L’effet de renouveau qui avait porté La Fabuleuse histoire d’un Royaume vers de nouveaux sommets en 2017 ne s’est pas émoussé. Ce spectacle a attiré 31 028 spectateurs, cet été, en effet, alors que Diffusion Saguenay prévoyait vendre 29 000 billets.

La Fabuleuse dépasse les attentes

Deux ans plus tard, l’engouement produit par la 30e édition de La Fabuleuse histoire d’un Royaume ne s’est pas attiédi. C’est ce qu’illustre le bilan des assistances pour la saison qui a pris fin samedi dernier, lequel a été dévoilé par Diffusion Saguenay. Le nombre de spectateurs qui se sont rendus au Théâtre du Palais municipal de La Baie, cet été, s’est élevé à 31 028 personnes, comparativement à 33 000 en 2018.

« Après avoir surfé sur l’effet de nouveauté, nous nous attendions à accueillir 29 000 spectateurs cet été. Or, il est venu plus de monde et je crois que parmi les facteurs qui ont joué, il y a le départ de Louis Wauthier, ainsi que le désir des gens du Saguenay–Lac-Saint-Jean de voir les changements apportés en 2017 », a analysé la directrice générale de Diffusion Saguenay, Isabelle Gagnon, à la faveur d’une entrevue réalisée jeudi.

Ce qui est tout aussi remarquable, à ses yeux, c’est le maintien de la fréquentation par les gens de l’extérieur. Ceux-ci constituent 82 % du chiffre d’affaires de La Fabuleuse, une proportion qui ne fléchit guère. Quant à la moyenne pour chacune des 24 représentations données à la belle saison, elle s’élève à 1300 personnes. « C’est incroyable de voir à quel point cette production attire les foules », fait remarquer l’administratrice.

Directrice générale de Diffusion Saguenay, Isabelle Gagnon se réjouit du succès de foule que constitue La Fabuleuse histoire d’un Royaume. Elle croit toutefois que la programmation pourrait être ajustée en 2020. Des représentations seraient tenues le mardi, au détriment du vendredi, une journée où les assistances se révèlent plus modestes.

Des tendances lourdes se sont à nouveau confirmées, en ce qui touche aux journées les plus populaires. Les mercredis demeurent au sommet, comme en témoignent les deux soirs où le spectacle a été joué devant 1800 personnes, l’équivalent d’une salle comble. À l’opposé, les vendredis continuent de tirer de la patte. En général, le nombre de billets vendus tourne autour de 1000.

« Le mercredi, il y a moins d’offres sur le territoire et les touristes ont eu le temps de s’installer chez nous, tandis que le vendredi est, pour plusieurs, une journée de transition, rapporte Isabelle Gagnon. Nous analysons la situation et l’année prochaine, nous envisageons de déplacer deux vendredis. Nous pourrions revenir avec deux mardis, comme c’était le cas auparavant. »

Le chant du cygne

Dans l’immédiat, cependant, la priorité est le volet automnal de La Fabuleuse. Du 2 septembre au 2 octobre, 20 représentations en langue anglaise seront données au Théâtre du Palais municipal, à l’intention des croisiéristes faisant escale à La Baie. Elles mobiliseront de 90 à 100 comédiens bénévoles, comparativement à 140 dans le cadre de la mouture régulière. Le calendrier comprend également 20 animations offertes au village portuaire de Bagotville.

Ces spectacles attirent près de 500 personnes, en moyenne, et l’édition 2019 épousera un caractère historique. Elle marquera en effet le chant du cygne pour le metteur en scène Louis Wauthier. Après avoir partagé ses responsabilités avec son successeur Jimmy Doucet, au cours de l’été, il est seul maître à bord depuis le début des répétitions, étalées sur deux semaines.

« Dès que Louis a confirmé sa volonté de prendre sa retraite, en janvier, le processus s’est bien déroulé. L’intégration de Jimmy s’est faite progressivement, ce qui a donné le temps à Louis de transmettre ses connaissances, estime la directrice générale. Quant à la dernière soirée, elle a été émotive, notamment du côté des comédiens qui, dans certains cas, font partie de la distribution depuis plus de 15 ans. C’était beau à voir. »

+ UNE VOLONTÉ DE RENOUVELER LA PRODUCTION

Avant même que la 32e saison de La Fabuleuse histoire d’un Royaume ne soit terminée, le metteur en scène Jimmy Doucet préparait l’avenir. Plus spécifiquement, il a pour mandat de cerner quelles modifications pourraient être introduites au cours des trois prochaines années, ce qui a donné lieu à une première vague de consultations.

« Jimmy est membre du comité de production que nous avons formé dernièrement. Pour voir jusqu’où on pourrait aller, il a commencé en faisant le tour des gens impliqués dans la création, au plan technique. L’objectif consiste à monter un plan étalé sur trois ans qui arrivera à son apogée pendant la 35e saison », a décrit la directrice générale de Diffusion Saguenay, Isabelle Gagnon, lors d’une entrevue accordée au Quotidien.

Les premiers changements surviendront l’été prochain, mais seront relativement modestes. Plus le temps passera, cependant, et plus le spectacle bougera, puisque l’organisation aura eu l’occasion de préparer des demandes de subventions auxquelles seront greffés les montants dégagés à même son budget. Cette année, par exemple, les revenus ont été plus importants que prévu, ce qui a permis de constituer une réserve de près de 100 000 $ qui aidera à mettre en œuvre le plan de développement.

Les grandes lignes de ce document seront dévoilées en novembre, ce qui coïncidera avec la mise en marché de la saison 2020, ainsi que la vente des billets. Comme le souligne Isabelle Gagnon, la volonté qui se profile derrière ce désir de changement découle de leçons apprises à la dure. « Nous ne voulons plus vivre les années où les ventes ont dégringolé, où le nombre de spectateurs est tombé à 20 000. Il faut générer un effet semblable à celui de la 30e édition afin de monter toujours plus haut », énonce-t-elle.

Le crescendo surviendra en 2022 et pourrait se matérialiser à la fois sur scène et à l’extérieur du Théâtre du Palais municipal de La Baie. « Notre équipe compte beaucoup de nouveaux membres, dont moi qui suis arrivée en novembre. Nous avons des idées pour faire rayonner La Fabuleuse hors des murs. Il y a tellement d’histoire autour de cette production », note la directrice générale.