Dany Placard, chanteur et réalisateur, a choisi de délaisser son genre de prédilection pour se tourner vers un nouvel univers musical.

La surprise de « C’est fucké pareil »

Produire un vidéoclip rap avec une chanson qui n’a rien à voir avec le genre et qu’on ne joue même pas en spectacle ? « C’est fucké pareil », mais c’est pourtant ce qu’a choisi de faire le Dany Placard. Le Progrès en a discuté avec le chanteur originaire de Laterrière.

Le vidéoclip C’est fucké pareil du Laterrois d’origine surprend et intrigue ses admirateurs, friands des airs intimistes sur fond de folk habituellement proposés par Dany Placard. Les paroles, que l’on sent assez sombres, contrastent de façon évidente avec le champagne, les néons et la voiture de luxe présentés à l’écran. « C’est Jean-Martin Gagnon qui a eu l’idée de faire une chanson rap sur une musique pas rap. J’adorais l’idée d’avoir un contraste entre ce qu’on entend et ce qu’on voit à l’écran et c’est comme ça que le clip a pris vie », explique le chanteur et réalisateur.

Malgré les efforts évidents pour faire de ce vidéoclip un phénomène au potentiel viral, Dany Placard pousse le concept jusqu’à ne même pas présenter la chanson en spectacle. « En produisant un vidéoclip, on s’est dit qu’il faudrait bien la jouer en “show”. Mais au final, on a changé d’idée parce que de produire un vidéoclip pour une chanson qu’on ne présente même pas en spectacle, c’est fucké pareil », s’amuse celui qui décrit son univers musical comme un étroit mélange entre Pink Floyd et Nirvana.

« Le public conçoit la musique de façon différente et je n’avais pas envie d’être perçu comme le vieux “has been” qui radote toujours la même chose. Il fallait que je me renouvèle et j’avais besoin d’amener mon art ailleurs. »

Dany Placard, chanteur et réalisateur, a choisi de délaisser son genre de prédilection pour se tourner vers un nouvel univers musical.

Se « déprogrammer »
Dany Placard avait envie de renouveau et c’est donc sans regret qu’il a littéralement « jeté un album presque complet aux poubelles ».

« Physiquement et harmoniquement, on est réglé pour constamment produire le même genre de musique, peu importe ton style. Il a fallu que je sorte de ma zone de confort et que je force mes doigts à aller ailleurs sur la guitare », témoigne le chanteur.

Ce changement de cap explique le laps de trois ans s’étant écoulés depuis la sortie de son précédent album. Une transition qui s’est faite, selon Placard, plus difficilement chez les musiciens qui l’accompagnent.

« Ça a été une bataille jusqu’à la fin, mais maintenant la réponse est extrêmement positive. »

De passage au Saguenay en octobre
Dany Placard sera de la programmation automnale du Côté-Cour le 20 octobre prochain. Heureux d’être en terres saguenéennes, l’interprète de Graisse de bine promet un survol de tous ses disques, remaniés à la sauce Full Face.

« Il n’y aura pas beaucoup de blablas, mais de longues envolées musicales. »