L’artiste et étudiante à la Maîtrise en arts numériques Véronique Ménard présente son projet de fin d’études, [DES]Équilibres, à l’Espace Virtuel du centre Bang du Cégep de Chicoutimi.

L’accident de parcours de Véronique Ménard

Bien qu’elle s’inspire librement d’événements accidentels pour définir son art, le hasard n’y est pour rien si l’exposition de fin de maîtrise de Véronique Ménard arrive à surprendre à ce point les visiteurs du centre Bang, qui présente les créations de la finissante en arts numériques jusqu’au 21 décembre.

L’Espace Virtuel de la galerie, située au Cégep de Chicoutimi, accueille deux artistes à l’occasion de la rentrée automnale, et ce sont sans doute les pièces de Ménard qui piquent le plus la curiosité, ne serait-ce que par l’interaction que suscitent ses oeuvres avec le public.

Dès qu’on franchit le pas de l’entrée, un robot réagissant aux mouvements des visiteurs donne le ton au reste de l’exposition [DES]Équilibres. Une anecdote survenue pendant le vernissage le 13 septembre montre jusqu’à quel point «l’accident» fait partie intégrante de la vision de l’artiste.

«Pendant le vernissage, le robot a perdu une roue. On a toujours le réflexe de corriger le bogue de se dire “Il faut que je le répare’’. Sauf qu’un phénomène s’est créé. Un attroupement de gens se sont approchés de mon robot et ils étaient vraiment fascinés par ça. Des gens essayaient même de le réparer. Comme je travaille l’équilibre précaire des objets, je me suis dit: “Le déséquilibre est vraiment là’’», explique Véronique Ménard. Elle s’est ensuite assurée que son robot, construit de bois, de pièces métalliques et d’acrylique, et qu’elle nomme Coïncidences, puisse être imparfait à l’avenir.

L’oeuvre Le Tuteur de Véronique Ménard porte à réflexion sur la fragilité du mouvement et dénote ce besoin d’accomplir un maximum de tâches en un minimum de temps.

«J’ai décidé d’accentuer ça, de faire en sorte que le robot puisse perdre une roue en cours d’expérience et d’ajouter une poignée pour que les gens puissent le réparer eux-mêmes. C’est un accident heureux. Des fois, les imperfections, il faut les étudier aussi», confie l’artiste.

DEUX AUTRES OEUVRES

Deux autres modules créés par Véronique Ménard occupent la salle 1 de l’Espace Virtuel du centre Bang. Le Tuteur, sorte de carrousel en forme d’arbre dont le mouvement peut être actionné via une manivelle par les visiteurs, porte à réflexion sur le fragile mouvement des choses.

Une étonnante cabane (Harmonie), qui reproduit, grâce à des bruits physiques, la sensation de vivre un orage à l’abri d’un toit métallique, complète le projet de Véronique Ménard.

«Mon objectif est de créer des objets, qui, par leur mouvement, évoquent le vivant. C’est vraiment par le mouvement que les gens peuvent attribuer un sens à ces objets-là. Moi je m’inspire d’un vécu personnel – de moi en tant qu’être vivant – que j’essaie de transposer dans ces objets-là», assure l’étudiante de 40 ans.

«Au niveau de la conception des oeuvres, elle est vraiment dans une ingénierie, une manière de réfléchir l’oeuvre qui sort de l’ordinaire», ajoute de son côté la coordonnatrice et responsable des communications du centre Bang, Anick Martel.

L’Espace Virtuel du centre Bang est accessible gratuitement, et le travail de Véronique Ménard peut être admiré jusqu’au 21 décembre.