Victoria de Dulcinée Langfelder & cie sera présentée au Théâtre Banque Nationale le dimanche 4 juin prochain, à 14h30. Le spectacle alliant danse, théâtre et projection vidéo met en scène une dame de 90 ans qui a perdu la mémoire et qui développe des liens avec son préposé aux bénéficiaires.

La pièce Victoria présentée le 4 juin

Victoria a 90 ans. Elle a perdu la mémoire. Sa vie tire à sa fin. Dulcinée Langfelder a travaillé d'arrache-pied pour faire de cette histoire un spectacle qui se veut drôle et accessible. C'était en 1999. Depuis, la pièce Victoria, mélange de danse, de théâtre et de projection vidéo, a été applaudie partout à travers le monde. Le 4 juin prochain, à 14 h 30, c'est au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi que la pièce sera présentée pour une première fois.
Diffusion Saguenay, le théâtre La Rubrique et Objectif Danse s'unissent pour une première fois pour diffuser un spectacle. Victoria, la pièce multidisciplinaire de la compagnie Dulcinée Langfelder & cie, a généré cette collaboration. 
Victoria a été présentée partout en Asie, en Amérique du Sud, en Europe, en Afrique.... « Bizarrement, c'est plus difficile de faire une tournée au Québec qu'ailleurs », souligne Dulcinée Langdfelder, metteure en scène, chorégraphe et interprète, au cours d'un entretien téléphonique. « Le spectacle a été présenté à Dolbeau-Mistassini au début du printemps, mais c'est la première fois qu'il est offert à Saguenay. »
Victoria met en scène une femme de 90 ans qui a perdu la mémoire et qui développe des liens avec son préposé aux bénéficiaires. 
La pièce est le fruit de quatre années de recherche de Dulcinée Langfelder. 
« J'ai travaillé bénévolement dans des maisons de retraite, des hôpitaux, des maisons de soins longues durées. Ç'a été long, intense et pas facile », raconte-t-elle. 
Le travail a porté ses fruits. Le spectacle rejoint des publics aussi nombreux que variés. 
« Tout le monde s'identifie au spectacle. Il a été présenté jusqu'au Zimbabwe. Là-bas, l'espérance de vie est de 45 ans. Devenir vieux, c'est un luxe. Pourtant, les gens ont grandement apprécié. Le spectacle traite non seulement de la vieillesse, mais aussi de la vulnérabilité, du fait d'être marginalisé », explique-t-elle. 
Jamais Dulcinée Langfelder n'aurait cru présenter sa création à autant de reprises et sur une aussi longue période. 
« C'est très rare qu'un spectacle dure aussi longtemps. J'étais même étonnée en 2009 de pouvoir célébrer le 10e anniversaire de Victoria. À l'époque, Robert Lepage m'avait dit ''Victoria ne vieillit pas''. C'est drôle pour un personnage de 90 ans, mais en me disant ça, il m'a mis en tête que cette pièce pourrait vivre plus longtemps que moi. »
C'est dans cette optique que Dulcinée Langfelder, aujourd'hui âgée de 62 ans, a formé une relève en la personne de Anne Sabourin. C'est elle qui campera le personnage sur scène à Chicoutimi. Les deux danseuses et interprètes se partagent le rôle selon les représentations. 
« Quand c'est Anne qui joue, je peux voir ce spectacle et ressentir les mêmes choses que le public. C'est un spectacle qui fait énormément de bien. C'est très drôle, très accessible. Toutes les cultures et tous les âges peuvent s'identifier au personnage. C'est même très approprié pour les enfants. On vit tous des moments de vulnérabilité où on se sent seul. Faire rire avec ce sujet, ce n'est pas facile, mais on y est arrivé. C'est vraiment drôle, burlesque par moments et très touchant aussi. La relation entre Victoria et son préposé rappelle même par moments des duos comiques comme Laurel et Hardy ou Ding et Dong », affirme celle qui, même si elle n'est pas toujours sur scène, suit toujours la production. 
Depuis qu'Anne Sabourin campe le personnage, Victoria est devenue le Projet Victoria. « Chaque fois qu'on présente le spectacle, on fait un gros travail dans la communauté où on joue. On veut que les gens puissent en bénéficier le plus possible que ce soit les aînés, les proches aidant ou les professionnels du milieu médico-social. »
Un échange entre les artistes, le public et des intervenants de la Société Alzheimer et de Personnalité et Relations Humaines Québec-Canada est prévu dans la salle après la représentation. 
« J'aime bien penser que par l'art, on peut être utile et aider les gens directement. »