Justine Bouchard-Bernard a découvert la musique lors de ses voyages. Aujourd’hui, elle propose de la musique qui fait du bien sous le nom de Justine Quetzal, un nom d’artiste inspiré d’un oiseau coloré.
Justine Bouchard-Bernard a découvert la musique lors de ses voyages. Aujourd’hui, elle propose de la musique qui fait du bien sous le nom de Justine Quetzal, un nom d’artiste inspiré d’un oiseau coloré.

Justine Quetzal: la musique pour faire du bien

Anne-Marie Gravel
Anne-Marie Gravel
Le Quotidien
Justine Bouchard-Bernard n’avait jamais réellement songé à faire de la musique. C’est à travers les voyages qu’elle a découvert sa voix, il y a cinq ans à peine. Aujourd’hui, celle qui crée sous le nom de Justine Quetzal s’apprête à lancer un deuxième album et un EP de musique « qui fait du bien » aux auditeurs, évidemment, mais aussi à l’interprète.

Justine Quetzal habite la Californie, plus précisément le nord de San Francisco. La jeune femme originaire de Jonquière y a trouvé l’amour et une façon de partager sa musique.

« Mon mari est originaire de Californie. On fait de la musique ensemble », explique celle qui partage son temps entre la musique en duo et des projets personnels.

La musique fait partie de sa vie quotidienne, d’un tout dont l’objectif est la santé. « Je fais ce qu’on appelle de la musique thérapeutique. On peut aussi catégoriser ce que je fais dans la musique du monde. En Californie, la musique thérapeutique est de plus en plus populaire. Au Québec, on place surtout ce que je fais dans la catégorie musique du monde. En fait, c’est de la musique qui fait du bien », explique-t-elle.

La jeune femme de 29 ans, qui navigue entre le français, l’anglais, l’espagnol et le portugais dans ses pièces, n’a jamais songé au style de musique qu’elle souhaitait faire. « Je n’ai pas choisi ce style-là. Ma voix est douce et apaisante. J’ai juste décidé d’accueillir ce qui vient à moi », explique celle qui propose sa musique issue d’un mélange de douceur et d’audace dans des espaces de cérémonial et des endroits où l’on pratique la méditation.

Pourtant, rien ne laissait présager qu’elle ferait de la musique son quotidien. Justine Quetzal vient d’obtenir un baccalauréat en littérature et en administration qu’elle a complété en effectuant des sessions à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) entre ses voyages.

C’est lorsqu’elle a été en contact avec des musiciens qui respiraient le bonheur au Pérou, il y a cinq ans, qu’elle a véritablement eu l’appel de la musique. C’est aussi ses voyages qui lui ont inspiré son nom d’artiste, Quetzal, un oiseau coloré d’Amérique centrale qu’elle adore et qui l’inspire par son énergie et son cri.

« J’ai toujours eu un appel pour le voyage. La musique est juste venue naturellement en voyant les gens relax et qui aiment la vie autour de moi. Je me suis dit que j’étais capable de faire comme eux. Quand j’ai commencé à écrire, je ne pensais pas avoir ce talent-là. J’ai commencé à chanter avec des gens rencontrés au Pérou, à découvrir ma voix. J’ai suivi des cours de guitare avec un professeur reconnu là-bas. Je joue aussi du drum et du hang drum, un instrument qui ressemble à un ovni. »

Pour l’artiste, la musique est devenue essentielle. « Je veux m’exprimer, créer et expérimenter la joie de créer. Avec la musique, je suis plus capable de canaliser mes émotions, de me sentir à ma place », décrit-elle.

Breath of Healing, son deuxième album, paraîtra d’ici quelques jours, deux ans après un premier opus intitulé Violet Flame Within. Tous deux ont été réalisés par Jonjon Alevizakis, propriétaire du studio Little Buddha, en Californie.

Huit pièces « assez longues » seront regroupées sur le nouvel album. « J’ai vraiment hâte. J’ai travaillé avec un producteur et je me sens choyée d’avoir une équipe comme ça avec moi. Cette fois, je me sens plus à l’aise. Je me lance dans l’aventure. Je sens que j’ai trouvé mon style et mon son à moi. »

Elle proposera également d’ici quelques jours Nouvelle aube, un EP en français destiné au Québec. « J’ai fait des versions plus courtes afin de mieux répondre aux chaînes de musique. »

L’auteure-compositrice-interprète souhaitait lancer son EP au Saguenay–Lac-Saint-Jean, mais la COVID-19 a changé ses plans. « Je voulais revenir au Québec pour un lancement, mais c’est compliqué. Je suis déçue. J’ai travaillé fort sur l’album et j’aurais voulu célébrer ça avec ma famille, au Québec. Je ferai peut-être un lancement en ligne. »

D’ici là, elle espère pouvoir continuer à faire de la musique dans des endroits où les gens viennent pour se ressourcer. « Mon but, c’est de continuer à avoir la liberté de voyager pour partager ma musique. J’aimerais aussi avoir mon propre lieu pour recevoir les gens. »

Pour découvrir la musique de Justine Quetzal : www.justinequetzal.com.

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UN CONFINEMENT QUI OUVRE SUR LE MONDE

Justine Quetzal aime apprendre au contact des gens. Au printemps, son confinement forcé a donné lieu à une rencontre avec le musicien d’origine indienne Jayanta Guha, qui lui a ouvert de nouveaux horizons. 

De passage au Saguenay–Lac-Saint-Jean pour suivre ses cours universitaires, Justine Quetzal a été forcée de demeurer loin de sa maison californienne et de son mari pendant plusieurs semaines, en raison de la COVID-19.

« J’étais chez ma mère, Marie-Christine Bernard. Elle m’a parlé de Jayanta Guha. Elle voulait absolument qu’on se rencontre », raconte-t-elle. 

Sa mère avait visiblement vu juste en jumelant les deux artistes. Justine a suivi des cours de djembé avec le musicien afin d’améliorer son sens du rythme. Puis, la rencontre s’est matérialisée en collaboration. « On a décidé de continuer à créer ensemble, à distance. Je n’avais jamais collaboré avec d’autres musiciens. Aujourd’hui, on peut le faire même si je ne suis pas au Saguenay. Ça me permet d’apprendre quelque chose de nouveau. Quand on accepte un défi comme ça, on s’améliore. »

C’est la voix de Justine Quetzal qu’on entend sur la pièce Au-delà du confinement réunissant des musiciens de partout dans le monde, notamment le groupe Mosaïque, de Jayanta Guha, et du Bengalais Surojit Chatterjee.

Justine Quetzal pose aussi sa voix sur Pour bâtir un monde meilleur, l’autre pièce créée par Mosaïque et ses amis depuis le début de la pandémie. La chanson basée sur un poème de Jayanta Guha a été réalisée avec 25 musiciens, chanteurs et danseurs de partout. 

« Ce sont des projets où chacun dans sa maison enregistre sa partie. C’est une nouvelle façon de créer de la musique ensemble. »

Un troisième projet devrait prochainement réunir la jeune femme et le groupe Mosaïque. « Dans ces projets, différentes personnes peuvent devenir leaders. Cet automne, ce sera au tour d’une de mes chansons d’être interprétée. C’est intéressant de pouvoir me connecter davantage à la musique du monde. C’est l’fun d’avoir une famille élargie. »