Voici une image de Jonquière captée avant que soit érigée l’église Saint-Dominique telle qu’on la connaît aujourd’hui. Dommage qu’il y ait si peu de photographies de ce genre, témoignant de l’histoire de la deuxième plus grande ville du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Jonquière, dans l’angle mort de l’histoire

CHRONIQUE / Le mystère Jonquière persiste. Même un historien aussi chevronné que Dany Côté, habile à dénicher des photographies anciennes que peu de gens ont eu la chance de voir, admet qu’il est difficile d’illustrer le passé de ce qui fut la deuxième plus grande ville de la région. Même s’il en a trouvé de très belles au moment de préparer le livre La ville de Saguenay, une foule de souvenirs, sorti plus tôt cet automne, la récolte n’a pas été aussi abondante qu’on aurait pu l’espérer.

«Je ne sais pas pourquoi, mais on les cherche, les photos de Jonquière. Si on compare à Chicoutimi, le rapport est d’une pour dix. C’est peut-être en raison des moyens limités dont disposaient les citoyens, qui étaient souvent des ouvriers. Une autre cause, à mon sens, pourrait tenir à l’absence d’un photographe établi dans cette ville. Avant les années 1960, je crois qu’il n’y en avait pas», m’a-t-il expliqué récemment.

Même des communautés moins populeuses, notamment Alma, Arvida et Roberval, ont généré des banques de photographies plus importantes que Jonquière. C’est comme si cette ville se trouvait dans l’angle mort de notre histoire, du moins en ce qui touche les images. À défaut de tomber sur un trésor oublié, un fonds d’archives qui comblerait une partie du vide, peut-être faudrait-il lancer un appel à tous.

C’est justement ce qu’a fait Dany Côté à L’Ascension-de-Notre-Seigneur, sujet d’un deuxième livre lancé récemment. Dès que les citoyens du village ont été invités à fournir des photographies pour illustrer cet ouvrage, la réponse a été éloquente. «On m’en a remis 800. Plein de gens me prêtaient leurs albums de famille en me disant de prendre ce dont j’avais besoin», s’émerveille l’historien.

Ce modèle pourrait-il fonctionner à Jonquière, dont l’autonomie a été sacrifiée sur l’autel des fusions, qui a vu s’éroder son identité au fil des années? Difficile à dire, mais ça vaudrait la peine d’essayer parce qu’une chose est sûre, de petits trésors dorment dans ses tiroirs, de vieux clichés qui mériteraient qu’on leur fasse l’honneur d’une publication.