L’humoriste a offert un spectacle à guichets fermés vendredi soir au Théâtre Banque Nationale

L’air bête et sans répit

À première vue, François Bellefeuille a l’air du type qui n’éprouve aucun plaisir à raconter les petites choses de la vie. Mais sur scène, c’est une autre histoire. L’humoriste en a fait voir de toutes les couleurs aux nombreux spectateurs rassemblés au Théâtre Banque Nationale, vendredi soir, dans le cadre d’une première de deux représentations de son nouveau spectacle à Chicoutimi.

Le plus fort au monde est le titre du deuxième spectacle solo de François Bellefeuille, qui vient tout juste d’être présenté en première médiatique. Ceux qui craignaient que ça manque de tonus en raison d’un potentiel manque de rodage ont vite été rassurés. Devant un TBN rempli à pleine capacité, le barbu aux cheveux semblables à de la laine d’acier a livré une performance impeccable, sans entracte, comme il nous a habitués lors de son premier spectacle.

« J’ai engraissé », a lancé François Bellefeuille lors de son entrée sur scène, après avoir été acclamé par le public. Il était accompagné de son air bête habituel. Un air bête qui détonne dangereusement avec son humour hilarant et tordu.

Pendant la soirée, il n’a pas laissé le temps à personne de reprendre son souffle, tirant à gauche et à droite sur les différents sujets qui façonnent notre quotidien.

François Bellefeuille a notamment parlé de sa récente sortie à une soirée vins et fromages. À n’en pas douter, il a surtout aimé le vin. « Les fromages puaient tellement que tu as l’impression de te saouler dans une chambre de hockey », a-t-il observé, sans broncher, comme ce fut le cas tout au long de la soirée d’ailleurs.

Il a malgré tout assuré être d’excellente humeur, lui qui vient d’avoir deux enfants en l’espace d’un an et demi.

« Je suis de bonne humeur, mais je ne dors plus donc je suis fragile », a nuancé François Bellefeuille, avouant plus tard être un peu tracassé par le fait que sa conjointe posait beaucoup (trop) de questions.

« Je vis dans un quiz », a fait remarquer l’humoriste.

L’auditoire a même eu la chance de poursuivre sa réflexion sur le compostage, quelques jours après la deuxième consultation publique menée par Saguenay sur les matières organiques. La maison des Bellefeuille en est maintenant une sans déchet, ce qui ne fait pas nécessairement l’affaire du principal intéressé.

Les spectateurs, très réceptifs à l’humour de leur favori, ont ri sans cesse. Peu de blagues ont été mal accueillies, voire aucune. François Bellefeuille ne prend pas le temps de boire, de lâcher un petit rire pour reprendre son souffle ou encore de décrocher. Il est appliqué sur la tâche à accomplir. Une tâche qu’il a très bien réalisée en ce premier vendredi du mois de mars.

Les moments forts sont survenus lorsque François Bellefeuille a présenté des photos de sa jeunesse sur un écran, permettant à la foule d’apprécier, entre autres, la progression de sa pilosité faciale au fil des ans. Son art de décortiquer les plus subtils détails de chaque photographie est désopilant. Il a d’ailleurs assuré que chaque image était authentique, parfois à son grand désarroi.