Kevin Lambert, auteur du roman Tu aimeras ce que tu as tué, a rencontré le public à la librairie les Bouquinistes de Chicoutimi dernièrement.

Kevin Lambert: l'auteur qui veut tuer Chicoutimi

Difficile de rester indifférent à Tu aimeras ce que tu as tué. Avec son premier roman, qui prophétise l'autodestruction de Chicoutimi, Kevin Lambert en a certainement fait sourciller plusieurs. Le jeune auteur est venu lancer son écrit aux Bouquinistes de la rue Racine il y a quelques jours. Une occasion de rencontrer le public et de revoir ses proches. Car même s'il affirme qu'il veut tuer Chicoutimi, il aime bien y revenir, occasionnellement.
À 24 ans, Kevin Lambert a fait une entrée remarquée dans le monde de la littérature avec Tu aimeras ce que tu as tué, publié chez Héliotrope. Son écrit, d'un peu plus de 200 pages, n'est pas doux, mais il récolte les critiques enviables.
Son livre est inspiré de sentiment qu'il éprouve à l'égard du lieu où il a grandi, de trois à 18 ans.
« C'est un des matériaux utilisés pour l'écriture. Ça part d'un sentiment que j'ai pour Chicoutimi, mais aussi pour un certain Québec. On en côtoie des gens racistes, homophobes, misogynes. C'est présent ici, mais aussi ailleurs. Moi, c'est ici, à Chicoutimi que j'ai connu ces gens. »
C'est contre les esprits fermés que l'auteur en a. 
Après des études en arts et lettres au Cégep de Chicoutimi, il s'est installé à Montréal, où il a fait des études en littérature à l'Université de Montréal et finalise actuellement une maîtrise. Il entreprendra ensuite un doctorat en création littéraire. 
Kevin Lambert estime que les choses sont plus simples dans les grands centres, même s'il sait pertinemment que la bêtise humaine n'est pas une question géographique.
« À Montréal, l'homosexualité est plus répandue. À Chicoutimi, je n'avais pas de modèle. Au secondaire, il y avait un homosexuel et c'était une victime d'intimidation. Je ne pouvais pas m'identifier à ça », raconte-t-il. 
Son premier roman, il l'a écrit sans attente. « Je ne m'attends à rien quand j'écris quelque chose. Je n'espérais rien. C'est un livre qui n'est pas doux, une sorte de violence. Mais je ne changerai pas ma manière d'écrire pour plaire à un certain public », assure celui qui a tout de même pris soin de préparer ses proches à la sortie de son livre. 
« Ma mère est une lectrice, elle sait ce qu'est la fiction. Il a toutefois fallu que je rassure mon père. »
L'auteur parle de fiction, mais il affirme que tout est vrai dans son roman, dans un autre rapport à la réalité toutefois. « C'est une vérité poétique. Il y a toujours une vérité dans la littérature. »
A-t-il vraiment envie de tuer Chicoutimi ?
« Dans la littérature, tout à fait. Mais je suis un doux. La pulsion de mort, on l'a tous. La littérature sert à ça, exploiter ce côté destructif qu'on a tous en nous. Je me méfie plus des gens qui ne l'ont pas, qui le refoulent », affirme-t-il en souriant.
Aujourd'hui, il affirme qu'il aime revenir dans la région. « Je reviens deux fois par an. J'aime mieux le Saguenay depuis que je n'y vis plus. »
Kevin Lambert travaille actuellement sur un nouveau projet. Un livre dont l'action se déroule à Roberval. 
« Je me sers beaucoup de souvenirs d'enfance pour écrire. Roberval, ça fait référence à mes étés d'enfance. Je m'inspire des lieux, de l'univers », explique celui qui affirme que même s'il replonge dans ses souvenirs d'enfance, le prochain roman n'a rien à voir avec le précédent. « Le synopsis est complètement différent. Ça se passe sur une grève », souligne-t-il.