La force de la photo de presse

Avec le vernissage de cinq expositions, jeudi soir, qui a réuni plusieurs dizaines de personnes à La Pulperie de Chicoutimi, le Zoom Photo Festival Saguenay souligne l’importance de présenter au public le travail des photographes de presse, ce qu’il fait jusqu’au 12 novembre.

« À ce moment où les médias et les photographies sont beaucoup critiqués, c’est important de se réunir pour parler de notre métier et combattre les préjugés. Quand on m’a parlé de Zoom l’an dernier, je ne connaissais pas vraiment Saguenay. Quand j’ai vu que c’était le premier festival de photojournalisme au Canada, j’ai compris la nécessité d’être présent », a déclaré lors de l’évènement le photographe Francis Kohn, qui a récemment pris sa retraite de l’Agence France-Presse. L’agence de presse mondiale offre en moyenne 3000 photos par jour et présente une rétrospective annuelle au musée régional.

Directeur général du festival, Michel Tremblay a rendu hommage au travail « essentiel » des photojournalistes, dont la force de leurs images amène les gens à réfléchir sur des sujets aussi variés que les changements sociaux, l’environnement ou les droits humains. « Ça nous pousse à revoir nos idées préconçues », ajoute-t-il.

Plus d’une centaine de personnes, dont des intervenants du milieu culturel saguenéen, des politiciens municipaux, des membres des médias et bien sûr des photographes, ont pris part à la soirée protocolaire de cette huitième édition. La foule a pu en profiter pour admirer les clichés clés de 2016 de l’Association des photographes de presse du Canada, exposés dans le hall de La Pulperie de Chicoutimi.

L’horreur chez nous

Outre le vernissage des expositions du World Press Photo et Le Canada en 4638 kilomètres par Nam Phi Dang du Globe and Mail, la soirée était aussi en l’honneur de L’horreur chez nous présentée par Groupe Capitales Médias (GCM). En une vingtaine de photographies, les visiteurs peuvent se remémorer le drame du 29 janvier 2017 lorsqu’un tireur a ouvert le feu au Centre culturel islamique de Québec. Six hommes ont été tués et plusieurs autres ont été blessés. 

« Nous avons été les premiers à montrer des images au monde de la tragédie. On a vu le pire de l’humanité avec la barbarie le soir de la tragédie, mais aussi le meilleur avec la solidarité qui a suivi durant cette semaine. On a réalisé alors comment le travail des photographes est fondamental. On s’est aussi posé beaucoup de questions sur ce qu’il fallait montrer », a confié le rédacteur en chef du quotidien Le Soleil, Gilles Carignan.

En tant que président-éditeur du journal Le Quotidien et représentant de GCM, Michel Simard a mentionné le « devoir de mémoire » que les photographies permettent aux citoyens de faire. Il s’est aussi dit très fier de voir prospérer le festival fondé par des photographes de son média.

Plusieurs activités sont organisées avec les photographes invités jusqu’à samedi. En plus de La Pulperie, des expositions sont en cours à la bibliothèque de Chicoutimi, au Centre des arts et de la culture, à la Maison du développement durable, au Pavillon des croisières de La Baie, au Centre culturel du Mont-Jacob, au Cégep de Jonquière et sur le pont de Sainte-Anne.