PHOTO DE LA PAGE POSTER: Cette photographie captée l’été dernier, à Chicoutimi, montre le groupe saguenéen Bob et les Macalous pendant le spectacle qu’il a donné dans le cadre du Festival international des Rythmes du Monde. Cet événement, jumelé à sa participation aux Grandes Veillées de La Baie, a permis au quintette formé en 2017 de se démarquer. C’est ainsi que plusieurs organisations lui ont soumis des propositions qui pourraient se concrétiser en 2020.

L’année magique de Bob et les Macalous

Même si l’année 2019 finissait demain, elle épouserait un caractère historique pour le groupe saguenéen Bob et les Macalous. En l’espace d’un mois, il a donné un spectacle au centre-ville de Chicoutimi, à l’invitation du Festival international des Rythmes du Monde (FIRM), en plus d’ouvrir pour les Grandes Veillées de La Baie. Chaque fois, le public a bien réagi à ses versions énergiques des classiques bluegrass, folk et country. Et discrètement, d’autres organisations ont pris des notes.

«De plus en plus, on sent qu’il y a de quoi qui se passe, des opportunités qui vont se développer en 2020. Ça a fait des petits», constate l’un des cinq membres de la formation, Alain Tremblay. Batteur, harmoniciste et virtuose de la planche à laver, il laisse entrevoir que des festivals majeurs inséreront le quintette dans leur programmation, dans la région et aussi à l’extérieur. Les noms dansent dans sa tête, mais pas question de vendre la mèche prématurément.

Le premier jalon fut l’apparition au FIRM. Elle est survenue deux ans après la création du groupe, autour du chanteur Bob Mazerolle. Partageant les mêmes goûts musicaux, lui et Alain Tremblay, son beau-frère, avaient pris l’habitude de jouer ensemble pendant les Fêtes. L’idée de formaliser ces élans spontanés s’est concrétisée avec l’addition de Thomas Laprise (banjo) et Marc-André Gagné (contrebasse), puis de Jean-Victor Fournel (mandoline, violon).

«Nous sommes quatre gars de bateaux avec notre capitaine, décrit le Baieriverain en affichant un large sourire. Bob vient du Nouveau-Brunswick et il a toujours baigné dans le bluegrass et le country. On a ajouté une touche folk et dès notre première sortie, à l’Auberge des Battures, on a fait salle comble et le spectacle a levé. C’était pour un souper de la Saint-Patrick et le monde s’est mis à danser. À la fin de la soirée, on s’est dit: «Ayoye! Maintenant, on fait quoi?»

Les gars ont peaufiné leur art à force de répéter dans un local de Laterrière, tout en effectuant quelques sorties. Puis est arrivé le premier jalon, la participation au FIRM. Ça s’est passé au milieu de la Racine, par une belle journée d’été. Peu de gens savaient qui étaient ces gens. C’est comme s’ils étaient venus d’un autre continent. Dès les premières interprétations, cependant, des pièces comme Mountain Dew et Will The Circle Be Unbroken, éternellement associée à la famille Carter, la foule s’est densifiée.

«C’était notre premier spectacle sur une grande scène et nous avons été sur la coche. Même si nous n’avions pas de démo, le comité organisateur nous a fait confiance et nous avons eu du plaisir. Le public était joyeux et nous-mêmes, nous étions heureux dans notre imperfection. Nous avons partagé ce que nous aimions», raconte Alain Tremblay.

À la fin d’août, c’est sous un ciel chargé de nuages que Bob et les Macalous a donné le coup d’envoi aux Grandes Veillées. Malgré les conditions pas idéales, ce qui a nui à l’achalandage, la magie a opéré. Plus le spectacle progressait, plus la foule était animée. Le groupe a confirmé la bonne impression produite à Chicoutimi et réalisé qu’il pouvait passer à l’étape suivante: sortir des limites de la région.

Tout laisse croire que ce sera chose faite en 2020 et sans perdre de vue que la musique n’assurera pas leur subsistance, les Saguenéens sont conscients de leur bonne fortune. «Nous ne sommes pas là pour montrer qui nous sommes, mais pour redonner ce que la vie nous a apporté, énonce Alain Tremblay. Nous avons l’humilité de reconnaître que nous ne vivrons pas de la musique. Nous savons, par contre, qu’elle nous nourrit intérieurement.»

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UN PREMIER ENREGISTREMENT COMPLÉTÉ

Dans la foulée des spectacles présentés l’été dernier, la formation Bob et les Macalous a pris le chemin du Studio Danger, situé à La Baie. Après deux ans d’existence, elle a ressenti le besoin de produire ses premiers enregistrements, sous la conduite du réalisateur Rémi Verreault. Cinq pièces ont été mises en boîte, lesquelles figurent sur un EP représentatif de ce que peut accomplir le quintette.

Des titres comme Blackberry Blossom, Cripple Creek et Mountain Dew tracent une trame aux accents country et bluegrass qu’apprécient ceux qui suivent son parcours depuis deux ans. Le groupe a misé sur des reprises, dont plusieurs pièces au caractère festif, un choix qui n’est pas innocent, puisque l’album n’est pas destiné uniquement aux fans.

«Nous n’avions rien à montrer aux promoteurs susceptibles de nous embaucher, ni CD ni captation «live». Désormais, nous disposerons de cet enregistrement, ainsi que des images captées lors de notre passage aux Grandes Veillées de La Baie. Elles ont été tournées par l’équipe de TVDL, en haute définition. On peut visionner ce document sur YouTube», précise l’un des musiciens, Alain Tremblay.

Le EP a été réalisé suivant la formule du «live en studio». Bob et les Macalous a recréé les conditions qui prévalent en spectacle, ce qui ne signifie pas que ce chemin était le plus simple. «C’est beaucoup de discipline et de persévérance. On y a mis du temps et c’est pour cette raison que ça sonne bien», rapporte celui qui joue de la planche à laver, de l’harmonica et de la batterie au sein du groupe.

Des copies physiques de l’enregistrement seront mises en vente pendant les spectacles. Il faudra toutefois patienter pour s’en procurer, puisque la prochaine sortie est prévue pour le 14 mars, au pub Le Laser de Saint-Honoré. Six jours plus tard, le quintette retrouvera un lieu familier, l’Auberge des Battures de La Baie. Il se produira dans le contexte de la Saint-Patrick, là où tout a commencé en 2017.

«Nous avons l’habitude de faire des reels à cette occasion et justement, ceux-ci sont à la source du bluegrass. La soirée commence par un souper et finit avec notre spectacle, mais ceux qui veulent assister à cet événement doivent se hâter. Il y a 200 places et déjà, plusieurs sont réservées», fait observer Alain Tremblay.