«C'est moi qui te détruirai, Chicoutimi», lance ce personnage baptisé Faldistoire.

La destruction annoncée de Chicoutimi

COMMENTAIRE - PLACE PUBLIQUE / Si vous possédez une maison à Chicoutimi, contactez votre assureur et demandez-lui si vous êtes couverts contre les catastrophes générées par la littérature. On ne parle pas ici des mauvais romans, ni des traductions «made in France» où fleurissent les emprunts aux modes langagières du moment. Ce dont il est question, c'est d'une destruction totale et définitive, celle qu'annonce Kevin Lambert dans son premier ouvrage, Tu aimeras ce que tu as tué.
Dans un article paru il y a une semaine, un collaborateur du quotidien Le Devoir, Dominic Tardif, note que l'auteur qui aurait grandi dans le quartier des Oiseaux, à deux pas du centre commercial Place du Royaume, présente Chicoutimi «comme une ville glauque et oppressante, où les gamins ne sont bons qu'à mourir». Âgé de 24 ans, il dénonce, par le truchement d'un narrateur qui pourrait être son alter ego, le racisme et l'homophobie qui caractériserait ses anciens concitoyens.
«C'est moi qui te détruirai, Chicoutimi», lance ce personnage baptisé Faldistoire. Bien sûr, le site de la maison Héliotrope annonce «un roman rageur, mené au pas de charge», tout en donnant accès à quelques pages centrées sur un souvenir d'enfance douloureux, ainsi que le tissu commercial de la ville, présenté de manière si exhaustive qu'on sent percer une pointe d'ironie.
La critique de Dominic Tardif est louangeuse. Il salue la férocité de l'auteur, si rare chez nous, tout en signalant qu'il y a une part d'élucubrations dans le récit, ce qu'illustre le fait que le héros fréquente une école identifiée au chroniqueur sportif Réjean Tremblay. L'occasion était trop belle de bouffer du régional, cependant, ce que fait le journaliste en évoquant les frasques de Jean Tremblay, sources d'un plus grand malaise, à ses yeux, que l'image affligeante projetée par le roman.
Comme si ça avait du rapport, il rappelle les déclarations du maire à propos des musulmans, ainsi que des nudistes, assimilés à des pédophiles. Et sa conclusion ne laisse planer aucun doute sur l'opinion qu'il se fait de Chicoutimi, bien au-delà de ce que peut suggérer Tu aimeras ce que tu as tué. «C'est précisément parce qu'il parle du réel que le roman de Kevin Lambert donne autant le goût de vomir», tranche ainsi Dominic Tardif.
La 20e Biblio-Vente

La 20e édition de la Biblio-Vente, une activité organisée par l'Association des bibliothèques publiques du Saguenay-Lac-Saint-Jean, sera de retour les 12 et 13 mai.
Vous aimez bouquiner, chercher une perle oubliée ou faire un «trip» nostalgique en feuilletant des encyclopédies Tout connaître? Si oui, sachez que la 20e édition de la Biblio-Vente, une activité organisée par l'Association des bibliothèques publiques du Saguenay-Lac-Saint-Jean, sera de retour les 12 et 13 mai.
Les documents seront disponibles dans le hangar de la zone portuaire de Chicoutimi et le prix a été établi à 3,50 $ du kilo. Le bâtiment sera accessible de 16h à 21h, le 12 mai, puis de 9h à 17h, le lendemain.
Le nouveau Harry Manx
Harry Manx reviendra dans la région le 28 avril, à l'occasion d'un spectacle présenté à la Salle Michel-Côté d'Alma. Le guitariste aura de belles choses à partager avec ses fans, à commencer par son nouvel album, Faith Lift, qui sera disponible à compter du 21 avril. Les accents indiens demeurent présents sur cet enregistrement, via son instrument cousin du sitar.
On retrouve également des touches de blues et de folk, ainsi qu'un ajout intéressant, soit des arrangements de cordes. Loin d'être sirupeux, ils donnent du relief à plusieurs titres, notamment sa version de Summertime qui, à n'en pas douter, fera partie du programme livré à Alma. Ajoutons cependant que l'homme ne sera pas accompagné par la section de cordes du Sidney Opera House, celle qu'on entend sur le disque. Autrement, les billets coûteraient dans les trois chiffres, juste pour la sortir de l'Australie.
Les chênes de Vimy
Puisqu'on vient de souligner le centenaire de la bataille de Vimy, un fait d'armes accompli par l'armée canadienne pendant la Première Guerre mondiale, il convient de signaler la publication du livre Les chênes de Vimy par les Éditions Scholastic.
Les chênes en question sont ceux qui ont poussé sur la terre d'un vétéran, en Ontario, à partir des glands recueillis par ses soins, sur le site de la crête arrachée aux Allemands. L'histoire relatée par Linda Granfield, illustrée par Brian Deines, retrace le parcours singulier de cet homme, Leslie H. Miller, qui exerçait la fonction de signaleur.
Elle le fait en plaçant l'humain à l'avant-plan, au lieu de s'attarder au massacre et au prestige que cette victoire aurait conféré au Canada, l'aidant à s'affranchir de l'Angleterre. Des photographies tiennent compagnie aux images qui sont très belles et étonnamment douces, compte tenu du sujet abordé.
Le retour de Deny Cloutier
Régulier comme une horloge, le peintre Deny Cloutier donnera de nouvelles formations le 9 mai et le 6 juin, dans le bâtiment des Chevaliers de Colomb situé sur la rue Harvey, à Alma. Celui qui se fait appeler le maître des couleurs permettra à ses élèves de créer un tableau en l'espace de trois heures, pour aussi peu que 50 $.
Les frais couvrent le cours et aussi le matériel utilisé, précise Nicole Fortin, responsable de cette activité. «Tout le monde peut participer, y compris les novices. Le nombre d'élèves joue entre 15 et 20 par séance», mentionne-t-elle. Pour s'inscrire, il suffit de la joindre au numéro 418-758-1466.