King Abid se souvient très bien de son premier passage à Alma, à Tam Tam Macadam.

King Abid, musicien du «tiers-monde»

De l’autre côté de la 175, King Abid, qui sera en spectacle dans le cadre du festival Tam Tam Macadam le 23 août prochain à Alma, participe à la fondation de la scène de « musique du tiers-monde ».

Cette expression qui vient de lui est utilisée pour décrire le mélange des styles électro, reggae et dancehall, avec des accents africains afrobeat, qu’il compose à partir de la Capitale nationale.

« Je le dis comme ça parce que ça nous met à part. Qu’on le veuille ou non, je sais que je viens d’ailleurs. Je ne peux pas forcer la main », explique celui qui veut renverser la connotation péjorative de ce terme.

Dans son deuxième album intitulé Emerikia, King Abid rend hommage à la ville de Québec. Il s’y est établi pour ses études universitaires en graphisme vers le milieu des années 2000. Il ne l’a jamais quittée.

« Je voulais montrer la fierté d’abord, d’avoir parcouru mon chemin. Moi, ma ville, c’est Québec. Je voulais montrer que c’est une ville foisonnante dans la culture et les arts, qui accueille des gens qui viennent de partout dans le monde, et qu’on y vit bien, malgré tout ce qu’on peut raconter à son sujet », indique le musicien originaire de la Tunisie.

King Abid a trouvé à Québec un endroit où établir ses pénates. Il a vu toutes les opportunités et les possibilités de cette ville, reconnue pour son amour des groupes de rock et de métal.

« Tout était à faire, c’est vierge. Je suis arrivé et on m’a dit qu’il y avait une scène reggae et dancehall, mais ce n’était pas vrai. Quand je me suis établi, il y avait du rock cheap, du mauvais rap et de la musique techno faits par des drogués bizarres. Au lieu de pleurnicher sur mon sort, je me suis dit que j’allais le faire moi-même », explique celui qui a accompagné Karim Ouellet en tournée et qui a collaboré avec Claude Bégin.

Il promet un spectacle déchaîné lors de son passage à Alma. Il se souvient d’ailleurs très bien de la foule almatoise. King Abid avait fait deux rappels avant de quitter la scène la dernière fois qu’il y était venu.

« C’est la folie totale en spectacle, ça danse. On va être six sur scène, et j’ai avec moi un guitariste de classe mondiale, mais je ne vous dis pas c’est qui, je préfère garder la surprise », lance-t-il, pour aguicher le public.

King Abid sera sur la scène de la Place Cogeco, vendredi prochain.