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Le cinéaste Justice Rutikara a reçu l’appui de la bande Sonimage. Elle lui a accordé une résidence centrée sur la scénarisation, en vue de la création d’un court métrage intitulé <em>Tous les monstres sont humains</em>.
Le cinéaste Justice Rutikara a reçu l’appui de la bande Sonimage. Elle lui a accordé une résidence centrée sur la scénarisation, en vue de la création d’un court métrage intitulé <em>Tous les monstres sont humains</em>.

La Bande Sonimage appuie le prochain court métrage de Justice Rutikara

Daniel Côté
Daniel Côté
Le Quotidien
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Y a-t-il une trace d’humanité dans l’âme d’un tueur à gages ? Telle est la question qu’entend poser Justice Rutikara dans son prochain court métrage de fiction. Cette oeuvre intitulée Tous les monstres sont humains pourrait être tournée en 2022. Au préalable, cependant, il faut produire le scénario, une étape que vient de faciliter la bande Sonimage.

Elle a attribué une résidence en scénarisation au jeune cinéaste, laquelle comprend une bourse de 3000 $, ainsi qu’un appui soutenu de la part de Sophie Beauparlant, rompue à ce genre d’exercice. L’objectif consiste à produire un texte d’ici la fin d’avril, passage obligé avant le dépôt de demandes de subventions auprès des instances fédérale et provinciale.

« J’ai été surpris et très content lorsque la bande Sonimage m’a annoncé que j’avais la résidence. J’apprends sur le tas, depuis mes débuts. Grâce à cette collaboration, je vais assimiler plein de trucs qui me seront utiles », s’est réjoui celui qui produira le scénario, en plus de réaliser Tous les monstres sont humains, lors d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

L’histoire qu’il entend porter à l’écran est celle d’un homme qui vient d’exécuter un contrat en plein bois. Une affaire banale pour ce professionnel endurci, sauf que dans ce lieu inhabituel, il croise un enfant. Sa logique commanderait qu’il exécute ce témoin potentiel, si ce n’était du grain de sable que constitue le doute en train de s’insinuer dans les tréfonds de sa conscience.

« Cet homme qui utilise la violence pour arriver à ses fins est confronté à un dilemme moral. Il se trouve à un moment charnière de sa vie, comme quoi même ce genre de personne peut être affectée par les gestes qu’elle pose. Au cinéma, c’est la chose qu’on ne montre pas », fait observer Justice Rutikara.

Ce sujet s’est imposé à lui par le biais du film de genre, dont les codes le fascinent. La figure du loup solitaire à la Dirty Harry, âme gangrenée par une pulsion de mort, à l’aise comme un poisson dans l’eau au coeur des mégapoles, possède un charisme qui l’interpelle en tant qu’artiste.

« Il y a aussi la mélancolie de ces univers, de même qu’une certaine beauté », note le cinéaste établi à Québec. L’idée de montrer l’un de ses représentants alors qu’il devient vulnérable au contact de l’enfant, dans un environnement qui porte à l’introspection, a quelque chose de subversif. Et s’il redevenait humain, au lieu d’obéir à la voix intérieure qui le pousse au crime ?

Le prémisse est prometteuse et, compte tenu de son association avec la bande Sonimage, Justice Rutikara envisage de tourner son court métrage au Saguenay. Tous les monstres sont humains sera sa troisième oeuvre de fiction, dans la foulée de Têtes cassées et Comme une étoile filante.