Sally Folk était de passage au journal, mercredi, afin de présenter l'album 3e acte. La chanteuse a aussi confirmé qu'elle donnerait des spectacles dans la région, d'ici à la fin de l'année.

L'amour moderne, à la manière de Sally Folk

Sally Folk le souligne elle-même, son thème de prédilection tient aux rapports entre hommes et femmes. Or, contrairement à ce que son look et ses arrangements pourraient laisser croire, ils ne sont pas vus sous un angle rétro. Les textes écrits par la jeune femme reflètent des préoccupations aussi actuelles que les agences de rencontres ou les maternités compliquées.
C'est devenu ma marque de commerce que d'analyser les relations hommes-femmes sous différents angles, de la guerre de pouvoir qu'ils se livrent jusqu'au sexe. Ça me fait réfléchir, ce genre de choses, et derrière mon côté affirmatif se cache une grande vulnérabilité », a énoncé l'artiste mercredi, lors d'une entrevue réalisée au journal.
Parfois, ses chansons sont nourries par une expérience personnelle, ce qui est le cas de la pièce De l'amour à l'écran. Les agences de rencontres ne lui sont pas étrangères, en effet, et le souvenir qu'elle en garde est plutôt équivoque. « Moi aussi, j'ai cherché l'âme soeur de cette manière et ce fut un désastre, une succession de déceptions », résume Sally Folk.
En revanche, ce n'est pas elle, la femme derrière J'aurai ton enfant quand même. Oui, l'artiste est devenue mère il y a quelques mois, mais ce n'est pas son partenaire qui s'est fait balancer le titre au visage. Cette expérience a été vécue par l'un de ses amis, ce qui est devenu le point de départ d'une composition dont certains n'ont guère apprécié le ton.
« Il y a eu des réactions. On m'a reproché de traiter les hommes comme des accessoires, alors que moi, je les aime tellement que je les ai placés au coeur de mon spectacle. Je ne prône surtout pas l'individualisme », répond Sally Folk. Toujours sur le thème de la maternité, La cigogne livre le point de vue des femmes qui tombent enceintes sans être en mesure d'identifier clairement le géniteur. Modern Love, comme dirait feu David Bowie.
Candide, l'artiste raconte que sa première intention était d'écrire en anglais. Son gérant lui ayant conseillé d'opter pour le français, la jeune femme a obtempéré et ne le regrette nullement. C'est ainsi qu'elle a créé trois albums qui lui ont permis de développer des liens de plus en plus étroits avec le public. Désormais, peu importe la ville où elle apparaît, les gens reconnaissent bon nombre de ses chansons.
Ce fut le cas le 23 mars, à Sherbrooke, lors du lancement de sa tournée. Hormis une poignée de reprises, les trois disques en français, de même que son unique opus en anglais, ont été explorés devant une foule enthousiaste. « J'en ai profité pour donner des explications à propos des textes, parler du contexte dans lequel ils ont été écrits. Ça fait rire les gens », constate Sally Folk, qui ajoute que sa prochaine incursion dans la région aura lieu d'ici à la fin de l'année.
Comment Sally Folk est devenue Sally Folk
Avant de devenir chanteuse, Sally Folk a étudié le cinéma à l'université. C'était une passion et même si la patience que requiert ce mode d'expression, surtout de la part des réalisateurs, l'a amenée à emprunter une voie différente, la jeune femme demeure attachée à ses premières amours. La différence est que celles-ci se manifestent de manière plus diffuse.
Lorsqu'on lui parle de son nouvel album, par exemple, elle répond que sa conception reflète son goût pour le septième art. « Des thèmes se développent et je compare à de petits scénarios les textes inspirés par ma vie et celle des gens qui m'entourent. Quant à la musique, c'est comme une bande sonore », rapporte l'auteure de Bouquet de roses.
Même son look décidément rétro découle de sa fréquentation des cinémas. Ainsi, sa coiffure est calquée sur celle d'Uma Thurman dans Pulp Fiction, l'un de ses longs métrages favoris. Il faut y voir un hommage à Quentin Tarantino, son réalisateur chouchou, sur un pied d'égalité avec Tim Burton. « Ils sont extraordinaires », s'émerveille la chanteuse.
Quant à son nom, il trouve sa source dans l'une de ses premières compositions, Sally And Me. « Elle parle de la schizophrénie, du dédoublement de la personnalité. Ce sont des choses qui me préoccupent depuis plusieurs années, puisque des membres de ma famille doivent composer avec la maladie mentale », fait remarquer Sally Folk.