Benoit Lagrandeur a présenté la programmation 2018-2019 du Théâtre La Rubrique, mercredi, lors d’une rencontre de presse tenue à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière. L’une des pièces les plus attendues sera Enfant insignifiant!, un texte de Michel Tremblay s’inscrivant dans le droit fil d’Encore une fois, si vous permettez.

La Rubrique dévoile sa programmation 2018-2019

Pour qui aime le théâtre, la conférence de presse où La Rubrique dévoile sa programmation est le rendez-vous de toutes les gourmandises. Encore mercredi, à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière, l’équipe a annoncé la tenue de 18 spectacles destinés aux jeunes et aux adultes, dont deux centrés sur la danse et deux productions de son cru. De quoi entretenir la flamme de ceux, plus nombreux qu’on le croit, qui estiment que la vie décrite par des humains, sur une scène, demeure une fabuleuse source de plaisir et de réflexion.

Preuve de cet engouement, le directeur général et artistique de la compagnie, Benoit Lagrandeur, affirme que le volet adulte a été très populaire au cours de la saison 2017-2018. « Le public nous fait confiance, si bien qu’aujourd’hui, je n’ai plus peur d’amener des pièces où il n’y a pas de vedettes, dont l’auteur n’est pas connu », a-t-il mentionné au cours d’une entrevue accordée au Quotidien. Chez les enfants et les adolescents, La Rubrique a aussi trouvé son public, notamment par l’entremise des représentations scolaires. Ce fut bien et ça s’annonce encore mieux l’an prochain, eu égard à l’intérêt manifesté par les autorités locales.

À ce propos, notons que les 3 à 6 ans auront l’occasion de découvrir Ma petite boule d’amour, l’histoire d’un ours adulte qui cherche à combler sa solitude en devenant le papa d’un petit ours. Ce spectacle tout doux, ponctué de chansons interprétées par l’auteure et comédienne Jasmine Dubé, sera à l’affiche les 23 et 24 novembre. Un mois plus tard, les 14 et 15 décembre, les 9 à 14 ans découvriront Les aventures de Lagardère, une pièce de cape et d’épée qui s’annonce très divertissante. Suivront Les bros, (15 et 16 février), des clowns qui s’adresseront aux 5 à 12 ans, tandis que les 3 et 4 mai, deux sœurs se feront du bien dans Les choses berçantes.

L’une d’elles file un mauvais coton et l’autre multipliera les efforts pour lui venir en aide, une trame qu’on retrouvera dans différentes productions, dont Le garçon au visage disparu, une œuvre du Chicoutimien Larry Tremblay. Cette pièce qui s’adresse aux adolescents et aux adultes brosse le portrait d’un jeune qui, un beau matin, se réveille sans visage. Sa mère mobilise plein de gens pour résoudre ce mystère qui, peut-être, découle du fait qu’il se sent délaissé par son père.

« Nous avons une programmation à saveur sociale, avec des questionnements sur le vivre ensemble, sur les communications », confirme Benoit Lagrandeur. Il offre l’exemple de L’art de la chute, une œuvre pour adultes qui sera présentée le 2 novembre. Elle s’articule autour de la rencontre improbable d’un trader et d’une artiste, le jour même où la banque Lehman Brothers a déclaré faillite. Sur un registre similaire, Manifeste de la jeune-fille (17 novembre) remettra en cause la philosophie consumériste qui imprègne tant de magazines féminins.

Autre spectacle phare de la prochaine saison, J’aime Hydro viendra enfin dans la région, plus précisément au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi (23 février), en vertu d’un partenariat avec Diffusion Saguenay. Rappelons que cette pièce documentaire, qui dure quatre heures, montre de quelle manière a évolué la relation entre Hydro-Québec et les Québécois. La performance de l’auteure et comédienne Christine Beaulieu a été unanimement saluée, au même titre que celle de Micheline Bernard dans Des promesses, des promesses (10 avril). Elle y campe une enseignante qui prend sous son aile une fillette originaire de la Somalie.

Le réflexe maternel, lui, s’exprimera une nouvelle fois par le truchement de Michel Tremblay. S’inscrivant dans la foulée de l’énorme succès d’Encore une fois, si vous permettez, voici Enfant insignifiant ! , qui ramènera sur scène l’auteur et sa mère, personnifiés par Henri Chassé et Guylaine Tremblay. De passage les 5 et 6 février, cette production fera salle comble, d’où l’intérêt de réserver tôt en téléphonant au numéro 418 542-5521 ou en se dirigeant à l’adresse theatrelarubrique.com.

Signalons enfin qu’une collaboration avec Objectif Danse mènera à la venue de La rose de Jéricho, le 23 octobre. Après ce spectacle inspiré par le maillage des cultures, les amateurs pourront assister à une compétition de danse coïncidant avec l’apparition de Qui bougera ? /Dance Battle, le 4 avril. « Tous pourront tenter leur chance afin de décrocher l’une des huit places disponibles. Les amateurs seront ensuite jumelés à des professionnels », explique Benoit Lagrandeur.

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LA RUBRIQUE S'OFFRIRA L'ÉTAT ET L'OGRE

Pour ses 40 ans, le Théâtre La Rubrique produira deux pièces au lieu d’une. Celle qu’on verra en premier, L’État, sera à l’affiche du 26 septembre au 14 octobre. Elle prêtera vie à un texte inédit de Normand Canac-Marquis qu’interpréteront Robert Lalonde, Louise Laprade, Josée Gagnon et Monique Gauvin. Il sera question d’un journal que fait chanter le parti au pouvoir, des débats que suscite cette crise à l’interne.

L’autre création, L’Ogre, est portée par le Théâtre de la Tortue Noire depuis deux ans. La première mondiale aura lieu en juillet 2019, dans le cadre du Festival international des arts de la marionnette à Saguenay, mais une avant-première comprenant trois représentations se déroulera du 25 au 27 avril. Le texte de Larry Tremblay sera défendu par Éric Chalifour, Martin Gagnon et Sara Moisan, tandis que la mise en scène sera assurée par Dany Lefrançois.

C’est justement lui qui rêvait de s’attaquer à cette œuvre depuis le jour où il a assisté à une lecture publique réalisée par le comédien Denis Leclerc, au Côté-Cour de Jonquière. Deux décennies ont passé, mais le désir de porter à la scène le personnage de l’ogre, qui sera incarné par une marionnette format géant, ne s’est pas attiédi.

« Il y a de l’action, plein de rebondissements, alors que l’ogre se sent piégé dans un genre de Surprise sur prise. Or, c’est le seul personnage qui prend la parole. Il s’adresse à des êtres dont on ignore s’ils existent réellement », note Dany Lefrançois. Il s’agira de la première coproduction de la Tortue Noire avec une compagnie québécoise et aussi d’un changement d’approche au plan visuel. « Nous ne travaillerons pas sur de petits formats », confirme Sara Moisan.

Quant au directeur général et artistique de La Rubrique, il est émerveillé par L’Ogre et son potentiel dramatique. « Quel manipulateur trou-de-cul ! Il n’en a jamais assez », lance Benoit Lagrandeur, qui a spontanément offert de participer à cette production.