Alain Vadeboncoeur invite la population à participer à la Journée des librairies indépendantes.

L’apôtre des librairies indépendantes

Alain Vadeboncoeur n’a pas eu besoin qu’on lui serve un long argumentaire avant d’accepter la proposition du réseau Les libraires. Fils de l’auteur Pierre Vadeboncoeur, il a grandi dans une maison où les livres étaient chéris, tandis que lui-même a produit des essais, une pièce de théâtre, ainsi que des récits. C’est donc avec enthousiasme que cet homme ayant un pied dans la science, l’autre dans la littérature, est devenu l’ambassadeur de la Journée des librairies indépendantes.

« Les livres ont toujours été présents dans ma vie, et de nos jours, ils sont bien supportés par les librairies indépendantes. C’est d’ailleurs chez l’une d’elles, la librairie Alire située à Place Longueuil, que j’ai l’habitude de placer mes commandes. Son offre est variée », a confié au Progrès celui qui, lorsqu’il n’écrit pas, exerce la fonction d’urgentologue à l’Institut de cardiologie de Montréal.

La troisième édition de la Journée des librairies indépendantes a lieu aujourd’hui et mobilise 115 commerces établis au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick, dont cinq au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Il s’agit des librairies Mégaburo de Roberval, Les Bouquinistes de Chicoutimi, Harvey d’Alma, Centrale de Dolbeau-Mistassini et Marie-Laura de Jonquière. Cette dernière attend les enfants d’âge primaire entre 10 h et midi, à l’occasion d’un atelier de création animé par l’auteure Stéphanie Gervais.

L’objectif de cette journée consiste à mettre en lumière le rôle des librairies indépendantes au sein des communautés qu’elles desservent. Chacune contribue à la promotion de la littérature et du commerce de proximité, cette version humaine de l’économie de marché qui, vaillamment, résiste aux assauts des multinationales de la vente au détail.

À ce propos, Alain Vadeboncoeur place l’ensemble des librairies sous le même chapeau, y compris celles qui appartiennent à une chaîne. « Elles sont toutes fragiles », résume le médecin, qui salue le désir du réseau Les Libraires d’investir la Toile, que ce soit par le biais d’interventions sur les réseaux sociaux ou de son service de commande. Ces initiatives ont aidé les membres à augmenter leurs ventes à hauteur de 6,9 % en 2017, ce qui tranche avec les baisses enregistrées au sein des chaînes et des grandes surfaces.

En tant qu’auteur, il a pu mesurer l’importance du réseau en maintes occasions. On l’a souvent invité à échanger avec les lecteurs et à participer à des rencontres ou à des débats. Autant de manières de faire vivre le livre à une époque où la chose écrite est exposée à un vent de face. « Tout comme les éditeurs, les libraires font un travail difficile avec peu de moyens. Ce milieu a besoin de beaucoup d’appuis », énonce l’ambassadeur.

Lui qui a toujours un projet en chantier apportera une nouvelle pierre en novembre, alors que sortira un recueil de récits dont le titre provisoire est Avant tout, ne pas rire. « On est toujours dans le récit, à l’urgence. On recueille des histoires auprès des gens, ce qui constitue une source inépuisable. Le ton sera léger, cependant, ce qui en fera le contrepoint d’un ouvrage que j’ai lancé en 2014, Les auteurs ne savent pas mourir », précise Alain Vadeboncoeur.