Philippe Brach

La diversité, version Tadoussac

Quelques revenants, ainsi que des valeurs montantes, de jeunes pousses et des artistes qui déménagent. La programmation du 36e Festival de la chanson de Tadoussac, tenu du 27 au 30 juin, s’annonce à la fois riche et diversifiée. Elle offre la promesse de moments uniques dans un cadre souvent intimiste, au sein d’un village qui, même lorsqu’aucune note ne résonne, est l’un des plus beaux du Québec.

Le lieu et l’atmosphère constituent justement l’un des arguments dont dispose le comité organisateur au moment de monter sa grille. Ces facteurs lui permettent de peser plus lourd que son poids, pour reprendre une expression propre à la boxe. « Nous jouissons d’une certaine popularité auprès des artistes, confirme le directeur général Julien Pinardon. D’habitude, ils ne sont pas difficiles à convaincre. Il suffit de coordonner les agendas. »

Après une pause qui s’est étirée sur quelques années, le groupe Mes Aïeux remontera sur scène au cours de l’été, notamment au Festival de la chanson de Tadoussac.

Parmi les surprises qui ont émaillé ses démarches, il mentionne la participation de Mes Aïeux, présent le 30 juin. « Pour nous, c’est un gros coup. Ils avaient le goût de reprendre contact avec le public et nous sommes contents que ça ait pu fonctionner », note Julien Pinardon. Il est également fier d’avoir signé Loco Locass, à qui reviendra l’honneur d’ouvrir l’édition 2019, à l’église. Dans une veine similaire, Marc Déry se rappellera au bon souvenir de ses fans, lui qui s’apprête à sortir un album.

Des habitués du festival y feront aussi leur tour, à commencer par Zachary Richard. « Il était venu en 2012 et présentera des pièces tirées de son album sorti il y a deux ans. Cet homme, qui possède beaucoup de charisme sur scène, porte les valeurs de la francophonie, des valeurs qui nous sont chères », énonce le directeur général. Il se produira à l’église, tout comme Ariane Moffatt et Beyries, tandis que Stéphanie Boulay fera un double plateau aux côtés du Français Bertrand Belin.

Loco Locass

Au sujet de cet artiste, Julien Pinardon raconte qu’il jouit d’une notoriété grandissante dans l’Hexagone. « Sa musique est minimaliste, avec une ligne de basse qui tient lieu de rythmique. Signe qu’il est de plus en plus populaire, ce chanteur fera bientôt l’Olympia », mentionne-t-il. Ajoutons que l’un de ses compatriotes, Jérémie Bossone, présentera ses compositions en plein air, sur une petite scène aménagée près des bureaux du festival. C’est aussi là qu’on pourra entendre Lou-Adriane Cassidy.

Lenoir et les autres

Quelques invités animeront la deuxième scène de l’église, celle qui se trouve au sous-sol. Lieu où foisonnent les propositions festives, cet espace accueillera Philippe Brach, un autre personnage qui a ses habitudes à Tadoussac, de même que Hubert Lenoir. Celui-ci apparaîtra le vendredi à minuit, alors que son camarade, originaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean, est attendu le lendemain.

Hubert Lenoir ­

« L’ascension de Hubert Lenoir a été tellement rapide, depuis qu’il a amorcé une carrière en solo. On sait qu’il a l’habitude de la scène, en raison de son travail avec The Seasons. En même temps, on ne sait jamais à quoi s’attendre avec lui. Il est si surprenant », analyse Julien Pinardon. Ceux qui aiment que ça brasse auront également l’option de se rendre à l’Auberge de jeunesse, une autre place où on veille tard.

Pépé sera de retour au festival, lui qui a fait trembler les murs et le plancher du Gibard, il y a quelques années. Street Meat et son bluegrass, le hip-hop de Jacobus, Les Chiens de Ruelle, Jérôme 50, Sonido Pesao et un gars de la Saskatchewan, Étienne Fletcher, font aussi partie de l’offre de spectacles. C’est dans ce contexte que la Jeannoise Sara Dufour fera ses débuts à Tadoussac.

« Je l’ai vue récemment à Moncton, dans le cadre d’une vitrine destinée aux professionnels de l’industrie, et elle a fait lever la salle. Sa musique « live » est différente de ce qu’on entend sur ses albums. Ça déménage autant que le Québec Redneck et elle a beaucoup d’humour, tout en étant dynamique sur scène. Nous la recevrons le vendredi et le samedi », annonce Julien Pinardon.

D’autres artistes effectueront une première présence dans le cadre des Chemins d’écriture, les ateliers de création dirigés par l’inusable Xavier Lacouture. Belle Grand Fille, qui a brillé au Festival de la chanson de Saint-Ambroise et qui vient de sortir un EP, fait partie du groupe en compagnie d’Alicia Deschênes, Jacques Surette, Laura Niquay, Jordane et Mathias Bressan.

Sara Dufour

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UN CHANGEMENT DE DATES HEUREUX

(Daniel Côté) – La prochaine édition du Festival de la chanson de Tadoussac sera la troisième depuis le changement de dates effectué par le comité organisateur. Rappelons qu’il a troqué la mi-juin pour la fin de ce mois, histoire de profiter du congé férié de la Confédération et de se coller au Festival en chanson de Petite-Vallée, qui se déploie au même moment.

Ces facteurs demeurent valides aux yeux du directeur général Julien Pinardon. Le congé férié ouvre une plus grande fenêtre le dimanche, alors qu’auparavant la programmation se résumait à un brunch chantant, ainsi qu’un spectacle présenté au cours de l’après-midi. On ne pouvait pas inviter le public en soirée, comme ce sera le cas cette année, à l’occasion de la visite de Mes Aïeux.

« Nous avons pu ajouter des événements et mieux nous arrimer à Petite-Vallée, avec qui nous partagerons dix artistes au cours de la prochaine édition. C’est intéressant, aussi, parce que les amateurs de musique peuvent planifier un road-trip en intégrant les deux festivals. Nous souhaitons d’ailleurs effectuer un positionnement en ce sens », indique Julien Pinardon.

Un autre vœu se rapporte aux finances, toujours fragiles malgré le surplus enregistré en 2018. Il a permis de résorber une part du déficit accumulé, mais à quel prix ! Les membres de l’équipe, dont les conditions de travail demeurent modestes, ont payé de leur personne afin de limiter les dépenses au strict minimum. Un jour viendra, cependant, où la bonne volonté ne suffira plus.

« Nous voulons moins travailler dans l’urgence, ce qui passe par le maintien en poste d’un noyau dur, 12 mois par année. De cette manière, il serait possible de bonifier le festival, au lieu de mettre des dossiers sur pause pendant les périodes de chômage. Des demandes à cet effet ont été soumises aux organismes subventionnaires relevant de Québec et d’Ottawa. Nous espérons qu’ils nous accorderont un meilleur soutien », mentionne Julien Pinardon.