Assister à un spectacle du Choeur Expérience Gospel, c’est partager la ferveur de ses membres, tout en appréciant la qualité de leurs interprétations, un bonheur qu’ont ressenti les 800 personnes rassemblées au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, dimanche après-midi.

La magie du Choeur Expérience Gospel

Pendant près de trois heures, dimanche après-midi, 800 personnes se sont retrouvées ailleurs qu’au Saguenay, même si elles étaient rassemblées au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi. Elles ont pu s’imaginer au sud des États-Unis, dans un temple où régnait une ferveur inhabituelle sous nos latitudes, grâce au spectacle de Noël du Choeur Expérience Gospel.

Tous les billets étaient vendus depuis un mois, signe d’un engouement qui ne cesse de croître depuis les débuts de la formation, le 14 décembre 2014. Les gens qui avaient rempli la salle il y a un an savaient à quel point le gospel fait du bien à l’âme. Il restait à vérifier si la magie opérerait une nouvelle fois, un suspense qui n’a pas duré bien longtemps. Dès les premières minutes, le public a réalisé que ce ne serait pas un concert comme les autres.

Le Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi était plein comme un oeuf, dimanche, lors du spectacle de Noël présenté par le Choeur Expérience Gospel. Son programme comportant des classiques du répertoire, dont plusieurs qui donnaient le goût de danser, a suscité l’enthousiasme du public.

Seule au milieu de la scène, la codirectrice du choeur, Marie-Ève Tremblay, s’est mise à chanter sous le regard des quatre musiciens, qui avaient pris congé de leurs instruments. La foule a alors vu les choristes entrer par les portes de côté, chacun tenant une petite lampe. Était-ce un clin d’oeil au cantique de Bach, celui où résonne cet appel à la mobilisation : « Levez-vous et prenez vos lampes » ? Toujours est-il que cette image a frappé les esprits, tout comme le chant His Mercy Is More, livré a cappella.

Ces personnes qui n’étaient que des silhouettes ont pris place sur la tribune, les hommes au centre, nichés entre deux sections accueillant leurs consoeurs. Ils sont 46 chanteurs, au total, parmi lesquels on retrouve plusieurs artistes professionnels. Et l’un d’eux, Alain Bélanger, a pris la parole afin d’exprimer la gratitude de ses camarades. « Merci d’être venus si nombreux », a-t-il mentionné, avant d’identifier le premier thème intégré au programme : l’abondance.

Assister à un spectacle du Choeur Expérience Gospel, c’est partager la ferveur de ses membres, tout en appréciant la qualité de leurs interprétations, un bonheur qu’ont ressenti les 800 personnes rassemblées au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, dimanche après-midi.

Ce bloc a été dominé par une version rythmée, joyeuse, de la pièce The Battle Hymn Of The Republic. Elle a été pulsée doucement par un amalgame de cymbales et de guitare acoustique sur lequel se sont posées les voix des choristes. Ils ont chanté « Glory ! Glory ! Hallelujah ! » avec une ferveur contenue, puis de plus en plus manifeste, ce qui a fait jaillir les premiers cris jumelés aux applaudissements.

Un autre moment fort est survenu dans le bloc suivant, celui consacré au recueillement. Des enfants ont rejoint le choeur afin de reprendre l’hymne de John Lennon, Imagine. Leurs voix délicates, laissant filtrer un reste de vulnérabilité, ont exprimé avec éloquence l’idéalisme de l’ex-Beatle avant de s’engager dans Il faudra leur dire, de Francis Cabrel. La transition a été négociée sans coup férir et les spectateurs ont salué cette performance en se levant spontanément.

Assister à un spectacle du Choeur Expérience Gospel, c’est partager la ferveur de ses membres, tout en appréciant la qualité de leurs interprétations, un bonheur qu’ont ressenti les 800 personnes rassemblées au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, dimanche après-midi.

Ça faisait beaucoup d’émotions, si tôt dans le programme. Pour délier les choses, le choeur a invité Sylvie DesGroseilliers à chanter Joy To The World, ce que la dame a fait avec panache. Elle a dansé, tout comme ses vis-à-vis, et tricoté une interprétation à mi-chemin entre le gospel et le rythm’n’blues, dont la conclusion frénétique a chassé toute trace de morosité qui aurait pu s’incruster dans la salle.

C’était remarquable, mais pas autant que sa version de All God’s Children Got Soul, offerte après la pause, avec l’appui de trois choristes. Ses échanges avec elles sur des arrangements délicieusement funk ont réveillé le souvenir de vieilles interprétations de Proud Mary où Tina Turner et les Ikettes s’échangeaient des « ouh ouh » complices. C’était à ce niveau-là.

Assister à un spectacle du Choeur Expérience Gospel, c’est partager la ferveur de ses membres, tout en appréciant la qualité de leurs interprétations, un bonheur qu’ont ressenti les 800 personnes rassemblées au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, dimanche après-midi.

La fin du spectacle a remis le gospel à l’avant-plan, notamment sur Glory To The Newborn King. Là aussi, le choeur et Karianne Gilbert, qui a assumé le rôle de soliste avec aplomb, ont déménagé pour la peine. La finale était magnétique, avec la Jeannoise qui lançait des « Jésus ! » enthousiastes en dansant au bord de la scène. Un aveugle aurait recouvré la vue qu’on n’aurait pas été surpris.

Plus sage, le Christmas Worship Medley a permis aux trois directeurs de la formation, un groupe complété par Marie-Noëlle Claveau et Patrice Arton, d’alterner à la tribune. Ce fut la dernière pièce au programme, mais parions que de nombreux spectateurs sont retournés à la maison en se remémorant le morceau de bravoure qui l’a précédé, More Abundantly.

Assister à un spectacle du Choeur Expérience Gospel, c’est partager la ferveur de ses membres, tout en appréciant la qualité de leurs interprétations, un bonheur qu’ont ressenti les 800 personnes rassemblées au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, dimanche après-midi.

C’est du gospel comme dans les films, plus rythmé qu’une chanson rock, avec tout le monde qui bat la mesure, y compris dans la salle, où peu de gens sont restés assis. À un moment donné, Marie-Ève Tremblay dirigeait le choeur en bougeant à la façon d’un boxeur, pointant à gauche, à droite, au centre, afin de donner la parole à une section en particulier. Chaque fois, le même mot revenait, joy, et les tonalités vocales changeaient si vite qu’on se croyait revenu à l’ère – très brève – du disque quadraphonique.

Ce sont des performances de cette nature, si inhabituelles, immensément divertissantes, qui expliquent la popularité du Choeur Expérience Gospel. Ajoutez l’excellent travail des musiciens dirigés par William Croft et vous obtenez un spectacle qui, l’année prochaine, va encore afficher complet à son retour au Théâtre Banque Nationale. Et peut-être que ce jour-là, on verra apparaître des revendeurs aux abords de la salle. Au train où cette chorale est partie, ce ne serait pas étonnant.