Mathieu Arsenault a écrit le livre La vie littéraire, et c’est aussi lui qui l’interprète dans le cadre de sa version théâtrale, laquelle sera livrée le 21 septembre à 20h, au Côté-Cour de Jonquière.

La vie littéraire à Jonquière: «Un coup de poing»

Mathieu Arsenault complète le cycle de La vie littéraire, le spectacle tiré de son livre paru en 2014. La seule représentation à l’affiche cette saison est prévue pour vendredi à 20h, dans le cadre de la programmation du diffuseur La Rubrique. À titre exceptionnel, elle se déroulera au Côté-Cour de Jonquière, un lieu que connaît bien l’auteur qui, dans le contexte de cette production, assume aussi le rôle de comédien.

«J’ai déjà participé à une Nuitte de la poésie à cet endroit, il y a quelques années. C’est une salle parfaite pour ce spectacle dont la forme s’apparente à celle d’un numéro de stand-up. Je suis seul avec un micro et un éclairage tout ce qu’il y a de plus simple. Je fais un monologue qui dure une cinquantaine de minutes, suivi d’un échange avec le public», a-t-il raconté à l’occasion d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

Lui qui n’avait jamais fait de théâtre a dû porter son texte à la suite d’un compromis conclu avec le metteur en scène Christian Lapointe. Celui-ci voulait qu’un homme incarne le propos du livre, même si les protagonistes étaient des femmes. L’auteur n’était pas d’accord, mais en prenant lui-même la pièce sur ses épaules, ça offrait une perspective différente.

«J’ai participé à un “workshop” accéléré afin de me préparer. On m’a donné des trucs pour poser ma voix, pour bien utiliser le micro. J’ai ensuite donné des représentations à Montréal et Québec, puis en tournée depuis deux ans. J’ai trouvé ça merveilleux de jouer de cette manière. L’adaptation a été réalisée par Christian et le tiers du texte a été conservé», précise Mathieu Arsenault.

Un questionnement sur la culture
Ce dont il est question dans La vie littéraire, c’est précisément ce que mentionne le titre. Il s’agit d’un questionnement sur la culture telle qu’on la vit aujourd’hui, ces livres qui laissent une impression fugitive et finissent au pilon, les librairies dont le taux de survie se compare à celui des bélugas, les médias sociaux et le temps qu’ils bouffent avec une voracité sans fin, souvent au détriment d’activités plus conséquentes.

«Je décris des morceaux de ma vingtaine, ce qu’il y a dans la tête d’une étudiante en littérature à une époque où celle-ci intéresse un petit nombre de personnes. J’avais commencé en créant des bouts de phrases au féminin, spontanément. Je l’ai fait pendant quatre ans, jusqu’au moment où j’ai condensé le propos et publié le livre. C’est l’histoire d’une femme qui, à travers son rapport à l’écriture et à la littérature, se demande qui elle est», énonce Mathieu Arsenault.

Le fait de livrer un texte de son cru produit un curieux effet sur le comédien. D’un côté, il a le sentiment que cette œuvre a été écrite par quelqu’un d’autre. En revanche, le texte est si familier que sur scène, il lui arrive de modifier de petites choses, souvent pour ajouter un peu de clarté. Quant au public, il absorbe ce torrent d’idées, de réflexions, à la manière d’un boxeur qui aurait reçu une pluie de coups.

«Certains reçoivent ce texte comme un coup de poing. Il y en a même qui expriment le besoin d’écrire dans l’urgence, tout de suite après la représentation. C’est la plus belle chose qu’on puisse me dire», admet Mathieu Arsenault, dont le prochain livre abordera la notion du deuil. Il questionnera notre rapport à la mort par l’entremise de l’expérience que vit l’auteur depuis la disparition de son amie Vicky Gendreau à l’âge de 24 ans, celle à qui l’on doit le roman Drama Queens.

«On traverse une période de deuil, mais après, les morts continuent à nous accompagner. C’est juste qu’on ne sait pas comment les écouter, fait observer l’auteur. Dans ce livre que je définis comme une exploration, dont l’écriture progresse bien, je ne veux pas qu’on s’en souvienne en ressentant de la tristesse. Il faut que ça s’apparente à un party.»