On est loin du glamour des soirs de première, à la Société d’art lyrique du Royaume. L’heure est en effet au «paquetage», comme le démontrent Tania Côté et Aude Gauthier-Martel sur cette photographie captée jeudi, au sous-sol de l’église Saint-Nom-de-Jésus du secteur Rivière-du-Moulin, à Chicoutimi.

La SALR prête à déménager... mais sans savoir où

Des éléments de décor cohabitent avec des boîtes d’accessoires et des centaines de costumes enveloppés dans des sacs de plastique, ainsi qu’une horloge surdimensionnée, à croire qu’une vilaine fée a semé le chaos au sous-sol de l’église Saint-Nom-de-Jésus, à Chicoutimi. Le désordre qui règne dans les locaux de la Société d’art lyrique du Royaume (SALR) n’a rien de magique, cependant. Il est causé par un déménagement qui sera complété d’ici à la fin de juillet.

Cette échéance est connue depuis septembre. Elle correspond à la fin du contrat signé il y a dix ans avec la Fabrique Saint-François-Xavier. Aussi partie prenante de cette entente, la Ville de Saguenay s’est engagée à transférer la maison d’opéra, mais n’a pas précisé à quel endroit son patrimoine aboutira.

«J’aurais aimé connaître la réponse, mais il n’y a rien de définitif pour l’instant. J’ai toutefois confiance qu’on nous annoncera quelque chose avant l’échéance et tout ce que je souhaite, c’est que nous ne soyons pas éparpillés. Si tel était le cas, ça compliquerait notre fonctionnement», a souligné Aude Gauthier-Martel, directrice générale et de production, au cours d’une entrevue accordée au Quotidien.

Accompagnée de cinq ou six personnes, elle profitait des premières journées de «paquetage» pour préparer le costumier au grand départ. Pour illustrer l’ampleur de cette tâche, signalons que les plus anciens vêtements de scène remontent au Boccacio présenté en 1991. Or, même si le retour de cette oeuvre ne figure pas dans les plans, il est utile de préserver ces reliques parce qu’elles peuvent reprendre du service sous une autre forme.

«C’est la même chose pour les décors. Eux aussi, on peut les recycler», fait observer Aude Gauthier-Martel, qui a repéré des vestiges de La belle Hélène remontant à l’an 2000. Tout aussi précieuses, les partitions pour orchestre ou piano doivent également faire le voyage, ce qui constitue une autre source de tracas. Il y en a beaucoup, en effet, plus qu’on pourrait l’imaginer.

La directrice se donnait quatre jours pour disposer des costumes, ainsi que des souliers et des accessoires, ce qui nous mène à la fin de la présente semaine. L’objectif ultime est que tout soit prêt d’ici à la Fête nationale, histoire de ne pas être pris de court dans l’éventualité où l’échéancier devait se contracter. Quant au transfert des biens vers leur nouveau domicile, il sera assuré par les services municipaux.

Rien ne dit cependant que la prochaine adresse sera permanente, laisse entendre Aude Gauthier-Martel. Il pourrait s’agir d’une mesure temporaire, un séjour de deux ou trois ans peut-être, le temps que la Ville se fasse une tête à propos du transfert de plusieurs organismes culturels, dont la SALR. Mais ça, c’est une autre histoire, pour reprendre une expression qu’affectionnait le tenancier de bar dans le film Irma la douce.