Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
­Michel Fedak et les personnages qu’il prend plaisir à sculpter.
­Michel Fedak et les personnages qu’il prend plaisir à sculpter.

La vie quotidienne dans l’œil de Michel Fedak

Ariane Gobeil
Ariane Gobeil
Le Quotidien
Article réservé aux abonnés
Les créations du sculpteur Michel Fedak, originaire d’Arvida, sont à l’honneur dans l’exposition L’observateur du quotidien, présentée du 3 avril au 12 septembre 2021 à La Pulperie de Chicoutimi. Cette rétrospective retrace le parcours de l’artiste à travers une sélection de ses œuvres.

L’observateur du quotidien, l’exposition vedette de l’été à La Pulperie de Chicoutimi, guide les visiteurs dans l’univers de Michel Fedak, dont les sculptures sont inspirées de la vie quotidienne. On découvre dans cette rétrospective des compositions qui révèlent la vision du monde franche et spontanée d’un artiste qui aime les choses simples.

Celui qui sculpte depuis maintenant 42 ans s’inscrit dans le courant de l’art populaire et transpose des scènes de la vie de tous les jours dans des compositions authentiques et harmonieuses. Il aime créer en toute liberté, sans se soucier des règles de l’art académique.

« L’art populaire, c’est le médium qui donne le plus de liberté. Il n’y a pas de règles. Pour les personnages, tu n’es pas obligé de respecter la réalité. C’est un art naïf qui fait sourire le monde. »

L’exposition L’observateur du quotidien est présentée à La Pulperie de Chicoutimi. ­

Ses inspirations sont diverses et des idées lui viennent à tout moment. Un personnage peut apparaître à son esprit en regardant par exemple deux belles teintes de vert ou des formes qui lui parlent. Grand observateur, Michel Fedak raconte comment il aimait s’asseoir sur un banc devant l’église du quartier Saint-Roch, à Québec, pour observer les passants. « J’aime être dans les foules et observer les gens. Je trouvais que c’était du “vrai monde”. »

Au lieu de vendre toutes ses créations, le sculpteur a décidé à un certain moment de réaliser deux ou trois exemplaires d’une même œuvre et d’en garder une pour lui. Au fil des années, il en a ainsi conservé 176 chez lui et 98 d’entre elles sont présentées dans cette exposition.

« Un des buts de mes œuvres, c’est de mettre une touche de bonheur et de joie dans les foyers. La chose dont je suis le plus fier, c’est d’être encore là plus que jamais après 42 ans. Je ne pense pas vivre assez vieux pour épuiser mes idées. »

Oscar le bulldog fait partie des créations que Michel Fedak aime particulièrement. ­

Les créations de Michel Fedak sont empreintes de ses souvenirs et on retrouve d’ailleurs une petite hache confectionnée par son grand-père, ce « patenteux » avec qui il a passé beaucoup de temps dans son atelier lorsqu’il était enfant, à créer toutes sortes d’objets. « Mon grand-père me disait “Si ça n’existe pas, on le fabrique ! ” » Certaines sculptures sont aussi inspirées d’animaux aperçus dans le bois lors de sorties de chasse avec son père.

Le sculpteur s’est dit heureux du déploiement de cette exposition dans sa région natale et souligne la générosité et le respect de l’équipe qui l’a mise en place. Il mentionne que son avis a été pris en compte à chaque étape de la production de cette rétrospective.

La Pulperie a également créé un catalogue pour l’exposition de Michel Fedak, dans lequel on retrouve le parcours de l’artiste, les moments marquants de sa carrière ainsi que l’ensemble de ses œuvres. Les photographies ont été réalisées par Paul Cimon et la préface a été écrite par Jean-François Blanchette, chercheur associé au Musée canadien de l’histoire et ami de l’artiste. En 2008, Michel Fedak avait pris part à l’exposition collective Du coq à l’âme – L’art populaire au Québec au Musée canadien de l’histoire de Gatineau, à la suite de l’invitation de M. Blanchette. Le catalogue sera disponible au coût de 40 $ à la boutique de La Pulperie.

Les créations Les trois chanteuses (2011) et Les trois ados (2013). ­

+

L'ART DE LA SIMPLICITÉ

L’aventure artistique de Michel Fedak a commencé en 1979, lorsqu’il a réalisé sa première sculpture à l’âge de 24 ans et vendu ses premières pièces chez une antiquaire de la région de Québec.

Employé pour la ville de Saguenay après des études en génie civil au Cégep de Chicoutimi et père de famille, il a partagé son horaire, pendant plusieurs années, entre la sculpture et le travail. En 2006, il a pris la décision de se consacrer entièrement à son art.

Le sculpteur ne suit pas les règles de l’art académique et n’utilise pas de ciseaux à sculpter. Sa technique lui permet pourtant de créer des œuvres dont les contours sont précis et les courbes régulières. Il dégrossit d’abord la planche de bois avec une scie à ruban, utilise ensuite une râpe et taille le bois avec un simple couteau à lame sécable.

Le créateur indique que ses compositions rappellent les valeurs d’autrefois comme la politesse, la galanterie, les bonnes manières ou la tendresse. C’est le cas de l’œuvre Les amoureux timides, réalisée, en 2008, qui représente deux jeunes gens assis sur un banc qui se courtisent timidement. « Les gens se retrouvent beaucoup là-dedans », mentionne Michel Fedak. Cette création se trouve d’ailleurs sur la pochette d’un album produit en 2009 par le collectif d’artistes français Zang Zang Paradigme.

L’artiste ne compte pas les heures qu’il consacre pour réaliser ses sculptures de bois. Il travaille en grande partie avec du pin blanc, mais utilise parfois l’érable pour réaliser certaines parties, comme une patte d’oiseau ou une jambe. Dans la sculpture La petite patineuse, les lames de patins sont en aluminium. Michel Fedak crée chaque année entre 15 et 25 sculptures, en fonction de leur taille et des exigences techniques de chacune.

« J’en commence entre huit et douze. Au début de ma journée, je les regarde et celle qui me parle le plus, j’y vais. Je prends plaisir à le faire. » Il sculpte par passion et affirme que « la meilleure paye, c’est de recevoir les messages par courriel des gens et de voir qu’ils sont prêts à acheter quelque chose qui sort de ma tête et que je concrétise ».

Les couleurs qu’il applique pour donner un aspect lustré et éclatant à ses personnages sont constituées des restants de peinture que lui donnent ses amis et qu’il mélange dans des pots Mason. « J’utilise de la peinture à mur, je récupère les fonds de peinture de mes amis, c’est mon côté écologique ! », dit-il avec le sourire.

Michel Fedak souhaite profiter pleinement de cette rétrospective présentée à La Pulperie de Chicoutimi et promet à ceux qui le lui demandent de visiter avec eux l’exposition.

« Ma tête est ici en ce moment, je veux profiter du succès de l’exposition ! C’est une accumulation d’énergie et de positivisme qui te donne un élan pour la suite. »

­