Janie Gauthier a complété sa fresque réalisée l’été dernier, dans l’ancien presbytère Saint-Georges. La nouvelle section, qui se trouve à gauche sur la photographie, a été réalisée en l’espace de cinq semaines. Elle a été commandée par Claudine Brassard et Mario Tremblay, de l’Auberge Le St-Georges.
Janie Gauthier a complété sa fresque réalisée l’été dernier, dans l’ancien presbytère Saint-Georges. La nouvelle section, qui se trouve à gauche sur la photographie, a été réalisée en l’espace de cinq semaines. Elle a été commandée par Claudine Brassard et Mario Tremblay, de l’Auberge Le St-Georges.

La mer au bout du pinceau, dans une fresque de Janie Gauthier

Daniel Côté
Daniel Côté
Le Quotidien
Janie Gauthier a vécu une expérience intéressante dans les dernières semaines. Alors que la région traversait des épisodes de canicule, l’artiste jonquiéroise réalisait une fresque dominée par un paysage maritime. Travaillant dans un local qui n’était pas climatisé, à l’intérieur de l’ancien presbytère Saint-Georges, elle peignait des baigneurs dont le sort était plus enviable que le sien.

«C’était chaud et humide, surtout que l’espace où je me trouvais est en ciment. Il y a des journées où je partais un peu plus tôt, mais d’habitude, je passais cinq ou six heures dans le local. Au total, ce projet étalé sur cinq semaines m’a demandé de 125 à 130 heures», a-t-elle raconté mercredi, au cours d’une entrevue accordée au Quotidien.

L’oeuvre qui l’a mobilisée pendant tout ce temps est une murale commandée par Claudine Brassard et Mario Tremblay, de l’Auberge Le St-Georges. L’an dernier, une première section a été livrée, formée de bâtiments au look rétro. Il restait toutefois une surface de 300 pieds carrés à peindre, à condition de trouver le bon sujet.

«Une idée m’était venue, mais ce n’est pas ce que j’ai fait. Au lieu d’ajouter des maisons colorées, j’ai peint un phare et j’ai décidé de montrer la mer, un concept que je trouvais original. En fait, c’est un ami qui m’avait suggéré d’aller dans cette voie. Sa proposition a germé», relate Janie Gauthier.

Voici une partie de la nouvelle murale créée par Janie Gauthier. Elle montre un paysage maritime où sont regroupés quelques baigneurs.

L’une des difficultés tenait au fait que la dame a le vertige, alors qu’il fallait monter sur un échafaudage. Elle devait également résoudre un problème technique, en raison de l’absence de recul. «À partir de beaucoup de réflexion, d’observations, j’ai réussi à suggérer l’éloignement», se réjouit l’artiste.

Utilisant de la peinture extérieure de première qualité, elle a laissé son inspiration la guider. «À partir d’un croquis de base, j’inventais au fur et à mesure, fait observer la Jonquiéroise. Je dois être rendue à ma huitième ou neuvième murale, depuis 2007. Chaque fois, c’est partir à l’aventure.»

Une pionnière

C’est pour embellir sa boutique de matériel d’art, située sur la rue Saint-Dominique, que Janie Gauthier a plongé pour la première fois. Se disant que tout valait mieux que de la tête gaufrée, elle avait travaillé sur un mur avant de s’attaquer à la façade, deux ans plus tard. Même s’il était interdit de faire ce genre de chose dans son arrondissement, ça ne l’a pas inhibée.

«J’ai fait de la désobéissance civile, lance l’artiste en riant. Depuis ce temps, d’autres fresques ont été réalisées à Jonquière, ce qui me fait dire que j’ai ouvert la voie.» Pour revenir à la nouvelle oeuvre, qui a été inaugurée mercredi, elle l’avait laissée tranquille pendant quelques semaines avant d’y jeter un oeil, plus tôt cette semaine.

«J’ai fait un saut en la voyant. J’ai trouvé ça vraiment beau. Je suis contente», confie Janie Gauthier. Pour l’heure, aucune autre murale ne figure dans ses plans, mais c’est normal. À partir de la rentrée, en effet, elle donnera des cours de peinture, en plus de veiller à la bonne marche de sa boutique, qui a pour nom L’Atelier d’art.