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C’est à vélo que Nadia Bertrand et Sébastien Dubois se déplaçaient au Costa Rica, lorsque la cinéaste Claudia Chabot est allée à leur rencontre.
C’est à vélo que Nadia Bertrand et Sébastien Dubois se déplaçaient au Costa Rica, lorsque la cinéaste Claudia Chabot est allée à leur rencontre.

La Macha, documentaire de Claudia Chabot, projeté à Nazareth

Daniel Côté
Daniel Côté
Le Quotidien
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La première mondiale du documentaire La Macha, réalisé par la Saguenéenne Claudia Chabot, a eu lieu en Israël. Il a été présenté le 7 juin, dans le cadre du Near Nazareth Festival, une destination qui cadre bien avec le sujet abordé. C’est en effet le portrait de deux artistes pour qui le nomadisme constitue un art de vivre. D’abord en solo, puis avec son conjoint Sébastien Dubois, Nadia Bertrand a trouvé le moyen d’être libre grâce à un modus operandi peu conventionnel.

Se déplaçant en vélo, avec un minimum de bagages, ils pratiquent le troc afin de trouver de quoi se nourrir et se loger. Souvent, c’est en produisant une fresque ou un tableau que le duo assure sa subsistance, tout en tissant des liens étroits avec ses hôtes. Au plaisir de découvrir de nouveaux lieux se superpose celui que procurent ces rencontres, une démarche qu’illustre le film d’une durée de 55 minutes.

Le documentaire <em>La Macha</em>, réalisé par la Sagueéenne Claudia Chabot, a été présenté pour la première fois le 7 juin, dans le cadre du Near Nazareth Festival. Ce dessin a été créé par Nadia Bertrand, le personnage central du film avec son conjoint, Sébastien Dubois.

« Les thèmes qui ressortent sont l’amour, le voyage et le sport, mais par-dessus tout la liberté. S’acceptant telle qu’elle est, Nadia a choisi un mode de vie qui lui convient. Nous nous sommes connues à l’époque où elle étudiait à l’UQAC et à ce moment-là, elle faisait de l’art contemporain. Aujourd’hui, par contre, on sent l’influence exercée par ses échanges, de même que les lieux visités », a raconté Claudia Chabot au cours d’une entrevue accordée au Quotidien.

Sortir de sa zone

Après avoir exploré plusieurs pays d’Asie et d’Europe, Nadia Bertrand a migré vers le Costa Rica avec Sébastien Dubois. C’est là que la cinéaste est allée les rejoindre en compagnie du musicien Charles Côté, dont la maîtrise de l’espagnol fut d’un précieux secours. C’est également lui qui a effectué la prise de son, tandis que la réalisatrice captait les images. On était loin d’un dispositif hollywoodien. Néanmoins, le film rend justice à la beauté du pays et de ses gens.

Nadia Bertrand crée des oeuvres d’art afin de voyager, une pratique qui se trouve au coeur du film <em>La</em> <em>Macha</em>.

« Fonctionner d’une manière aussi spontanée m’a sortie de ma zone de confort, reconnaît Claudia Chabot. J’étais partie avec un scénario. J’avais creusé le sujet avec l’idée de tourner un court métrage, mais rendue à l’étape du montage, j’ai compris qu’il faudrait plus de temps pour faire le tour du sujet. Comme je n’avais jamais travaillé sur une oeuvre aussi longue, ce fut un gros défi. »

Côtoyer le couple d’aussi près, pendant un mois, n’a pas attiédi l’admiration qu’elle lui voue. Au contraire, son choix de vie pleinement assumé, son authenticité, sa manière d’être empreinte de sérénité, font de lui un modèle qui correspond aux valeurs dont de plus en plus de personnes se réclament. « Ils sont sympathiques, inspirants et détachés de la matérialité. Eux, ils prennent le temps d’être avec les gens », fait observer la cinéaste.

<em>La</em> <em>Macha</em> est le plus long film de la réalisatrice Claudia Chabot. Le sujet s’est révélé si inspirant qu’elle n’a pas eu le choix de réviser ses plans, qui consistaient à produire un court métrage.

D’autres sorties à prévoir

Son portrait documentaire était inscrit dans la sélection officielle du Near Nazareth Festival où, comme on s’en doute, elle n’a pu l’accompagner. Le fait qu’il ait été accepté constituait déjà une bonne nouvelle, l’aboutissement d’une démarche étalée sur quatre ans. D’autres festivals ont été contactés par la bande Sonimage, qui assure la distribution de La Macha. « Ce documentaire ira ailleurs », anticipe Claudia Chabot, qui cherche aussi une façon de le diffuser dans la région.

En attendant, elle l’a montré aux principaux intéressés, qui ont dû revenir au Québec en raison de la pandémie. « Ils ont été touchés que je leur donne cette place dans un film. De mon côté, je trouve intéressant que La Macha sorte en ce moment, alors qu’on émerge de la crise. Plusieurs revoient leurs priorités, souhaitent ralentir, ce qui me semble sain », énonce la réalisatrice, dont le projet a reçu l’appui du programme Aide au cinéma indépendant de l’Office national du film.