Paul Kawczak a prolongé son séjour en Europe à la suite d’une tournée promotionnelle consacrée à Ténèbre, son premier roman. L’écrivain associé à La Peuplade a présenté des symptômes de la COVID-19, sans toutefois subir de test. Une cure de repos chez sa mère, à Besançon, lui a permis de recouvrer la santé.
Paul Kawczak a prolongé son séjour en Europe à la suite d’une tournée promotionnelle consacrée à Ténèbre, son premier roman. L’écrivain associé à La Peuplade a présenté des symptômes de la COVID-19, sans toutefois subir de test. Une cure de repos chez sa mère, à Besançon, lui a permis de recouvrer la santé.

Kawczak, entre COVID et librairies

Paul Kawczak aurait dû revenir au Saguenay dans les derniers jours de mars, après avoir fait la promotion de son premier roman, Ténèbre, en Belgique et en France. Trois semaines ont filé depuis, mais l’écrivain associé aux éditions La Peuplade demeure aux abonnés absents, puisqu’il vit son confinement à Besançon, la ville qui l’a vu grandir.

C’est justement là qu’a pris fin sa tournée des librairies amorcée à Paris et Strasbourg. Il s’agissait du second volet de son séjour, la première étape l’ayant conduit, au début de mars, à la Foire du livre de Bruxelles. Son ultime rencontre avec les lecteurs a réuni une quinzaine de personnes, un nombre qu’on trouvera modeste si on fait fi du contexte dans lequel elle s’est déroulée.

« En l’espace de 48 heures, tout a changé. Avant, les gens savaient qu’il y avait le coronavirus, mais on ne les sentait pas si préoccupés. Pour moi comme pour eux, le point de bascule est survenu quand le président Macron a annoncé qu’il imposerait le confinement. On était moins portés à serrer des mains », a raconté Paul Kawczak au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Le désir de retrouver les siens, même dans un contexte aussi piégeux, l’a incité à demeurer chez sa mère. « Puisqu’on a un jardin, on n’est pas enfermés. En plus, j’étais fatigué, mentionne-t-il. Je m’étais mis à faire de la fièvre après avoir perdu l’odorat. Peut-être que j’ai attrapé le virus, mais je n’ai pas été testé. »

A-t-il craint de figurer au nombre des victimes ? Pas vraiment. « Je ne faisais pas partie de la population à risque et je n’ai pas éprouvé de difficultés respiratoires », répond l’écrivain âgé de 33 ans.

En revanche, on comprend que le sort de ses proches l’a préoccupé. Par bonheur, aucun membre de sa famille n’a subi les affres de la COVID-19.

Depuis, sa santé à lui s’est rétablie. Il manque juste un bout d’odorat pour qu’on puisse parler d’une guérison complète. « Je travaille à distance pour La Peuplade afin de préparer la rentrée littéraire. Je lis des manuscrits et je révise une traduction, décrit Paul Kawczak. C’est aussi une bonne période pour lire et papillonner, ce qui, à mes yeux, représente le début de l’écriture. »

Du coin de l’oeil, il surveille l’évolution de la pandémie en France, où on voit poindre l’amorce d’un déconfinement au début de mai. Le cas échéant, l’occasion sera belle de relancer l’idée d’une tournée des librairies. Retourner à Paris serait dans l’ordre de choses. Une visite des villes belges autres que Bruxelles figurerait également dans ses plans, à condition bien sûr que le contexte veuille s’y prêter.

« C’est la première fois que je n’ai pas un billet de retour pour le Québec. J’attends de voir comment les choses évolueront, mais au moins, je suis bien. J’ai un toit sur la tête et dans mon entourage, personne n’est mort », fait observer Paul Kawczak.

Paul Kawczak a prolongé son séjour en Europe à la suite d’une tournée promotionnelle consacrée à Ténèbre, son premier roman. L’écrivain associé à La Peuplade a présenté des symptômes de la COVID-19, sans toutefois subir de test. Une cure de repos chez sa mère, à Besançon, lui a permis de recouvrer la santé.

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TÉNÈBRE EN LICE POUR TROIS PRIX 

Dans le roman Ténèbre, qui se déroule au Congo, Paul Kawczak montre les dessous vénéneux du projet colonial mené au nom du roi des Belges. L’aventure vécue par le géomètre Pierre Claes, chargé de tracer les frontières à l’intérieur desquelles régnera une misère indicible, a pris une résonance particulière lorsque l’auteur a participé à la Foire du livre de Bruxelles.

Bien que cette histoire se déroule à la fin du 19e siècle, à l’aune d’une nation européenne, c’est avant-hier. 

Certes, plus personne ne peut témoigner de la façon dont se sont comportés les fils du plat pays en Afrique. Toutefois, l’écho de cette sale entreprise, auquel se mêlent peu à peu des relents de culpabilité, n’est jamais loin des pensées.

« Au cours du salon, je n’ai pas rencontré de nostalgiques de la colonie, mais je sais qu’il y en a. Par contre, j’ai vu une dame très âgée qui a vécu au Congo dans sa jeunesse. Elle m’a dit que les colons ne se rendaient pas compte de la situation », relate Paul Kawczak, en référant aux brimades imposées aux Noirs, considérés comme des êtres inférieurs.

« À une époque où le retour sur le colonialisme est d’actualité, ce livre parle tout de suite aux Belges », constate le romancier. 

Son passage au salon a eu lieu au début de mars, moment où Ténèbre récoltait les fruits d’une critique largement favorable. Depuis, il y a eu la crise sanitaire. 

Les librairies ont temporairement fermé leurs portes, ce qui n’empêche pas le roman de vivre autrement.

Ainsi compte-t-il parmi les finalistes du Prix littéraire de Trouville, ainsi que du prix Régine-Desforges, attribué dans le cadre de la Fête du livre de Limoges. 

Cette liste est complétée par le Prix des lecteurs L’Express BFMTV, lequel sera décerné en juin. « Les membres du jury ont aimé le fait que ce roman permet de redécouvrir des faits qui appartiennent à l’histoire. Chaque prix apporte de la visibilité », mentionne l’écrivain.

Il note également que les ventes au Québec se sont maintenues, tant pour la version électronique que pour la version papier, qu’il est toujours possible de commander sur Internet. 

« Il se passe quelque chose, laisse entrevoir Paul Kawczak. C’est comme des cendres qui couvent sous le confinement. »