Alexandre Rufin, Gaetan Reine, Chantale Boulianne et Claudia Chabot présenteront tous un court métrage dans le cadre du programme 100 % Saguenay de la 22e édition de REGARD. Leurs films seront projetés mercredi soir à compter de 19 h au Théâtre Banque Nationale, ainsi que vendredi à 14 h 30 au cinéma Apéro de Jonquière.

Lancement 100% Saguenay à REGARD

REGARD prend son envol avec une soirée 100 % Saguenay, mercredi. Neuf courts métrages seront présentés sur grand écran au Théâtre Banque Nationale. Une occasion en or pour les créateurs d’ici de faire voir leur travail et pour le public de découvrir toute la richesse de l’univers cinématographique régional.

Chantale Boulianne 

Cette année, Chantale Boulianne passe de spectatrice à réalisatrice dans le cadre de REGARD. Celle qui est chargée de cours au baccalauréat interdisciplinaire en arts de l’UQAC depuis des années présente son premier court métrage d’animation dans le cadre de la soirée 100 % régionale. 

C’est en supervisant le travail de fin de bac d’une étudiante qui avait choisi l’animation que Chantale Boulianne a eu envie de se lancer dans la réalisation. Celle qui a une pratique en art visuel, en dessin, en scénographie et en design depuis 20 ans a décidé de plonger. 

« C’est une belle manière de donner du mouvement au dessin », estime-t-elle. 

Quelque 3500 dessins ont été nécessaires à la création d’un court métrage de 3 minutes 15 intitulé Sur la ligne de crête. 

« Ce sont des dessins très épurés. C’est le travail de la ligne. »

L’artiste s’est attardée au mouvement de la marche. « C’est agréable de réfléchir à la décomposition du mouvement. L’animation est excellente pour décomposer l’image puisque j’utilise 15 images par seconde. »

Son court métrage traite d’errance, de déambulation. La cinéaste s’est mise à la table à dessin et s’est laissée porter, comme le fait un marcheur qui laisse aller ses pensées. 

Malgré l’ampleur de la tâche, l’artiste a eu la piqûre pour l’animation. Et sa sélection pour REGARD a eu l’effet d’une belle tape dans le dos. 

« Je suis vraiment heureuse de ça. Quand on se lance, on ne sait pas à quoi s’attendre », confirme celle qui a déjà un nouveau synopsis en tête.

Sur la ligne de crête, de Chantale Boulianne

Claudia Chabot 

Après des années à présenter des films à REGARD à titre de productrice, Claudia Chabot portera à nouveau le chapeau de réalisatrice dans le cadre de la 22e édition du festival. Saucha, un court film expérimental de cinq minutes qui met en scène une danseuse, sera projeté mercredi soir dans le cadre de la soirée 100 % Saguenay, puis vendredi après-midi au cinéma Apéro. 

Claudia Chabot a été invitée à créer afin de souligner le 15e anniversaire de 3REG dont elle est l’un des membres fondateurs. Un défi qu’elle a relevé malgré le manque de temps. 

« C’est assez narratif, c’est une fiction expérimentale pleine de contrastes. C’est un film sur le corps, sur la féminité. C’est un sujet très social », décrit la cinéaste. 

Le film est le fruit d’une collaboration. Claudia Chabot a été jumelée à deux personnes de 3REG, Naomie Saint-Pierre, assistante-réalisatrice, et François-Pierre Legendre, à la musique. Le groupe Stellaire a aussi collaboré à la musique tandis que la narration a été confiée à Sara Létourneau. 

Saucha, de Claudia Chabot

Gaétan Reine 

L’an dernier, Gaétan Reine a touché le public de REGARD avec son court métrage Hilarion, un documentaire qui traite de sa rencontre avec son propre père après 20 années de séparation. Cette fois, celui qui est installé à Saguenay depuis quatre ans s’est lancé le défi d’en faire tout autant avec Quand le silence est d’amour, une fiction inspirée de sa relation avec son frère. 

« Avec Hilarion, j’ai été agréablement surpris de l’universalité du sujet qui était pourtant très intime. Traiter de quelque chose de personnel ajoute une contrainte en terme d’atteinte d’un large public, mais ça m’apporte aussi une satisfaction », explique-t-il. 

Les liens familiaux sont donc au centre de cette fiction de 11 minutes qu’il présentera dans le cadre de la soirée 100 % Saguenay. 

« Je raconte une autre réalité qui reste très proche de moi. J’attache une importance à l’humain et aux relations fraternelles. Je veux faire vivre quelque chose aux spectateurs. »

Le cinéaste espère toucher le public pour susciter l’ouverture. 

« Mon film met en scène un Haïtien qui vit à Gatineau et son frère installé en France. Tous les autres personnages sont du Saguenay. Ça me permet d’adresser un message d’amour, mais aussi de créer une fenêtre vers l’autre. Je propose quelque chose qui a l’identité visuelle du Québec, mais qui met en avant une diversité peu représentée », affirme-t-il. 

Quand le silence est d’amour, de Gaétan Reine

Alexandre Rufin 

Alexandre Rufin présente un court métrage dans le cadre de REGARD pour une cinquième année consécutive. Cette fois, il propose Des hommes à la mer, un court film, hybride entre fiction et documentaire, inspiré d’un naufrage tragique qui a coûté la vie à plusieurs marins des Îles-de-la-Madeleine dans les années 2000.

« Je rêve depuis longtemps d’aller aux Îles-de-la-Madeleine. J’y suis allé à l’automne et je suis tombé sur un marin qui a perdu son fils lors de l’accident en mer », raconte-t-il. 

En traitant des marins, Alexandre Rufin a aussi voulu rendre hommage à son grand-père, un Breton qui était près de la mer. Il s’attarde aussi à la relation père-fils. « C’est aussi la passation du savoir-faire, la vie sur les Îles et l’idée de résistance. La passion des marins pêcheurs me fait aussi penser aux artistes qui sont lâchés dans l’océan. »

Une fois les images tournées et le montage réalisé, il a confié son œuvre à Laurance Ouellet-Tremblay qui, assure-t-il, a su insuffler une poésie au film de 6 minutes 40. Richard Desgagné assure la narration. La musique a été confiée à Pascal Beaulieu et la colorisation à Alexandre Mullen. « Il a traité les images comme des tableaux. »

Des hommes à la mer, d’Alexandre Rufin