Charles Breton a été honoré, jeudi soir, en raison des longs états de service en tant que directeur général du Festival de la chanson de Tadoussac. Il a tenu à vivre ce beau moment en compagnie de Catherine Marck, longtemps responsable de la programmation.

La transmission à l’avant-plan

Ce fut une journée sur le thème de la transmission, jeudi, à l’occasion du Festival de la chanson de Tadoussac. Le ton a été donné à l’heure du souper, lors du traditionnel cocktail de bienvenue tenu au rez-de-chaussée de l’hôtel Tadoussac.

Ce fut une journée sur le thème de la transmission, jeudi, à l’occasion du Festival de la chanson de Tadoussac. Le ton a été donné à l’heure du souper, lors du traditionnel cocktail de bienvenue tenu au rez-de-chaussée de l’hôtel Tadoussac.

Un homme ayant assumé la fonction de directeur général pendant 26 ans, Charles Breton, devisait avec tout un chacun, comme c’est son habitude, avant les allocutions d’usage. Rien que de très normal, sauf que depuis novembre, il porte un chapeau différent, celui de maire.

Son élection n’a pas érodé son attachement envers le festival. Ce qui a changé, c’est que le jour où le vent menacera d’emporter un chapiteau, comme c’est déjà arrivé, ce ne sera plus lui qui s’échinera à trouver une solution. C’est désormais la responsabilité de Julien Pinardon.

« Bienvenue à cette édition qui débute sous d’heureux auspices », a indiqué celui-ci, vite relayé par la représentante des Caisses Desjardins qui a parlé d’une année spéciale, marquée par une passation des pouvoirs. Le président du conseil d’administration, Robert Tremblay, a renchéri sur le mode de l’humour.

« Charles nous a quittés pour un monde meilleur, après avoir pris un festival qui était tout petit pour en faire un événement majeur », a-t-il énoncé avant de céder la parole à Martin Ouellet, député provincial de René-Lévesque : « Charles, je t’ai déjà invité au parlement afin de souligner ton travail, mais il manquait une chose qu’un élu peut accorder, la médaille de l’Assemblée nationale pour l’ensemble de ton œuvre. »

Toujours aussi détendu, Charles Breton a pris la parole en demandant à celle qui fut longtemps responsable de la programmation, Catherine Marck, de le rejoindre à la tribune. « Un festival en région, c’est beaucoup de pression. Je me sens coupable de laisser tout ça à Julien, mais je suis bénévole et bien sûr, je constate que tout n’est pas parfait. J’ai vu des petites choses. Je t’en parlerai plus tard », a lancé le premier magistrat d’un ton enjoué.

Le moment était venu de passer à la partie sérieuse, la rencontre des artistes avec le public.

Vêtue à la manière d’une extraterrestre, Lysandre Champagne, du groupe Misses Satchmo, a remis au goût du jour quelques chansons de Boris Vian, jeudi soir, dans le cadre du Festival de la chanson de Tadoussac.

Misses Satchmo et Vian

La transmission évoquée tantôt, c’est aussi celle que pratiquent des artistes comme ceux du groupe Misses Satchmo. Leur vocation première fut de perpétuer l’œuvre de Louis Armstrong, mais voici que l’an dernier, justement à Tadoussac, l’ancien directeur général leur a fait une suggestion.

« Charles a voulu qu’on fasse du Boris Vian et on a monté ce projet pour Tadoussac. Le spectacle et aussi un album », a annoncé la chanteuse et trompettiste Lysandre Champagne aux nombreux spectateurs venus assister à ce qu’on a qualifié, avec un brin d’ironie, de première mondiale.

Elle a confié que l’effort de mémorisation a été conséquent, les textes de Vian étant touffus. Par contre, leur côté baveux, pas politiquement correct, lui a beaucoup plu, tout comme l’actualité persistante du propos. Le groupe a aussi trouvé ses repères dans cet univers fantaisiste, chacun portant un costume de circonstance.

C’est donc vêtue à la manière d’une créature extraterrestre que Lysandre Champagne a prêté vie à des classiques comme Je suis snob  et Le fameux bricoleur, ainsi qu’à des pièces moins familières, mais qui ont trouvé un écho au sein du public. Les versions étaient énergiques, juste un peu décalées, l’unique regret tenant au fait qu’on perdait parfois des mots, peut-être à cause de la sonorisation.

Ce nouveau spectacle a pris fin sur l’air de Fais-moi mal, presque rock dans le ton, mais profondément jazz. Un concentré de désirs aussi contradictoires que contrariés, d’énergie pure pulsée par la batterie, ainsi que les gens battant la mesure. Bref, du Misses Satchmo de la meilleure eau qu’il sera possible de découvrir vendredi à 22 h 30, puis samedi à 14 h, sous le chapiteau voisin de l’église.