Marc Dupré a hâte de revenir sur la Zone portuaire de Chicoutimi, jeudi soir. Il participera à ce qu’on appelle La Veille du FIRM, la première étape – payante – du Festival international des Rythmes du Monde (FIRM).

La saison du moment présent

Quand un chanteur intitule son dernier album La vie qu’il nous reste, on devine qu’il est ancré dans le moment présent, ce qui est particulièrement vrai pendant l’été, alors que Marc Dupré – l’homme en question – fréquente les scènes extérieures du Québec. Les foules sont plus importantes, d’une composition plus variée que dans les salles, ce qui explique le désir de l’artiste de coller au plus près à ses humeurs.

C’est ce qu’il fera jeudi, à 21 h, sur la Zone portuaire de Chicoutimi. L’occasion sera spéciale, puisqu’il s’agira de la première édition de ce qu’on a appelé La Veille du FIRM (Festival international des Rythmes du Monde).

Ce spectacle sera le premier d’une série de trois présentés cette semaine, des événements qui, sans faire partie de la programmation officielle du FIRM, accessible gratuitement du 9 au 12 août, s’inscrivent dans la même foulée.

« Je connais bien cette scène pour y avoir chanté quelques fois. C’est un endroit le fun. J’aime comment c’est fait, avec les estrades dans le fond. Je me souviens qu’un soir, sans doute à la Fête du Canada, il y avait eu des feux d’artifice », a raconté l’artiste, mercredi, à la faveur d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

Ce sera sa deuxième participation au festival, et il la souhaite moins « mouilleuse » que la précédente.

Ce soir-là, il tombait des cordes sur la rue Racine, ce qui n’avait pas empêché une foule très dense, très motivée, de lui réserver un accueil chaleureux.

Le souvenir de cette adhésion reste cher au coeur de Marc Dupré, davantage que les conditions climatiques.

« La pluie, j’haïs ça à mort. C’est plate. C’est poche. Ça éloigne les gens, affirme le chanteur. D’un autre côté, il arrive qu’on soit chanceux avec la météo, même quand les prévisions ne sont pas favorables. J’ai souvent vu ça, avoir un répit de deux heures, un corridor de beau temps qui tombe au moment où on donne le spectacle. »

Des succès et des surprises
Le moment présent évoqué tantôt, c’est ce qui guidait Marc Dupré mercredi. Il savait que des artistes invités le rejoindraient à Chicoutimi, mais n’avait pas fait le tour de ses contacts pour officialiser la chose. Quant à la sélection des chansons, elle sera effectuée en temps réel, au gré des humeurs du chanteur, du groupe et des spectateurs.

« On ne sait jamais ce qu’on va faire. On y va avec le feeling des gens, explique-t-il. Je pige dans le répertoire des 20 dernières années. Comme les musiciens me connaissent bien, on peut se revirer vite, décider de faire une chanson des Beatles, par exemple. Ça fait plaisir au public, et à moi aussi, ce qui tombe bien parce que l’été, on veut rester dans l’énergie festive. »

Quelques extraits de son plus récent opus seront livrés. Sans doute entendra-t-on La tempête, qui a fait l’objet d’un clip diffusé récemment. D’autres succès seront interprétés, mais les amateurs de raretés resteront sur leur faim, prévient l’artiste. « Puisque le public est plus diversifié qu’en salle, plus familial aussi, ce n’est pas le moment de faire découvrir une facette différente de ma personnalité », fait-il observer.

Lui qui a déjà donné une trentaine de spectacles pendant un même été se montre aujourd’hui moins vorace. Chicoutimi constituera sa 11e escale, signe qu’à l’âge de 45 ans, d’autres priorités se sont imposées. « J’ai trois enfants. J’ai ma blonde et je fais du sport. Je suis rendu à l’étape où il faut doser, mais mon dernier spectacle remonte à dix jours, et j’ai hâte de recommencer. Le contact avec le public, ça me fait du bien », confie Marc Dupré.

Il ne sera pas le seul à piaffer d’impatience avant de bondir sur la scène, puisque son équipe comprend la Saguenéenne Marianne Croft. « Elle joue du violon et du violoncelle, en plus de chanter. Or, j’aime de plus en plus le mariage des cordes avec la pop, leur douceur jumelée à l’agressivité de la guitare », commente l’invité du FIRM.

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BEL ET BIEN SUR LA ZONE PORTUAIRE

Les spectacles qui seront présentés du 2 au 4 août, sur la Zone portuaire de Chicoutimi, susciteraient une certaine confusion au sein de la population. Certains croient qu’ils ont lieu sur la rue Racine, par exemple, alors que ce volet de la programmation se déploiera du 8 au 12 août, ainsi que le souligne le directeur général du Festival international des Rythmes du Monde (FIRM), Robert Hakim.

« Ce qui a lieu cette semaine, c’est comme un pré-festival, une série, que nous appelons La Veille du FIRM. Ce n’est pas la première fois que nous allons à la Zone portuaire , mais parce que ça marque le début de l’événement, plus de gens sont mêlés. Il y en a aussi qui se demandent si c’est gratuit, alors que pour voir Marc Dupré (2 août), Wyclef Jean (3 août) et les Cowboys Fringants (4 août), il faut acheter un billet », mentionne-t-il.

À ce propos, le promoteur révèle que chacune des têtes d’affiche a généré la vente de 2500 billets à ce jour. Il considère que le passeport offert au coût de 37 $ l’unité a été populaire, d’autant qu’il ramène à un peu plus de 12 $ par soir les frais d’admission. Les touristes formeraient une part substantielle de la clientèle, les gens du Saguenay-Lac-Saint-Jean préférant attendre de voir si la météo sera favorable.

« On annonce du beau temps. Si la chose se confirme, le nombre de spectateurs devrait jouer entre 3000 et 3500 personnes par soir. Il n’est pas impossible qu’on ait des surprises, cependant, puisque Marc Dupré et les Cowboys Fringants ont l’habitude de vendre la moitié de leurs billets à la porte », fait remarquer Robert Hakim.

Satisfait du rendement aux guichets, il précise que cette incursion sur la Zone portuaire constitue une expérience. « Nous essayons des affaires et nous attendrons la réaction des gens avant de déterminer quelle position nous adopterons. Nous pourrions continuer sur les deux sites ou revenir à l’ancienne formule et faire deux semaines sur la rue Racine », laisse entendre le patron du FIRM.