Une vingtaine de personnes avaient trouvé refuge dans la galerie pour entendre les quatre poètes. Ici, l’auditoire écoute Drew Michelle Armstrong.

La poésie vivante

Trois poétesses et un poète. La première édition du Dîner poésie proposé par la galerie L’Œuvre de l’autre de l’UQAC, jeudi, aura su transporter le spectateur dans l’univers distinct de chaque auteur. Et ça pouvait prendre une dose de courage à certains d’entre eux pour rendre leur poésie vivante.

L’activité avait été organisée par la galerie, mais surtout par la commissaire de l’événement, Anny-Ève Perras. Au cœur de la salle d’exposition, les quatre poètes, dont Mme Perras, se sont succédé au micro, livrant leurs plus récents textes, parfois finalisés, d’autres fois encore en production. L’événement se voulait l’occasion de démystifier et d’encourager l’expression artistique à travers la littérature.

« La poésie vit souvent à travers les recueils. C’est intéressant d’entendre les œuvres interprétées par les auteurs », a affirmé Anny-Ève Perras. L’interprétation vocale donne en effet une nouvelle couleur au poème, dans l’intonation, les rires, les soupirs. 

L’auteur qui a cassé la glace, Drew Michelle Armstrong, a livré son texte en anglais. Originaire de Kitchener-Waterloo en Ontario, la jeune femme vit maintenant à Québec. Sa poésie, parfois rude, explore l’univers du corps humain dans toute sa finesse, sa splendeur, sa barbarie. 

La deuxième poétesse, connue par ses recueils publiés à La Peuplade, a livré Shashitun, qui signifie « amour » en langue innue. Marie-Andrée Gill, originaire de Mashteuiatsh, a proposé ce texte sur lequel elle travaille actuellement. Une première lecture, multicolore, animée et touchante d’une rupture amoureuse, où les images de la nature, mais surtout de l’hiver québécois s’y mélangent. « Je cherche à comprendre les tempêtes », récite-t-elle.

Après sa lecture, Marie-Andrée Gill a admis qu’il était nécessaire, en poésie, de participer à de tels événements. « Ça rend la poésie vivante et c’est important de le faire. Je n’écris pas pareil à l’oral qu’à l’écrit », souligne l’auteure. En effet, à l’oral, Marie-Andrée Gill se permet un parler plus franc qu’elle ne se permettrait peut-être pas à l’écrit. 

Le poète David Berthiaume-Lachance, originaire de Montréal, y est allé d’une interprétation plus expérimentale. Au rythme du tarot, il a fait piger l’ordre dans lequel il lirait ses vers aux spectateurs. Ainsi, le résultat pouvait sembler décousu, mais au final, comme c’est souvent le cas avec la poésie, l’auditeur a pu interpréter le tout selon ses propres émotions. 

L’événement était conclu par l’interprétation de la poétesse Anny-Ève Perras. Cette dernière était d’ailleurs ravie de la réponse des spectateurs. Ils devaient être une vingtaine à avoir trouvé refuge dans la galerie, histoire d’entendre ce que les artistes avaient à dire. 

« C’est beaucoup de travail, surtout d’amener des poètes à venir faire des lectures publiques. Et écrire aussi, ça demande du temps et du courage. Je suis vraiment contente de l’unité du groupe d’aujourd’hui. Chacun de nous avons offert nos réflexions actuelles », a souligné Anny-Ève Perras. 

L’auteure Marie-Andrée Gill a proposé Shashitun, un texte sur lequel elle travaille actuellement.