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Un oiseau en céramique et des bobines de fil. Il n’en faut pas davantage pour réenchanter la vie.
Un oiseau en céramique et des bobines de fil. Il n’en faut pas davantage pour réenchanter la vie.

La résidence de Magali Baribeau-Marchand centrée sur la poésie et les objets du quotidien

Daniel Côté
Daniel Côté
Le Quotidien
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Magali Baribeau-Marchand trouve de la poésie dans les objets les plus modestes et, pour que le commun des mortels succombe également à leur charme, elle multiplie les mises en scène, les juxtapositions. C’est de cette manière que l’artiste originaire d’Alma, vivant désormais à Chicoutimi, a abordé le défi posé par l’Espace Plateforme du Lobe.

Mesurant 12 pieds sur cinq, il se trouve au-dessus de l’entrée principale de TOUTTOUT, le centre de création en arts visuels situé sur la rue Bossé, à Chicoutimi. Cette mezzanine se déployant devant quatre grandes fenêtres constitue un endroit intéressant pour créer des installations et c’est justement ce que la jeune femme avait en tête lorsqu’elle y a travaillé, du 23 novembre au 4 décembre.

Grâce à une résidence au Lobe, Magali Baribeau-Marchand vient de réaliser le premier projet évolutif de sa carrière.

«Je voulais montrer comment des objets du quotidien arrivent à produire de l’émerveillement. Ça peut inciter les gens à jeter un regard nouveau sur les choses», a-t-elle énoncé, plus tôt cette semaine, lors d’une entrevue accordée au Progrès.

Pour ce faire, l’artiste a sélectionné des trésors improbables faisant partie de sa collection personnelle. La plupart proviennent de dons, ainsi que de trouvailles faites dans les marchés aux puces.

Voici l’Espace Plateforme, tel qu’il se présentait pendant la résidence effectuée par Magali Baribeau-Marchand.

D’autres pièces émanaient de chez TOUTTOUT, ce qui donne raison à celui qui disait : «Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.»

Or, pour ajouter du piment à l’affaire, Magali Barbeau-Marchand a décidé de modifier son installation chaque jour, au fil de sa résidence. Elle a aussi constitué une banque de films et de photographies témoignant de cette expérience inusitée.

Seul sur une table, ce cheval ne paierait pas de mine, alors que la mise en scène imaginée par Magali Baribeau-Marchand, au Lobe, en a fait une créature presque mythique.

« Ça m’a permis de réaliser mon premier projet évolutif, en essayant de réenchanter des objets qui, seuls, ne présentent guère d’intérêt. Le fait de les déplacer chaque jour, de modifier l’espace disponible sur la Plateforme, rejoignait la notion de mouvement qui se trouve au coeur de ma pratique », fait observer l’artiste.

Des clochettes ont été mises à contribution, de même qu’un oiseau en céramique, des bobines de fil, des bouts de bois, des pierres semi-précieuses, des tableaux, des chaises miniatures et plein d’autres choses. Il est arrivé aussi que des mécanismes soient mis en place, afin de générer du mouvement.

Un tableau, des bobines de fil et des clochettes sagement alignées créent l’illusion qu’on se trouve dans une chambre, et non sur l’Espace Plateforme du Lobe.

« À un moment donné, un moteur faisait bouger des bobines de fil alignées sur une tige. Il démarrait lorsque des gens empruntaient l’escalier situé sous la mezzanine, ce qui entraînait une petite secousse, raconte Magali Baribeau-Marchand. J’ai aussi placé un oiseau sur une tige, sans toutefois le fixer. C’était pour jouer sur la notion de fragilité. Il a bougé, mais n’est jamais tombé. »

Bien sûr, il n’y avait aucun visiteur chez TOUTTOUT, eu égard à la pandémie. Seules les personnes qui y travaillent pouvaient s’y rendre, ce qui a donné lieu à des échanges intéressants avec l’invitée du Lobe. D’autres rencontres ont suivi à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), où son installation a brièvement repris vie dans le cadre de sa maîtrise en art. De quoi justifier une reprise de cette expérience, cette fois devant public.

D’ici à ce que ce soit possible, cependant, Magali Baribeau-Marchand entend sortir un livre réunissant plusieurs photographies captées pendant sa résidence au Lobe. Ces images rendront compte de sa démarche, au même titre que les vidéos qui, un jour, serviront aussi de matériau à l’artiste.