Dans le documentaire intitulé DPJ, le réalisateur Guillaume Sylvestre montre comment les travailleurs sociaux associés à cet organisme gouvernemental se démènent pour améliorer la vie des jeunes confiés à leurs bons soins. Il sera projeté en sa présence, lundi à 19h 30, dans le cadre des activités du Ciné-club de Jonquière

La DPJ comme vous ne l'avez jamais vue

« Ils n’aiment pas que j’utilise cette expression, mais j’estime que les travailleurs sociaux œuvrant à la DPJ sont des saints laïcs. Ils ont mauvaise presse et travaillent dans l’ombre pour accomplir une tâche très difficile, alors qu’on leur accorde peu de soutien et aucune reconnaissance », affirme Guillaume Sylvestre, réalisateur d’un documentaire baptisé, justement, DPJ.

Ce point de vue personnel s’est affiné, au fil du tournage, alors que pendant plusieurs mois, le cinéaste a filmé des interventions réalisées dans les locaux de la Direction de la protection de la jeunesse. Cet exercice fut d’autant plus délicat qu’il fallait préserver l’anonymat des personnes, comme l’exige la loi. Pour ne pas montrer des visages brouillés ou noircis, tout en laissant filtrer les émotions, Guillaume Sylvestre a mis l’accent sur des détails : le mouvement d’une main, un pied qui bat.

Il a abordé ce projet en faisant abstraction des manchettes spectaculaires — et jamais flatteuses — qui ont fait de la DPJ l’équivalent d’un monstre à trois têtes. Adepte du cinéma-vérité, le réalisateur a laissé parler la vraie vie, ce qui lui a donné l’occasion de mesurer la complexité du mandat assumé par les travailleurs sociaux. Leur marge d’erreur est mince, en effet, et la société a le jugement facile. 

« C’est en prenant mon temps que j’ai réalisé à quel point les situations dans lesquelles ils sont plongés se révèlent nuancées. Ce qui m’a ému, entre autres, ce fut de les voir évoluer à l’intérieur du cadre rigide défini par les décisions des tribunaux. Ils effectuent un travail admirable. Ce qu’ils font, ce n’est pas comme de réparer des chars », commente Guillaume Sylvestre.

Son film sera projeté lundi à 19 h 30, à la Salle François-Brassard de Jonquière. Parmi les habitués du Ciné-club, on retrouvera des étudiants en Technique d’éducation spécialisée et en Technique de travail social inscrits au Cégep de Jonquière. Le réalisateur, qui sera présent pour répondre aux questions du public, sait déjà comment réagiront certains de ses interlocuteurs.

« Ça bouleverse les étudiants parce que le film présente la réalité de ce que vivent les travailleurs sociaux. Ils voient à quel point c’est dur et constatent que ces gens confrontés à la détresse d’individus essayant de se raccrocher à quelque chose ne peuvent pas tirer la “plug” pendant la fin de semaine », décrit Guillaume Sylvestre.

Le documentaire ouvre une fenêtre sur la misère qui gangrène l’existence de tant de citoyens, une autre réalité dont nous ne mesurerons pas toujours la tristesse. « Traiter de la DPJ dans un film, c’était comme de marcher sur des pierres brûlantes, mentionne d’ailleurs le réalisateur. J’espère que ce film fera réfléchir les Québécois. »