L’équipe de création du spectacle Juste une p’tite nuite avait revêtu des bottes venant rappeler qu’on va passer une nuit dans les bottes des Colocs lors de l’hommage rendu au groupe l’été prochain. Dans l’ordre, de gauche à droite, on retrouve, devant: Daniel Fortin, directeur exécutif création, Émilie Therrien, assistante à la mise en scène et chorégraphe de la performance acrobatique, Jean-Guy Legault, metteur en scène et Jean-Guy Goncalves, directeur musical. Derrière: Steve Dubé, directeur général de la Corporation des événements, Roger Picard, président du conseil d’administration et le maire Yves Lévesque.

Juste une p’tite nuite à Trois-Rivières

TROIS-RIVIÈRES — C’est à Juste une p’tite nuite que le Cirque du Soleil conviera les spectateurs l’été prochain à l’Amphithéâtre Cogeco pour rendre hommage aux Colocs. L’annonce en a été faite mardi par l’équipe de création qui compte se démarquer des deux derniers spectacles trifluviens tant par le travail à partir des bandes originales du groupe et donc de la voix de Dédé Fortin que par une performance musicale en direct sur la scène.

Il ne faut cependant pas s’attendre à voir un groupe de musiciens installés devant les spectateurs mais bien un musicien multiinstrumentiste et danseur qui entraînera d’autres interprètes dans son sillon. Comme le spectacle sera marqué par de la danse percussive et l’utilisation d’instruments non conventionnels par les artistes de scène, on compte surprendre les spectateurs par une relecture inventive de la trame sonore.

Les concepteurs ont décidé de situer Juste une p’tite nuite dans une ruelle délabrée où «...une éclectique gang d’amis se réunit chaque soir sous la lumière crépusculaire d’un lampadaire pour faire exploser la grisaille urbaine et faire jaillir une percussive spirale festive inspirée de la poésie percutante des Colocs» pour reprendre le texte même du communiqué du Cirque du Soleil.

Pour ce faire, on compte accompagner la musique d’un univers acrobatique différent de ce qu’on a vu dans le passé en présentant notamment au public de nouvelles disciplines.

Alors que Daniel Fortin, directeur exécutif création chez 45 Degrees a parlé de l’émotion que suscitent toujours les Colocs pour les Québécois, le metteur en scène Jean-Guy Legault a insisté sur les surprises qui seront réservées aux spectateurs en plus de l’aspect festif de la représentation. «L’idée du spectacle, c’est de retrouver l’esprit des Colocs, dit-il. C’était un groupe éclectique et rassembleur qui était très engagé à travers des textes forts et percutants. Même si le groupe n’a pas eu une très longue durée de vie, il a marqué énormément de monde.»

«Ce qu’on va proposer, c’est de passer une nuit dans les bottes des Colocs. On veut retrouver leur esprit «grungy» avec des paroles très lucides. Ça va être haut en couleur et très percussif. La scène elle-même va devenir un instrument de musique. L’action va se dérouler sur la scène et dans la salle.»

«On veut retrouver ce qu’on vivait quand on voyait les Colocs en spectacle: on avait l’impression d’être un de leurs chums. Leurs couleurs, c’était celles des gens qui étaient invités à joindre le groupe et qui donnaient beaucoup de diversité à leur musique.»

Au quatrième spectacle de cette série d’hommages, le défi demeure toujours aussi grand pour les concepteurs. «C’est un défi parce que ce n’est pas le même groupe, pas la même histoire qui est racontée, pas la même époque, pas le même discours, précise Jean-Guy Legault. Pour les Colocs, le danger, c’est de perdre leur parole. On a tendance à écouter la musique en oubliant les textes très percutants. Dédé Fortin était un poète très connecté sur son époque. Et tout ça reste très actuel: ça aurait pu être écrit aujourd’hui. On y voit l’espoir de la jeunesse mixé avec une désillusion.»

Juste une p’tite nuite comptera, à l’instar des quatre spectacles précédents, treize ou quatorze pièces musicales. «Une particularité cette année, c’est qu’au lieu de suivre un personnage, vu qu’on veut baigner dans l’âme du groupe, on va suivre une symbolique. Tout au long du spectacle, il y aura un veston et une paire de bottes sur scène et tous les gens de la production vont finir par les porter dans chacun des numéros. L’âme et l’esprit seront présents sans qu’il y ait une personnification des membres du groupe.»

Les membres restants de la formation ont été contactés et certains d’entre eux ont accepté de nourrir la réflexion des concepteurs. «On leur a bien dit qu’ils ne peuvent pas dicter leur propre hommage, indique Jean-Guy Legault. On leur fait un cadeau alors, ils devaient accepter de ne le déballer que lors de la première. Je peux dire que la confiance est bien établie. Ils ont une idée de la direction qu’on prend mais comme les spectateurs, ils vont avoir des surprises.»