Voici Aut’Chose tel qu’il est apparu en 2016, au Sous-Bois de Chicoutimi. Toujours mené par Lucien Francoeur, le groupe se produira le 30 août, à l’auberge Île du Repos de Péribonka.

La légende d’Aut’Chose revivra à Péribonka

Membre de la version moderne d’Aut’Chose depuis l’enregistrement de l’album Chansons d’épouvante, en 2005, le guitariste Vincent Peake est toujours content de prendre la route avec son leader, le légendaire Lucien Francoeur. Leur prochaine sortie les mènera à l’auberge Île du Repos de Péribonka, où ils se produiront le 30 août à 21h. Comme les gars n’ont pas travaillé ensemble depuis le début de l’été, ce spectacle aura des airs de retrouvailles.

«Nous jouons de six à 12 fois par année. La dernière fois que je l’ai vu, Lucien allait bien et sur scène, il a toujours de bonnes histoires à raconter. Comme il possède une belle verve, des fois, ça devient comme un spectacle d’humour. Il a vécu tellement de choses que ses histoires ne sont jamais les mêmes. C’est un grand livre ouvert sur les années 1960», s’est émerveillé le musicien il y a quelques jours, lors d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Le groupe dont fait également partie le batteur de Voivod, le Jonquiérois Michel Langevin, reprend les classiques des années 1970. On pense à Nancy Beaudoin, Hollywood en plywood, Ch’t’aime pis ch’t-en veux, Hey You Woman et Comme à radio, l’hommage du grand escogriffe à Brigitte Fontaine. Les musiques sont plus musclées qu’avant, vu les antécédents punk et metal de ses partenaires. La présence du guitariste Jacques Racine, cofondateur d’Aut’Chose en 1971, constitue cependant un gage d’authenticité.

«À l’exception de Hey You Woman, une pièce où on fait chanter le public, où ça peut dégénérer, les chansons sont structurées. C’est même assez prog, en particulier sur Hollywood en plywood, rapporte Vincent Peake. En même temps, j’aime les textes de Lucien, sa poésie de ruelle, son côté beatnik, subversif. Il a toujours été dans la marge, alors qu’à ses débuts, c’est le courant hippie qui était populaire au Québec.»

Ce qui est tout aussi remarquable, c’est le fait que la formation actuelle dure depuis plus longtemps que l’originale, dissoute en 1976.

Elle aussi a vécu des moments forts, qu’on pense à la participation du guitariste Denis D’Amour à Chansons d’épouvante. «Cet album constitue son dernier témoignage musical, puisqu’il est mort deux mois plus tard, à la suite d’un cancer. On ne savait pas qu’il était si malade», raconte Vincent Peake.

Cet enregistrement est le seul d’Aut’Chose dans la version actuelle, mais les fans pourraient avoir de nouvelles pièces à découvrir dans un avenir rapproché.

Trois compositions originales ont été créées l’hiver dernier, en effet, et il suffirait d’une semaine de travail intensif pour justifier la sortie d’un album. Mais encore faut-il que Lucien Francoeur se sente d’attaque.

«Ça dépend de notre capitaine. Après avoir assisté aux sessions, ce serait à lui de produire des textes afin qu’on puisse aller en studio», fait observer Vincent Peake.

L’idée serait de lancer le disque en 2021, histoire de souligner les 50 ans du groupe, mais au préalable, il y a Péribonka et la promesse qu’il ne s’agira pas d’Une nuit comme une autre, ainsi que le suggérait le deuxième vinyle d’Aut’Chose.