Julie Lévesque prend la relève d’Ariane Blackburn à la tête des Farandoles, une transition effectuée en douceur, puisqu’elle a été planifiée de longue date. La troupe établie à Chicoutimi demeurera centrée sur les danses du monde, ce qui ne l’empêche pas d’aborder des genres tels le contemporain, la danse urbaine et la gigue québécoise.

La fin d’un règne de 44 ans à la tête des Farandoles

Au moment de prendre sa retraite en tant que directrice artistique et directrice générale de la troupe de danse Les Farandoles, Ariane Blackburn a le sentiment du devoir accompli. Après 44 ans à la barre de cette organisation, un règne amorcé à l’aube de la vingtaine, elle est heureuse de souligner que les finances sont saines sans se révéler florissantes, tandis que la participation aux cours et aux compétitions demeure soutenue.

« Je laisse une école en santé aux plans financier et artistique, avec une relève ‘‘up to date’’. Nous formons la troupe folklorique la mieux organisée au Québec et cet accent sur les danses du monde va demeurer au coeur de notre mission, sans toutefois nous empêcher d’aborder d’autres genres comme la danse urbaine, le contemporain et la gigue québécoise », a affirmé l’enseignante et chorégraphe au cours d’une entrevue accordée au Progrès.

Sa décision de quitter les Farandoles a été prise en 2016, à la suite des fêtes entourant le 50e anniversaire de la troupe établie à Chicoutimi. Elle fut facilitée par la présence dans les rangs de Julie Lévesque, qui assumera la succession à titre de directrice administrative. Elle a suivi ses premières leçons à l’âge de cinq ans, développant très tôt un intérêt pour les danses du monde. Puis est venu l’enseignement, qui a embrassé différentes disciplines, et dix années au sein d’Ecce Mundo.

« Je connais bien l’école actuelle, de même que son passé. J’ai connu l’époque des grands spectacles et j’ai coordonné le secteur public de 2016 jusqu’à aujourd’hui, ce qui englobe les cours du soir et ceux destinés aux adultes. Mon sentiment d’appartenance est très fort », fait observer la jeune femme. En incluant le fondateur Jacques Biron, présent de 1966 à 1974, elle est la troisième personne seulement à présider aux destinées des Farandoles.

Nouvelles avenues

Pour le grand public, l’école demeurera éternellement associée aux spectacles à grand déploiement proposés pendant près de 30 ans. Il y a eu le Can-Can du Carnaval-Souvenir de Chicoutimi, ainsi que les productions estivales comme Paris Folies et Ecce Mundo, qui ont suscité un achalandage substantiel jusqu’à l’ultime représentation donnée en 2011.

Ce cycle est bel et bien terminé, confirme Ariane Blackburn qui, longtemps, a porté le deuil de cette période faste. Le feu n’est pas éteint complètement, toutefois, et ne le sera sans doute jamais. Si par miracle, les autorités municipales exprimaient le désir de faire revivre ce créneau, l’ancienne directrice sortirait volontiers de sa retraite, ne serait-ce qu’à titre de consultante.

Or, l’avenir prend une couleur différente, notamment pour les élèves qui désirent poursuivre leur cheminement en danse à la fin du programme sport-arts-études. Jadis, ils auraient trouvé un défi à la hauteur de leurs aspirations dans les grands spectacles. Désormais, c’est par le biais du volet compétitif, de plus en plus populaire, que passe leur engagement.

Dans le hip-hop, les troupes Droïd et V-NUM mobilisent les danseurs d’élite et les jeunes, tandis que la troupe Folkadanse, fondée il y a un an, regroupe les gens férus de gigue québécoise et des danses du monde. Ajoutez la troupe CLF, spécialisée dans le contemporain, et Génération X, qui fait danser les parents des jeunes compétiteurs, et vous obtenez un éventail d’options qui fait la fierté de Julie Lévesque.

« La compétition, c’est la folie présentement. Au sein de Génération X, par exemple, on retrouve une dizaine de membres qui effectueront des sorties en même temps que leurs enfants, dans les mêmes épreuves tenues ici et dans d’autres régions. Tout en abordant différents styles, ils vont vivre les mêmes choses que ces jeunes », énonce la directrice administrative.

Elle précise que le nombre d’inscriptions pour l’année qui commence s’élève à 700, toutes activités confondues. La fréquentation se maintient, même qu’il faut offrir des cours ailleurs qu’au Cégep de Chicoutimi, faute d’espace. À cet égard, la troupe attend des nouvelles de la ville de Saguenay, qui planche sur un plan de relocalisation touchant différents organismes culturels. Personne, toutefois, ne retient son souffle.

« Ça fait 15 ans qu’on en parle », philosophe Ariane Blackburn qui, bien qu’elle soit à la retraite, continuera de siéger au conseil d’administration des Farandoles.