Le public prend plaisir à retrouver Mimi (Brigitte Lafleur), grandement inquiète pour l'avenir de sa relation amoureuse.

La Galère sur scène: Comme des vieilles amies

CRITIQUE / On s'ennuyait de Mimi, Claude, Isa et Steph. Les personnages de La Galère ont évolué au petit écran pendant trois ans. On s'est attaché à elles. Elles sont devenues un peu comme des copines à la fois amusante, mais aussi rassurante. Comme on dit, quand on se compare, on se console! C'est donc un peu avec l'impression de retrouver de vieilles amies que quelque 2280 personnes, surtout des représentantes de la gent féminine, ont réservé un siège pour l'une ou l'autre des trois représentations offertes au Théâtre Banque Nationale samedi et dimanche.
Le public prend plaisir à retrouver Mimi (Brigitte Lafleur), grandement inquiète pour l'avenir de sa relation amoureuse.
Amener La Galère sur scène, trois ans après la fin de la série télévisée, relevait du défi. D'abord, les possibilités télévisuelles n'ont rien à voir avec ce que permet la scène. Par ailleurs, l'histoire de La Galère repose sur la complicité entre quatre personnages, inévitablement aussi entre quatre comédiennes, et l'une d'entre elles a dû abandonner le navire en chemin.
Le public de partout au Québec répond tout de même présent à l'invitation de l'auteure Renée-Claude Brazeau qui propose un spectacle d'un peu plus d'une heure et demie sans entracte, mis en scène par André Robtaille.
Samedi après-midi, l'arrivée des quatre comédiennes a été saluée d'applaudissements. Diffusion Saguenay avait ajouté une représentation à 16h, afin de combler les fans trop nombreux pour les deux séances d'abord prévues samedi et dimanche soir.
Anne Casabonne (Claude) et Catherine Proulx-Lemay (qui campe Steph en alternance avec Marilyse Bourke) ont fait leur apparition, avant d'être rejointes par Geneviève Rochette (Isa) et Brigitte Lafleur (Mimi). Les quatre filles se retrouvent en robe de soirée, dans une salle de bains où devant le miroir, elles dévoilent tous leurs secrets. Un journaliste entend tout. C'est là que la galère commence!
L'histoire se situe trois mois avant la fin du mandat de Marc, le mari de Steph, premier ministre du Québec. Les filles se préparent à partir à Disney avec leurs 13 enfants «non reconnaissants». L'Alzheimer force Isabelle à tout noter dans un cahier et incite Claude, qui cherche à devenir connue, à tout lui pardonner. Steph est «à boutte» de ses enfants et de sa vie en général. Mimi est inquiète pour sa relation amoureuse. On ne change pas l'essence des personnages.
L'histoire qui nous est racontée sur scène est tout sauf plausible, mais personne ne s'attend à voir un épisode supplémentaire de la série télévisée. Avec La Galère sur scène, l'équipe a ramené la folie de Mimi, Isa, Claude et Steph sur les planches.
C'est certainement le personnage de Claude, éclaté et cinglant, qui se prête le mieux au jeu. Anne Casabonne propose une Claude dans toute sa splendeur et offre au public les meilleures répliques du spectacle.
Il est plus difficile de conserver sur scène la douceur d'une Isabelle. L'Alzheimer a sans doute changé le personnage, mais on ne le reconnaît pas toujours. Mimi est toujours candide, mais elle n'a pas hérité des répliques qui auraient pu mettre le personnage en valeur.
Chapeau à Catherine Proulx-Lemay qui par ses gestes, sa façon de parler et même son aspect physique, parvient à proposer une Steph en tous points semblable à celle que campait Hélène Florent au petit écran.
Seul le personnage de journaliste accompagne les comédiennes sur scène. La Galère, c'est aussi beaucoup la ribambelle d'enfants qui les entourent. Leur absence se fait malheureusement sentir.
Renouer avec de vieilles copines, après quelques années d'éloignement, dans un nouveau contexte, c'est aussi prendre le risque de découvrir que les choses ont un peu changé. Mais différent ne veut pas dire désagréable, loin de là.
Après la représentation de dimanche, 20h, au Théâtre Banque Nationale, La Galère sur scène sera de retour dans la région à l'automne 2017. Des représentations sont prévues les 28 et 29 septembre à la Salle Michel-Coté d'Alma, ainsi que les 30 septembre et premier octobre à la Salle Desjardins Maria-Chapdelaine de Dolbeau-Mistassini.