Le charme qu'exerce la Maison coupée en deux rayonne à l'extérieur de la région, affirme le dramaturge Jimmy Doucet.

La Maison coupée en deux: pour une fois que ce n'est pas la faute du «yâb»

Des bruits se font entendre, quelque chose de sourd dont la provenance est imprécise. Un homme apparaît, l'air inquiet, rejoint par deux femmes tout aussi nerveuses. «Ça doit être le yâb», dit l'un des membres du trio, une hypothèse aussitôt démentie par le principal intéressé, qui passe en coup de vent. «Ce n'est pas moi. Je suis en train de couper mon gazon», lance le sympathique personnage.
Pour connaître la suite de cette drôle d'histoire esquissée vendredi, lors d'une rencontre de presse tenue à Saint-Fulgence, il faudra assister à l'une des 14 représentations de Contes et légendes du Saguenay-Lac-Saint-Jean, un spectacle signé Jimmy Doucet. Pour un deuxième été consécutif, il élira domicile dans le lieu le plus célèbre du village après les battures: la Maison coupée en deux.
Bien sûr, l'auteur et metteur en scène était présent. Il venait de souligner que la maison faisait parler d'elle à l'extérieur de la région lorsque les comédiens l'ont interrompu. Reprenant le fil de son propos après leur départ, le Jeannois s'est réjoui de la visibilité dont jouit ce théâtre aux airs de maison de poupée. «Cette pièce représente qui on est. Elle le fait avec classe, tout en nous permettant d'avoir du fun en maniant l'humour», a-t-il indiqué.
Le texte de l'an dernier a été renouvelé dans une proportion de 25%, mais ceux qui ont aimé le segment consacré à la pouceuse du Parc des Laurentides n'ont rien à craindre. Il sera de retour. En plus des comédiens professionnels, des bénévoles participent au spectacle et leur contribution a été saluée avec chaleur par Jimmy Doucet.
Ils sont tellement maillés à ses productions que le ministère de la Culture et des Communications du Québec l'a contacté il y a quelques mois. Au début, l'homme a cru à une erreur, se jugeant peu représentatif de la scène théâtrale. Ses interlocuteurs lui ont alors expliqué que c'est son aptitude à mobiliser les gens qui avait attiré leur attention. «J'ai développé une expertise dont je suis fier. Le rôle des bénévoles est de plus en plus important», a-t-il mentionné.
De grandes ambitions
En attendant de voir ce que donnera le partenariat entre Jimmy Doucet et le ministère, les amateurs de théâtre pourront revisiter les légendes locales à compter du 29 juin. Des représentations seront données les jeudis et vendredis à 19h30, et ce, jusqu'au 11 août. Pour réserver une place, on pourra se pointer à la billetterie le soir même ou téléphoner au numéro 418-815-3619. Il est également possible de se rendre à l'adresse maisoncoupeeendeux.com.
Le succès connu l'an dernier, alors que les représentations ont attiré 120 personnes, en moyenne, a incité Jessica Fortin-Simard, coordonnatrice de la Maison coupée en deux, à hausser la mise en ce qui touche la promotion. «On en fait dans la région et à l'extérieur», confirme la jeune femme, dont l'optimisme est partagé par le maire Gilbert Simard. «Les milieux ruraux sont le terrain de jeux des grandes villes», a-t-il énoncé.
La rencontre de presse a été couronnée par une dégustation de bière, la blanche au thé concoctée par la Saint-Fût. Cette microbrasserie naissante va emménager dans l'Édifice municipal de Saint-Fulgence à l'automne 2018. Dans l'intervalle, elle profitera des représentations de Contes et légendes du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour tenir terrasse devant son futur «home». Une bière avec vue sur le cimetière et, accessoirement, le fjord. Qui pourrait résister?