Hélène Pedneault

L'âme de la bibliothèque Hélène-Pedneault

CHRONIQUE / À un moment où les citoyens prennent un numéro pour exprimer leurs doléances au conseil municipal de Saguenay, il vaut la peine de le féliciter à la suite de sa décision touchant la bibliothèque municipale de Jonquière. Donner le nom d’Hélène Pedneault à ce bâtiment reflète l’importance de cette écrivaine disparue en 2008, à l’âge de 52 ans. Enracinée dans la terre jonquiéroise, elle a rayonné partout au Québec et même au-delà, grâce à ses écrits polémiques, ses pièces de théâtre, sa biographie de Clémence Desrochers et son militantisme qui, à titre posthume, lui a valu le titre de Patriote de l’année conféré par la Société Saint-Jean-Baptiste.

Elle n’était pas du genre à arrondir les angles, tout en menant ses combats de la manière la plus intègre qui soit. C’était aussi une personne attachante, ce qu’illustre le mouvement citoyen qui a plaidé en faveur de sa nomination. Il regroupe plusieurs camarades de la première heure, dont l’homme de théâtre Denis Leclerc. Actifs depuis 2014, ils ont obtenu une bonne écoute de la part du conseiller municipal Jonathan Tremblay. Celui-ci a plaidé leur cause auprès de l’administration de l’ancien maire Jean Tremblay, sans toutefois obtenir son accord. Il aura fallu un changement de régime, ainsi que l’adoption d’une politique de nomination, pour qu’Hélène Pedneault sorte du purgatoire.

Ce qui est bien, c’est que les règles du jeu sont maintenant claires. Seules sont éligibles les personnes décédées depuis au moins un an, et leur nom devra être associé à un lieu possédant un lien avec ce qu’elles ont accompli. On ne donnera pas le nom d’Hélène Pedneault à un centre sportif ni celui de Pierre Pilote à une salle de spectacles. De plus, la porte est ouverte à ceux qui auraient des suggestions à formuler au conseil municipal. « Nous étudierons les demandes », a ainsi mentionné la mairesse de Saguenay, Josée Néron.

Pour revenir à la bibliothèque municipale de Jonquière, il reste à voir comment on perpétuera la mémoire d’Hélène Pedneault à l’intérieur de ses murs. Jonathan Tremblay a promis que les usagers seraient informés adéquatement à son sujet. On ne se contentera pas de placer des lettres sur la façade et c’est tant mieux. Plus on saura qui elle était, plus ce bâtiment aura une âme.