Les artistes, ce sont aussi des petites entreprises», affirme le député, qui s’est dit ému par la rencontre.