Le public était convié à une lecture-spectacle à la Salle Pierrette-Gaudreault du Mont-Jacob jeudi soir. Catherine de Léan a proposé plusieurs extraits de La femme qui fuit, récit de sa grande amie Anaïs Barbeau-Lavalette.

La femme qui fuit sur scène: des mots maniés avec force

Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées à la Salle Pierrette-Gaudreault du Mont-Jacob de Jonquière jeudi soir. Ensemble, elles ont bu les mots d’Anaïs Barbeau-Lavallée, prononcés par sa grande amie Catherine de Léan et appuyés par la musique de Bernard Falaise.

Anaïs Barbeau-Lavalette sait manier les mots avec force et beauté. Catherine de Léan sait les transmettre. Ensemble, les deux grandes amies ont créé une lecture-spectacle issue du roman La femme qui fuit écrit par la première. 

Anaïs Barbeau-Lavalette n’a pas connu sa grand-mère maternelle. Il y a quelques années à peine, elle n’en savait que très peu de choses, si ce n’est qu’elle a abandonné sa mère alors qu’elle n’avait que trois ans. 

Avide d’informations sur celle qui a blessé sa mère, la réalisatrice, scénariste et romancière est partie à la recherche de tout ce qu’elle pouvait trouver sur Suzanne, celle qui a côtoyé les Borduas, Gauvreau et Riopelle à l’époque du Refus Global. 

D’un mélange issu de ses trouvailles et de son imagination est né un roman, La femme qui fuit. Le récit publié aux éditions Marchand de feuilles en 2015 a remporté plusieurs prix. Puis, l’auteure a demandé à sa grande amie, la comédienne Catherine de Léan, de lire des extraits de son récit, accompagnée du musicien Bernard Falaise dans une lecture-spectacle. 

C’est à cette rencontre, tout en sobriété, qu’avait été convié le public par La Rubrique jeudi soir. La comédienne s’est tenue debout, derrière un lutrin, pendant plus d’une heure pour lire de sa voix douce des passages du livre souvent empreints d’émotions. À ses côtés, le musicien Bernard Falaise ponctuait les différents événements relatés de quelques notes. La comédienne ne joue pas, mais ses mots transmettent toute une gamme d’émotions. 

Anaïs Barbeau-Lavalette accompagne souvent son amie sur scène. Ce n’était pas le cas à Jonquière, mais après la lecture, elle est apparue sur écran géant pour répondre aux questions du public. 

Elle a notamment affirmé que l’histoire qu’elle a écrite est ancrée en elle à un point tel, qu’aujourd’hui, elle parvient difficilement à dissocier le vrai du faux. 

Quant à Catherine de Léan, elle aime se prêter à l’exercice. « Je ne me sens pas seule sur scène. Je suis avec les mots d’Anaïs et la musique de Bernard. Je me sens bien entourée », assure-t-elle. « Les mots sont tellement beaux. C’est comme des perles que j’enchaîne. » Elle ne pouvait mieux dire.