Nicolas de la Sablonnière présente le deuxième tome de Jens de la montagne, dans lequel il a regroupé des poèmes écrits au printemps 2017.

La deuxième saison de Nicolas de la Sablonnière

On le savait boulimique de peinture, incapable d’abandonner longtemps ses pinceaux, sauf que Nicolas de la Sablonnière affiche le même genre de disposition pour l’écriture. Fidèle à l’échéancier que lui-même s’est imposé, le voici en effet qui propose le deuxième tome d’une collection de poèmes ayant pour titre Jens de la montagne.

Cet ouvrage sorti à compte d’auteur, disponible à la librairie Marie-Laura de Jonquière, de même qu’à la librairie Point de suspension de Chicoutimi, fait 500 pages. Les textes qu’il renferme ont été écrits au printemps 2017, ce qui correspond au désir de l’artiste d’aborder les quatre saisons. On découvre les poèmes dans l’ordre où ils ont été rédigés et même s’il ne s’agit pas d’un journal, les thèmes évoqués, le ton adopté, trahissent les états d’esprit qui l’ont habité au cours de cette période.

«Chaque jour, je ne savais pas ce qui allait sortir. Il y a un chemin qui a été parcouru et c’est ce que j’ai voulu mettre en valeur. Je montre aussi comment la saison m’habite, comment je l’ai vécue de l’intérieur, comment elle influence ma pensée», a mentionné Nicolas de la Sablonnière il y a quelques jours, à l’occasion d’une entrevue accordée au journal.

Il estime que le deuxième tome est plus philosophique que le premier, qu’il est truffé de questionnements sur la vie, la création. «Ce qui m’intéresse en premier lieu, c’est la condition humaine, explique l’auteur. Je cherche à déterminer ce que ça représente, aujourd’hui, d’être un humain. En ce qui me concerne, la réponse réside dans ce que je fais, dans l’action.»

Abordant cet exercice avec modestie, puisqu’il l’amène à explorer un médium moins familier que la peinture, Nicolas de la Sabl0nnière note que son écriture a évolué depuis la confection du premier livre, à l’automne 2016. «C’est quelqu’un qui apprend à réfléchir en même temps qu’il vit, qu’il se raffine, énonce-t-il. Rendu au quatrième tome, je devrais avoir fait tout un parcours.»

N’empêche que son rythme de travail est impressionnant. Ça représente beaucoup de mots, beaucoup de poèmes, à l’intérieur de trois petits mois. S’il peut s’écouler quatre ou cinq jours avant que l’auteur ne se remette à l’ouvrage, il lui arrive à noircir une vingtaine de pages en l’espace d’une journée. Or, cette activité cohabite avec la peinture, ainsi qu’un travail qui l’occupe quatre jours par semaine.

«Je continue à peindre parce que c’est viscéral chez moi. C’est comme manger. Je constate cependant qu’à travers ce médium, je parviens à exprimer des milliers d’affaires, mais que c’est plus primitif si on compare à l’écriture», analyse Nicolas de la Sablonnière. Engagé dans sa troisième saison, l’hiver, il compte publier le fruit de ses nouvelles réflexions à l’automne. Il restera ensuite à aborder l’été, mais pas avant un an, puisqu’il ressent le besoin de se régénérer.

«Ça demande du jus, ce projet-là, et ça doit venir naturellement. En plus, je veux que le monde ait le temps de s’ennuyer de moi», lance le Saguenéen, sourire en coin. Ce qui le taraude davantage que la quatrième saison, à vrai dire, c’est l’exposition qu’il présentera à compter du 15 juin, à la galerie de l’hôtel Chicoutimi. Ce sera sa première depuis deux ans, un délai que l’artiste juge trop long, eu égard aux 200 tableaux qui se sont accumulés dans son studio.