Le groupe The Mavericks effectuera sa première apparition dans le cadre du Festival international des Rythmes du Monde, le 1er août. La présente tournée marque le 30e anniversaire de sa fondation et jamais ses membres n’ont été aussi heureux de faire de la musique ensemble, affirme le guitariste Eddie Perez.

L’anniversaire improbable des Mavericks

Chaque fois qu’il partage la scène avec ses camarades du groupe The Mavericks, le guitariste Eddie Perez a conscience de sa chance. La tournée qui s’arrêtera sur la Zone portuaire de Chicoutimi, le 1er août à 22 h, marque en effet le 30e anniversaire de cette formation. Elle est plus populaire que jamais, ce qu’a illustré sa deuxième apparition au festival de Glastonbury, il y a trois semaines. On ne se douterait pas que ses membres ont emprunté des voies séparées pendant huit ans.

Après des débuts prometteurs, en effet, le chanteur Raul Malo a pris la décision de faire carrière en solo. Il a exploré cette voie de 2003 à 2011, en invoquant son désir d’explorer différentes avenues musicales. Ce qui a aussi pesé dans la balance, ce sont les tensions générées par le côté business des opérations. Ne pas contrôler sa destinée revient à subir sa carrière, au lieu d’y voir une source de contentement.

« Depuis que nous avons recommencé à travailler ensemble, nous ne sentons pas le temps passer. Nous avons beaucoup de plaisir sur la route et nous mettons la dernière main à deux albums de chansons originales qui sortiront prochainement. Nous réalisons aussi à quel point il était improbable que nous puissions célébrer les 30 ans des Mavericks. Nous sommes chanceux parce que peu de groupes franchissent cette étape », a confié Eddie Perez au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

La formation américaine a profité de son nouveau départ pour s’affranchir des contraintes extérieures. Ses membres ont également pris la résolution de créer du matériel original, plutôt que de surfer sur leurs succès. Ils sont d’autant plus heureux que les séjours au studio n’ont jamais été aussi fructueux. C’est à cet endroit que la notion de plaisir qui imprègne leur démarche prend tout son sens.

Eddie Perez, du groupe The Mavericks.

« Nous avons trouvé le ‘‘magic spot’’ qui nous permet d’exprimer le coeur et l’âme des Mavericks dans ce contexte. Nous sommes tellement en phase, les uns avec les autres, qu’il suffit de deux ou trois prises pour compléter l’enregistrement d’une chanson. Et comme nous jouons en mode ‘‘live’’, il est facile de reproduire la pièce sur scène », explique le guitariste.

En spectacle aussi, le groupe affiche de belles dispositions. Peu importe l’endroit où il se produit, son expérience est telle qu’il arrive à sentir le public, toujours changeant d’un jour à l’autre. Et quand Raul Malo se met en tête de bousculer la « setlist », personne ne prend le mors aux dents. Ses camarades se font même une fierté de le suivre dans ses virages en épingle.

« Il peut nous plonger loin dans notre catalogue ou se lancer dans une reprise. C’est l’équivalent d’un sac de bonbons mélangés et chaque fois, nous sommes en mesure de nous ajuster. C’est le signe que nous avons tiré les leçons de nos mésaventures. Une forme de maturité s’est installée, ce qui nous a fait comprendre que la musique constituait la priorité absolue. Si ce n’est pas correct de ce côté, rien ne fonctionnera », affirme Eddie Perez.

À Chicoutimi, où le combo fera ses débuts dans le cadre du Festival international des Rythmes du Monde, il ne peut donc révéler à quoi ressemblera le programme. Ce qui ne fait pas de doute, cependant, c’est que le public percevra le plaisir ressenti par les musiciens, autant que leur goût pour le mélange des genres. Résumer leur palette de couleurs au tex-mex serait une erreur, en effet.

« Nos influences englobent également Sinatra, Elvis, Roy Orbison, le jazz, les big bands et la musique latine. Comme il y a toujours des choses là-dedans qui résonnent chez les gens, ça éveille la nostalgie », énonce le guitariste.