La chance de voir Anastasia au TBN

Les spectacles de ballet classique professionnels ne sont pas légion à Saguenay. Il fallait donc saisir cette chance inouïe de voir, dimanche soir au Théâtre Banque Nationale, Anastasia de Ballet Jörgen du Canada.

La salle était comble et les membres de l’auditoire rivés à la scène pour suivre le fil conducteur de l’histoire à laquelle ont donné vie des danseurs chevronnés. Le ballet retrace l’histoire mythique d’une duchesse russe de 17 ans enlevée à sa famille, un récit qui a inspiré plusieurs oeuvres littéraires et théâtrales.

La troupe s’arrêtait à Saguenay avant d’entreprendre une tournée canadienne qui la mènera de Sudbury à St.John’s, en passant par Vancouver, Ottawa et Saskatoon.

Seize danseurs se sont exécutés avec grâce sur une chorégraphie de Brent Jörgen, rehaussée par la musique du compositeur Ivan Barbotin. La compagnie a d’ailleurs revu la production, qu’elle avait visitée une première fois il y a dix ans, afin de souligner son trentième anniversaire. La titulaire du rôle-titre, Saniya Abilmajineva, s’est présentée devant le public avec beaucoup de grâce, de poésie et de lyrisme et n’a résolument pas déçu les spectateurs venus admirer toute la magie et le romantisme qui se dégagent d’un ballet et de sa danseuse étoile. Elle était ravissante sur ses pointes, paraissant aussi légère qu’une plume virevoltant au vent. Anastasia, cette fille turbulente, mais libre d’esprit du dernier tsar de Russie, énergique et caractérielle, était jouée avec beaucoup de finesse et de talent. Il y avait une synergie manifeste entre les membres de la troupe, particulièrement entre les protagonistes principaux, Anastasia et Dimitry, campé par Hiroto Saito. Les habiletés de danseurs locaux ont aussi été mises à profit pour appuyer le travail des membres de la compagnie. 

« L’histoire de sa vie est devenue un mythe remarquable transcendant les faits, la raison et toutes les tentatives de reléguer parmi les détails sans importance de l’histoire », fait remarquer le directeur artistique de corps de ballet, en guise d’introduction au spectacle.

Cette fascination pour Anastasia, que l’on suit à travers des péripéties qui la mèneront de la résidence impériale à Tsarskoë Seo à Saint-Pétersbourg, a animé le public saguenéen dimanche soir. Les tableaux étaient superbes, rehaussés par des éclairages cotonneux par moments, mais aussi flamboyants parfois. 

L’auditoire était formé de plusieurs jeunes filles que l’on devinait être des ballerines en herbe ou accomplies. Quelques figures connues du monde régional de la danse ont pu être aperçues dans la salle. Plusieurs mamans aussi, désireuses de faire vivre cette expérience unique à leur petite danseuse. Ce fut notamment le cas de l’auteure de ces lignes, qui était accompagnée d’une jeune ballerine de 10 ans. Son compte rendu sera nécessaire pour connaître le dénouement de l’histoire, heure de tombée et soirée électorale obligent.