Le chroniqueur Joël Martel vient de sortir l’album Michel, avec la collaboration des musiciens Pascal Beaulieu et Martin Lemay. Ce projet, qui a pris une ampleur imprévue, a plongé le trio dans un blitz créatif aussi intense que fructueux, raconte le chanteur.

Joël Martel lance «Michel»

Pour un gars qui donne l’impression d’échapper aux contraintes exercées par la société moderne, Joël Martel a été drôlement occupé dans les dernières semaines. On pourrait même dire stressé, pressuré, soumis à une obligation de résultat. L’ironie est que l’unique responsable de cette situation, c’est lui. Après s’être attelé à la création d’un EP avec ses camarades Pascal Beaulieu et Martin Lemay, l’Almatois s’est pris au jeu.

« Je pensais faire trois ou quatre chansons en l’espace de deux semaines, mais une histoire a pris naissance à travers les textes et j’ai dû écrire de nouvelles pièces pour ‘‘patcher’’ les trous. On a été pris dans une espèce de spirale. Sans Pascal et Martin, ça n’aurait jamais fonctionné », a souligné le chanteur et musicien au cours d’une entrevue accordée au Progrès.

Ce blitz créatif a donné naissance aux dix titres composant l’album Michel, disponible depuis vendredi en mode streaming, de même que sur Bandcamp et l’étiquette P572, sous le nom de Martel Solo. L’artiste ne le dit pas trop fort, mais celle-ci envisagerait de sortir l’enregistrement sous la forme d’un vinyle. Si ça devait se matérialiser, parions qu’il serait aussi heureux que le jour où on lui donné son premier jeu vidéo.

L’histoire évoquée tantôt est celle du personnage central de la première chanson, Le tueur. S’il s’appelle Michel, c’est parce que le héros de Poulet, une composition sortie il y a quelques années sur le EP Ferme ta gueule, portait le même nom. « Je trouve ça cool de référer à une chose que j’ai déjà faite », note Joël Martel. Cette fois, l’homme est mêlé à une affaire étrange, un brin absurde, qui tourne autour d’une vapoteuse égyptienne.

« La première intention était de rendre hommage à des personnages de films d’horreur comme Jason et Freddy. Comme je ne voulais pas tomber dans la violence, j’ai eu un flash, celui de la vapoteuse. J’ai aussi jonglé avec l’idée que peut-être, le tueur n’a tué personne, tout en laissant entrevoir qu’on ne peut pas se fier aux apparences. C’est rendu à l’avant-dernière composition, Podcast, que j’ai réalisé que tout tombait en place. D’une pièce à l’autre, on évolue dans le même univers », fait observer le chanteur.

Il ne se souvient plus du nombre d’albums figurant dans son catalogue, mais sait qu’avec le temps, le défi consiste à demeurer soi-même, sans toutefois faire du surplace.

Cette fois, le déclic est venu de haut, du grand Frank Zappa, dont l’album Joe’s Garage a fait l’objet de plusieurs écoutes pendant l’été. Le nouvel opus des Hôtesses d’Hilaire a également spinné dans la tête de l’Almatois, à qui s’est imposée l’idée du narrateur. Ce rôle a été campé par nul autre que Philippe Brach, un proche de Martin Lemay, dont la voix a été enregistrée dans un studio de Chicoutimi.

Malgré les efforts déployés par le groupe, le rendez-vous fixé pour l’Halloween a été raté, du moins en ce qui touche le lancement. Le temps a manqué pour monter un spectacle, mais ce n’est que partie remise.

Il y aura d’autres fêtes des morts et en attendant, le trio sortira de sa tanière dans les premiers mois de 2019. Joël Martel est d’autant plus motivé que sa dernière présence publique remonte au festival La Noce, tenu en juillet.