La pièce «Le cas Joé Ferguson» jouée à Roberval

Entre les apparences et la réalité, une tonne de nuances s’imposent. Dans un contexte rural de la Gaspésie, c’est ce que rappelle la pièce Le cas Joé Ferguson, jouée par la troupe de théâtre Mic-Mac jusqu’au 28 avril à Roberval.

C’est dans la nouvelle salle de spectacle installée dans la Place des Ursulines que le théâtre Mic-Mac a présenté la pièce Le cas Joé Ferguson pour sa 53e année sur la scène. Acoustique et éclairage améliorés, meilleure configuration de la salle offrant une plus grande proximité, plus grand confort pour les acteurs, salle d’exposition dans le hall d’entrée, tout y est pour que les spectateurs en aient plein la vue, a souligné Céline Gagnon, la présidente du conseil d’administration.

« Nous avons choisi une pièce qui se déroule en milieu rural, car on y retrouve plusieurs réalités similaires à ce que l’on peut voir dans nos milieux », a-t-elle ajouté.

Les acteurs qui portent la pièce, Valérie Bélair, Marie Bergeron, Jacob Lévesque et Mélanie Tremblay, arrivent à nous faire pénétrer dans cet univers unique aux petites communautés tissées serrées.

Si ces communautés peuvent faire jaillir la solidarité et l’entraide, elles peuvent aussi attirer le mépris, la médisance et la fermeture, comme le constate Camille, une étudiante en criminologie qui veut réaliser une étude sur l’impact des crimes graves en milieu rural, lorsqu’elle se rend dans un petit village de la Gaspésie pour étudier le cas Joé Ferguson, un jeune garçon rejeté par tout le monde, qui a tué la directrice de l’école, sœur Laurette, avant de s’enlever la vie.

Apparaissant d’abord sous l’image d’un jeune désaxé, on apprend, à travers les récits d’un pompiste, d’une thanatologue et d’une secrétaire d’école, à voir comment le rejet et l’aveuglement volontaire ont poussé l’homme, élevé au sein d’une famille aux mœurs douteuses, à commettre ce meurtre. Mais une fois le crime commis, les villageois ont de la difficulté à accepter que les cendres du meurtrier se retrouvent près de leurs proches au columbarium.

À travers l’histoire de ce jeune rejeté et intimidé, on vit au rythme d’une petite communauté qui peut parfois paraître étouffante lorsque le mépris et la négligence prennent le dessus sur l’entraide. L’image est d’autant plus marquante lorsqu’un Tim Hortons s’installe au village, car l’attrait de la nouveauté et de faire « comme en ville », causera un drame qui en ébranlera plusieurs, dont Joé Ferguson. Une réalité qui résonne dans plusieurs communautés du Saguenay–Lac-Saint-Jean où le Tim Hortons s’est implanté.

Entre suspense et comédie dramatique, la pièce réussit bien à démontrer les beaux côtés et les travers de la vie rurale, en gardant les spectateurs en haleine tout au long de l’histoire.

À travers le drame humain, on apprend à y voir comment le silence peut parfois être le plus grand des vices.