Sara Dufour encourage les artistes du Saguenay–Lac-Saint-Jean à s’inscrire en vue de la Bourse Objectif Scène. Ayant elle-même participé à ce rendez-vous annuel, elle sait à quel point il peut aider quelqu’un à nouer des contacts, tout en vivant des expériences enrichissantes.

La Bourse Objectif Scène vue par Sara Dufour

Le moment est venu de s’inscrire à la Bourse Objectif Scène et si quelqu’un peut témoigner de la pertinence de cette activité, c’est la chanteuse Sara Dufour. Porte-parole de l’édition 2020, elle se souvient de l’impact qu’a eu sa participation, il y a sept ans, au Théâtre Palace Arvida. Même si le premier prix lui avait échappé, les retombées furent abondantes, certaines prenant une forme imprévue.

« Je venais de sortir de l’École nationale de la chanson et je voulais faire mon chemin. J’avais décidé de faire des concours pour prendre de l’expérience et, comme la Bourse se passait dans ma région, c’était sûr que j’irais là », a raconté l’artiste originaire de Dolbeau-Mistassini, mardi, à l’occasion d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

Elle avait décroché trois prix et fait bonne impression auprès du public, ainsi que des diffuseurs présents dans la salle. La conséquence la plus significative, toutefois, a découlé de la présence du Laterrois Dany Placard, qui assumait le rôle de porte-parole. Impressionnée par sa version d’une pièce de Tom Waits, la jeune femme l’avait félicité à la fin de son spectacle, présenté pendant les délibérations du jury. Un échange décisif pour la suite des choses.

« J’étais gênée, mais j’avais senti une connexion entre nos deux univers, autant pour les paroles que pour la musique. J’ai constaté que lui aussi avait des idées pour moi, ce qui a fait en sorte que Dany a réalisé mes deux premiers albums et qu’il devrait travailler sur le prochain. C’est la preuve que lorsqu’on s’inscrit à la Bourse, on ne sait pas ce qui peut en sortir », constate Sara Dufour.

Une belle fenêtre

Depuis 2013, la formule a été modifiée. Il ne s’agit plus d’un concours au sens traditionnel du terme. Embrassant tous les arts de la scène, la Bourse offre aux personnes du Saguenay–Lac-Saint-Jean la chance de décrocher l’une des six places disponibles en vue de l’événement qui aura lieu le 3 juin, à la salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière. Pour être éligible, il faut remplir un formulaire et soumettre du matériel original, essentiellement francophone, d’ici au 31 mars, via l’adresse objectifscene.com.

Trois diffuseurs offriront des premières parties, de même qu’une bourse de 1000 $. Il y aura aussi des prestations rémunérées au Côté-Cour de Jonquière, à l’Auberge Île du Repos de Péribonka, de même qu’au Festival jazz et blues de Saguenay. La création d’un document vidéo, gracieuseté de la Fabrique culturelle, fait également partie de la liste de prix totalisant 12 000 $, tout comme un passage à RIDEAU, le rendez-vous annuel où les diffuseurs sont à l’affût des nouvelles productions.

Déjà, cependant, le simple fait de jouir d’une fenêtre de 20 minutes, à la salle Pierrette-Gaudreault, constituera un précieux atout. « C’est comme un mini RIDEAU, une vitrine à laquelle je vais assister, y compris à l’étape des tests de son. Ça me fera plaisir de donner des trucs aux participants. Vu que j’ai une certaine expérience, ça peut aider, mais pour être là, tu dois d’abord t’inscrire. Si tu sens qu’une fleur veut monter, pose-toi pas de questions », plaide Sara Dufour d’un ton enjoué.

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UN RETOUR PARMI LES SIENS

Neuf mois se sont écoulés depuis la sortie du deuxième album de Sara Dufour. Digne successeur de Dépanneur Pierrette, cet enregistrement éponyme a permis à la Dolmissoise de tourner à un rythme intensif, tout en voyant quelques extraits se frayer un chemin dans les radios commerciales. Il a ainsi comblé ses attentes et même davantage.

« Parmi les grands moments de la dernière année, il y a eu une première partie pour les Cowboys Fringants à Lévis. J’ai pu chanter pendant une heure devant 15 000 personnes, dont plusieurs ont découvert qui j’étais, fait-elle remarquer. J’ai aussi joué au Grand Théâtre de Québec avec six musiciens, en novembre, ce que je considère comme un privilège. »

Soucieuse de durer, Sara Dufour aime le fait que sa progression suit une courbe régulière. Ça monte tout le temps, mais pas en fou, comme l’illustre son désir de donner beaucoup de spectacles. Juste en 2019, une cinquantaine figuraient à son agenda et celui de 2020 est noirci jusqu’en novembre. D’autres dates vont s’ajouter, dont un bon nombre de festivals, ce qui prolongera le plaisir jusqu’en 2021.

À ce propos, elle signale que sa première sortie de l’année se déroulera le 7 février, à la salle Desjardins-Maria-Chapdelaine de Dolbeau-Mistassini. Pour l’occasion, son trio s’enrichira d’un batteur. « C’est toujours plaisant de revenir à la maison. En même temps, il y a une fébrilité qui tient à la présence dans la salle des membres de ma famille, de mes amis, même d’anciens professeurs », énonce la chanteuse, dont la première partie sera assurée par Bruno Rodéo.

Une autre source de bonheur vient de la route, du rythme propre à la tournée. « Je suis toujours contente de partir avec les boys », note Sara Dufour. Pas du genre à se tirer un rang, elle vit cette expérience de la manière la plus démocratique qui soit, dans l’esprit d’un trip de gang. Transporter du matériel et donner un coup de main aux techniciens font partie de sa liste de tâches, au même titre que chanter ou donner des entrevues.

« La base, dans ce métier, c’est d’avoir du plaisir et de rester soi-même, estime Sara Dufour. Quant au reste, les demandes de subventions, la gestion des droits mécaniques et des droits d’auteur, tout le côté business, on finit par l’apprendre. »

Elle ajoute qu’une autre fonction, celle d’auteure, reviendra doucement dans le collimateur. Le moment est venu de colliger des flashes, en effet, des bouts de phrases susceptibles d’enflammer son imaginaire. C’est ainsi que prendra forme son troisième album.