Mélanie Potvin offre une performance décoiffante dans le spectacle La la la... C’est Nowell, où elle incarne une hôtesse décrivant la meilleure façon de gérer un party des Fêtes. La première de ce spectacle du Théâtre 100 Masques a eu lieu vendredi soir, au Côté-Cour de Jonquière.

La la la...C’est Nowell: une soirée instructive avec Martha Watier

Imaginez un croisement trash de Martha Stewart et Lise Watier, avec un parler très régional et une propension à remplacer le mot approprié par un autre qui ne lui ressemble que de loin. Cette créature improbable, qui se fait appeler Martha Watier, vient de ressortir de sa boîte à malices à l’invitation du Théâtre 100 Masques. Elle a lancé, vendredi soir, une série de trois représentations du spectacle La la la...C’est Nowell.

Il suffisait de voir la scène du Côté-Cour de Jonquière meublée par une imitation de faux sapin, une table prête à accueillir la visite, de même que six choristes parquées dans une manière d’enclos, pour deviner que la soirée passerait vite. Cette impression fut confirmée lorsque la dame incarnée par Mélanie Potvin (auteure des textes avec Dario Larouche) a partagé ses connaissances encyclopédiques sur l’art de recevoir avec 80 personnes qui, malheureusement, étaient trop occupées à rire pour prendre des notes.

Vêtue de brillants, coiffée d’un chou rouge comme ceux qui ornent les cadeaux, Martha Watier se présente comme une femme méthodique. Dans la première des neuf leçons livrées par ses soins, par exemple, elle décrit l’océan de réflexion qui précède le choix des invités : « Où les trouve-t-on ? Dans votre poche ? Non. À Labrecque ? No way ! » Et la voici qui écrit des lettres sur une énorme machine à écrire, ce qui vaut mieux, à ses yeux, qu’un mot sur Facebook.

Plus loin, l’hôtesse exemplaire dresse le plan de table, source de tous les pièges. Dans l’une des rares allusions à l’actualité intégrée au spectacle, elle anticipe une lourde ambiance si on place ensemble « un ancien maire de la rivière Saguenay qu’on a déjà oublié et un député de la Jonquille », ce qui a eu l’heur d’amuser Sylvain Gaudreault, assis dans les premières rangées.

Ces perles de sagesse alternent avec des chansons offertes avec la complicité des choristes. Les airs sont familiers, mais pas les paroles, comme la fois où sur la musique de Santa Claus Is Coming To Town, les interprètes évoquent le déballage des cadeaux en lançant : « Je donne des cochonneries, ce soir ». Le sentier de neige, lui, devient Le dentier de pépère, qu’une invitée retrouve dans la gueule du chat.

À ce chapitre, l’un des beaux moments de la soirée a été la version de Minuit, chrétiens offerte par les choristes qui, pour une fois, ont pu se déployer sur la scène pendant que Martha Watier vaquait à l’arrière-plan. Il a été question des jeux de société qui animent tant de partys des Fêtes, ainsi que des parties de cartes qui finissent mal. La gestuelle des chanteuses, autant que le mariage de leurs voix, étaient agréables à voir et à entendre.

N’empêche que c’est le dernier numéro, un solo coquin de l’hôtesse, qui a provoqué les rires les plus sonores et les plus persistants. « C’est la neuvième leçon et la plus importante », avait-elle mentionné. Le texte, ainsi que l’interprétation gaillarde, mériteraient d’être relatés dans cet article, mais il serait bête de gâcher le plaisir de ceux qui, samedi à 19 h et dimanche à 14 h, assisteront au spectacle. Une chose est sûre. Ils ne regretteront pas d’avoir célébré Noël avant le temps.