Sur cette photographie déjà ancienne, puisqu’elle a été captée en 2011, on voit celui qui fut coordonnateur culturel au sein des Productions de l’Ours, Martin Girard, à l’intérieur du Sous-Bois. Après la disparition de cette salle en 2017, voici que l’organisme sans but lucratif qui en assumait la gestion ferme les livres. Cette décision a été officialisée mercredi, par le biais d’un avis de liquidation et de dissolution paru dans Le Quotidien.

La fin pour Les productions de l'Ours

Une petite note dans Le Quotidien de mercredi. Une phrase mentionnant que Les Productions de l’Ours demandaient au Registraire des entreprises la permission de se dissoudre. C’est ainsi qu’a pris fin, officiellement, la belle aventure du Sous-Bois de Chicoutimi. Après la fermeture de la salle en 2017, voici que l’organisme qui avait pour mission de l’animer ferme les livres.

La décision a été prise au printemps, mais quelques mois se sont écoulés avant que la procédure ne devienne publique. Le groupe de bénévoles qui gravitait autour des Productions de l’Ours avait le goût de poursuivre ses activités, mais comment y arriver sans salle et sans argent? Un dernier spectacle a eu lieu au Café Cambio le 29 décembre, mettant en vedette la formation régionale Chassepareil. Puis, on a examiné différentes options, dont celle de la Marina de Chicoutimi, avant de se résigner.

«Le spectacle des Fêtes a constitué un bon test. Nous avons vu comment ça se passe quand il faut louer un espace, l’aménager et tout défaire à la fin de la soirée. Au sein du comité, nous n’étions pas prêts à répéter l’expérience», a raconté Shirley Claveau, l’une des personnes actives au sein de l’organisme, au cours d’une entrevue accordée au Progrès.

Néanmoins, le groupe a envisagé la possibilité de migrer au Cabaret des artistes, une salle aménagée en haut de la rue Racine. L’arrimage ne s’est pas concrétisé, mais l’espoir d’une relance à la Marina est apparu. La direction était ouverte à la tenue de spectacles à caractère alternatif, semblables à ceux qui ont fait les beaux jours du Sous-Bois.

On aurait pu en présenter trois ou quatre par année, une perspective qui s’est évaporée lorsque les artisans du festival La Noce, qui évoluent dans les mêmes eaux, sont arrivés dans le décor au printemps. «Quand nous avons appris qu’ils tiendraient leur conférence de presse à la Marina, nous avons réalisé qu’ils avaient eu la même idée et nous nous sommes retirés. Eux, c’est leur métier. Ils font ça à temps plein, contrairement à nous», explique Shirley Claveau.

Elle ajoute que la décision de dissoudre Les Productions de l’Ours a été prise sereinement, d’autant que les membres du comité ont pris de l’âge et qu’ils voient d’autres priorités baliser leurs vies. L’énergie vitale qu’il faut déployer pour soutenir un projet de diffusion était moins présente. Il reste donc le souvenir de ce qui a été accompli au Sous-Bois, cette salle qui, pendant plusieurs années, a attiré des artistes de renom et fidélisé un public jeune, plus aventureux dans ses choix.

«Ce fut un beau moment vécu au centre-ville de Chicoutimi. On a créé un besoin et permis aux spectateurs de faire des découvertes chaque semaine, à des prix abordables. Le sentiment d’appartenance était fort. C’est un endroit que les gens aimaient d’amour, mais quand le propriétaire du bâtiment a augmenté le loyer, quand le projet de relocalisation de l’autre côté de la rue a échoué, c’est devenu compliqué», résume Shirley Claveau.